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Barbara Luc «Entrer dans l?univers de l?artiste »
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Barbara Luc «Entrer dans l?univers de l?artiste »
Vous avez fait une maîtrise sur Hervé Masson, qu?est-ce qui vous a attiré et séduit chez ce peintre ?
En fait, j?ai rencontré Hervé Masson quand j?étais très jeune, en prenant des cours de peinture avec lui. Il est mort quand j?étais très jeune. J?ai fait mes études en Histoire de l?Art et cela me semblait évident, j?ai voulu faire une maîtrise pour réintégrer Hervé Masson dans l?Histoire de l?Art. Mes recherches m?ont pris du temps, j?ai recensé plus de 600 tableaux, ce qui est assez peu par rapport aux 2000 qu?il dit avoir peint. Il a également fallu dater des peintures, après l?année 62, en étudiant la technique les couleurs.
Pourra-t-on comprendre son oeuvre lors de cette rétrospective ?
Il ne faut pas essayer de faire une analyse psychologique de ses tableaux. Son ?uvre est une chose, ses écrits en sont une autre, sa carrière politique est encore une autre chose. Qui peut dire, vu ses tableaux, qu?il a traversé une histoire chaotique. C?est impossible de le dire.
Qu?est-ce que le public va découvrir ?
Ils vont découvrir quelque chose, c?est certain. Maurice connaît ses toiles d?après 1970, lorsqu?il était conseiller au ministère de l?Education. Les anciens, eux, connaissent ses premières ?uvres. Mais on connaît très peu les tableaux de Recloses et de Créteil, ni les ?uvres exécutées sous contrat avec Dauberville.
Cette grande exposition fait figure d?événement exceptionnel, 70 tableaux, une scénographie, des conférences? On a rarement vu de si grands moyens employés pour une exposition, pourquoi ?
C?est une rétrospective. Il n?y a pas souvent lieu de présenter à Maurice, une ?uvre dans sa globalité, des débuts de l?artiste jusqu?aux ?uvres de la maturité. C?est entrer dans l?univers de l?artiste.
Comment est née cette exposition ?
C?est Brigitte Masson qui est à l?origine du projet, pas parce que Hervé Masson est son père, mais parce qu?elle est engagée depuis plusieurs années à promouvoir la culture et à en démocratiser l?accès. Elle a une démarche patrimoniale, avec pour but de réinscrire un artiste dans un pays. J?ai demandé à Sibylle Masson, la veuve du peintre, une autorisation. Elle apprenait, quelque temps après, que sa fille préparait une rétrospective. Ensuite Brigitte est venue avec le projet d?exposition et m?a demandé d?être le commissaire d?exposition. Voilà pour l?historique de la rétrospective.
Quel est exactement le travail d?un commissaire?
C?est sélectionné les ?uvres à exposer et donner un sens à l?exposition. Ce n?est pas un simple accrochage. On raconte une histoire.
Est-ce que des tableaux d?Hervé Masson feront partie d?une collection nationale, dans l?éventualité où la Culture House et un Musée National d?Art, voient le jour?
Hervé Masson a toujours eu à c?ur de créer un musée, dès les années 40, et militant pour ouvrir Maurice à l?Histoire de l?Art. En 70, il a eu cette même volonté de créer une collection nationale. C?est donc très important d?avoir aujourd?hui un rapport direct avec son ?uvre. Le public aura un contact direct.
Un tableau, c?est un support, de la matière, de la couleur. Un autre point. Quand nous avons monté ce projet, nous sommes allés voir les collectionneurs ainsi que le galeriste qui a soutenu Hervé Masson, Michel Dauberville, qui a été enchanté par le projet et a été informé de l?ouverture d?un musée national et propose une donation à l?Etat mauricien, avec pour clause qu?une rétrospective ait lieu.
Pensez-vous que l?événement que constitue cette rétrospective marque le début d?autres projets de grande envergure, de revalorisation du patrimoine artistique ?
On imagine. Ces projets ne se feront peut-être pas par nous, mais on espère que cette exposition pourra ouvrir vers d?autres choses. Nous sommes très optimistes car nous avons été vraiment soutenus, par les collectionneurs qui ont été très enthousiastes et nous ont vraiment facilité le travail. Il y a une volonté de sortir de l?ombre les hommes importants de l?histoire de Maurice. C?est le moment, parce qu?on va finir par les oublier.
Exposition au Mahatma Gandhi Institute, du 16 juin au 2 juillet.Tous les jours de 10h à 18h. Entrée Gratuite Tél : 403 2000
Autour de l?exposition Catalogue de l?exposition, disponible à la vente, écrit par Bernard Lehembre et Barbara Luc
Biographie Hervé Masson, de Bernard Lehembre, également disponible à la vente.
Visites guidées pour les élèves du secondaire. Tél 403 2000 ext :21 78
Un médiateur sera présent pendant la durée de l?exposition pour répondre aux questions du public.
Conférences ouvertes au public, le samedi 18 juin, de 9 heures 30 à 16 heures 30, avec Bernard Lehembre, Barbara Luc, Khalid Nazoo, Michel Dauberville, Hans Ramduth, Ismet Ganti et Alix Lejuge
Table Ronde avec Robert Furlong, Mala Chummun Ramyead, Firoz Ghanty, Alix Lejuge, Amrita Dyalah, Ismet Ganti, Khalid Nazroo et Daneswar Dausoa
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