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Banque de Maurice : une autonomie souvent mal comprise

25 août 2007, 00:00

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Une indépendance à l?épreuve des réalités quotidiennes. La Banque de Maurice fête ses 40 ans. Bien que très présente dans la vie de tous les jours, son rôle ? surtout celui par rapport aux pouvoirs politiques ? reste un mystère aux yeux de nombreux Mauriciens. La Banque centrale est-elle indépendante de l?Hôtel du gouvernement ?

La loi (Bank of Mauritius Act) stipule que l?institution doit jouir d?une indépendance opérationnelle. A ce titre, elle doit disposer d?une grande liberté dans ses fonctions de garant du circuit monétaire et de chien de garde du système bancaire.

Le taux de change de la monnaie locale, les taux d?intérêt, la supervision des banques sont autant de domaines où la Banque centrale et le gouvernement peuvent avoir des vues bien différentes. Un cas de figure classique : les dirigeants politiques souhaitent une roupie faible qui puisse promouvoir les exportations (et la croissance économique) alors que les autorités monétaires optent pour une monnaie plus forte pour résister à l?inflation importée. De la même manière, le coût du crédit est souvent source de tensions.

«Il y a plusieurs degrés d?indépendance. La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et la Banque d?Angleterre jouissent d?une indépendance complète contrairement à la Bank of Japan qui se soumet aux caprices de son gouvernement. A Maurice, les choses vont dans la bonne direction avec l?institution du Monetary policy committee (MPC)», explique un trésorier de banque.

En effet, la création du MPC cette année est venue apporter une nouvelle dimension à la politique monétaire. C?est ce comité qui détermine le repo rate (le taux directeur sur le marché) contrairement à une pratique antérieure où cette prérogative revenait exclusivement au gouverneur de le Banque de Maurice.

<B>Transparence et communication</B>

Les décisions sont plus transparentes et il y a un plus gros effort de communication. «L?exercice est aujourd?hui plus démocratique. Auparavant, un gouverneur pouvait abuser de ce pouvoir surtout s?il n?aimait pas le ministre des Finances, affirme un banquier. Nous souhaitons que le MPC explicite davantage ses décisions comme la Banque d?Angleterre qui publie même le procès-verbal des réunions»

Si une situation où la Banque centrale se soumet aux diktats des politiques n?est guère saine dans une économie qui se veut moderne et libérale, l?autre extrême est tout aussi dangereux. «En temps normal, la Banque de Maurice fait preuve d?indépendance mais dans des situations de crise (dépréciation rapide de la roupie ou une inflation trop élevée), il faut que le gouverneur et le ministre des Finances se concertent», dit Eric Ng, directeur du cabinet PluriConseil.

D?autres observateurs se montrent plus sceptiques sur l?indépendance, la crédibilité et l?efficacité de la Banque de Maurice. «Trois ou quatre gros spéculateurs de forex sur le marché ont les moyens de déstabiliser tout le circuit. La Banque centrale est au courant de cet état de choses mais elle ne réagit pas comme il se doit», déplore Sameer Sharma, analyste chez Investment Professionals. «Il y a aussi un problème de communication qui fait que plusieurs décisions de la Banque centrale sont mal interprétées par le marché».

Le PM : «Favoriser l?emploi et combattre l?inflation»

Le gouvernement compte sur la Banque centrale pour combattre la hausse généralisée du coût de la vie et protéger le pouvoir d?achat des Mauriciens. C?est ce qu?a dit, hier, le Premier ministre (PM) Navin Ramgoolam lors du dîner offert par la Banque de Maurice pour son 40e anniversaire. «Nous voulons réaliser le plein emploi dans des conditions de faible inflation.» Il a invité la Banque de Maurice à participer activement aux efforts de la restructuration économique et à la démocratisation des opportunités d?affaires dans le pays. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a parlé de la nécessité que la politique monétaire et la politique fiscale opèrent de pair de manière à «créer un plus grand impact sur la création d?emplois». Quant au gouverneur de la Banque centrale, Rundheersing Bheenick, il a mis l?accent sur l?épargne ainsi que sur les dangers d?un recours abusif aux crédits.

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