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Ballon d’Or vous dites ?

30 novembre 2006, 00:00

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Il fallait en choisir un. Et ce fut Fabio Cannavaro…

Fabio qui ?

Cannavaro, pardi ! Le playboy de la Squadra Azzura, celui qui a soulevé la Coupe du monde… Ça vous revient maintenant ?

Justement, si le Ballon d’Or lui a été décerné, c’est bien parce qu’il a soulevé la Coupe du monde. C’est le haut fait de sa saison, que dis-je, le haut fait de sa carrière…

À part ça, pas grand-chose à signaler. J’ai beau agiter mes souvenirs, consulter mes archives, rien ne me permet de penser que Cannavaro a marqué l’histoire du football…

Ah si, peut-être… Il y a cette image, terrible, lourde de sens, et qui a fait le tour du monde. C’était en 1999, à l’époque où le Napolitain jouait à Parme et qu’il avait encore des cheveux. On le voit allongé sur une table de massage, en train de se faire injecter je ne sais trop quel produit, apparemment interdit… Et notre brave bonhomme semblait aimer ça en plus !

Sept ans après les faits, le voici promu ballon d’or !

La sainte horreur ! L’erreur grossière.

Et même si on aurait voulu, pour se donner bonne conscience, ne prendre en compte que sa performance sportive, on a du mal, malgré tout, à comprendre sa présence au sommet de la hiérarchie du football…

Attendez, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Cannavaro est un bon joueur de football, un très bon même.

C’est un meneur d’hommes qui a fait ses preuves. N’est d’ailleurs pas capitaine de la Squadra Azzura qui veut, non ? C’est aussi un défenseur vaillant et robuste que les meilleurs attaquants essaient d’éviter. Bref, un joueur que n’importe quel président de club aurait aimé avoir dans son effectif.

Mais pour être Ballon d’Or, il ne suffit pas d’être bon. Il faut être excellent…

Excellent comme son compatriote Gianluigi Buffon, véritable gardien du temple, premier maillon du catenacio, symbole d’une Italie qui gagne.

Excellent comme Ronaldinho, le maître absolu du jeu, un génie des temps modernes, l’héritier désigné et reconnu de Pelé et Maradona. Un Ronaldinho unique mais qui, c’est vrai, a commis le péché mignon de se dégourdir les jambes sur les pelouses allemandes alors même que les caméras du monde entier surveillaient ses moindres faits et gestes.

Excellent comme Thierry Henry, dont la régularité au plus haut niveau étonne. Un Henry qui collectionne les buts et les passes décisives et qui, faut-il vraiment le rappeler, a été de toutes les finales cette année. Souvent placé, jamais gagnant, l’attaquant français mériterait bien, un jour, d’être récompensé pour l’ensemble de son oeuvre.

Excellent comme Zinedine Zidane, malgré son coup de boule !

Il y avait donc du monde au portillon, mais ils ont choisi Cannavaro. Que Dieu leur pardonne cet impair.

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