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Balises d?une Campagne
Maintenant que les trois principaux candidats à la partielle de Rivière-du-Rempart se sont déclarés, il reste à savoir sur quel plan ils vont situer les enjeux de la campagne. On peut prévoir que dans une lutte triangulaire serrée, la démagogie occupera une large place et les arguments sérieux seront réduits à la portion congrue.
Dans le camp de la majorité, les dirigeants, dont Paul Bérenger, insistent lourdement sur le fait que l?issue du scrutin n?aura aucun effet sur la durée du mandat gouvernemental. Cette stratégie procède d?une volonté de contrecarrer toute velléité de vote protestataire. C?est un rappel aux électeurs du n° 7 que même s?ils souhaitaient un changement de gouvernement, ils ne l?obtiendront pas à travers un vote de mécontentement. Ils sont invités, au contraire, à tirer profit du fait qu?ils peuvent avoir un député qui est assuré d?un fauteuil ministériel s?il est élu.
En adoptant une telle posture l?alliance MSM-MMM mise sur le sens d?opportunisme de l?électeur. La même tactique avait été utilisée par le PTr lors des deux partielles qu?il a organisées quand il était au pouvoir.
Pravind Jugnauth a décidé, pour sa part, de mettre l?accent sur les faiblesses de Navin Ramgoolam. Il vise un objectif personnel. En érigeant le leader du PTr comme son adversaire direct, le nouveau leader du MSM veut démontrer qu?il chausse désormais une nouvelle pointure. Il a choisi, semble-t-il, de progresser sur l?échiquier politique en cherchant d?abord à ébranler l?ancrage du PTr dans les régions rurales.
De son côté, l?opposition favorise, depuis le début de la campagne, la thématique du «gros capital». Dans une moindre mesure, elle exploite les frustrations ponctuelles contre l?alliance au pouvoir. Hier Navin Ramgoolam a encore martelé qu?une défaite du candidat Hurry pourrait forcer le gouvernement à organiser des élections générales avant terme. Cette éventualité serait bien entendu contraire à la logique. Aucun gouvernement n?organise des élections générales anticipées s?il sent le vent de la contestation monter.
Si l?alliance au pouvoir ne manque pas, au cours de ses sorties publiques, de présenter son bilan ainsi que son action future, l?opposition, elle, n?a pas l?intention d?utiliser l?occasion de la partielle pour se donner l?image d?une alternative crédible. Elle aurait pu articuler son discours autour de deux ou trois grandes orientations nationales. Ce n?est pas le cas. Sachant qu?ils disposent d?un réservoir de votes dans la circonscription, les travaillistes essaient avant tout de mobiliser leurs fidèles à travers des propos enflammés sur la transition récente au sommet de l?Etat.
L?inconvénient de cette stratégie, pour les travaillistes, c?est qu?un troisième candidat, Raj Dayal, va chasser sur les mêmes terres qu?eux. Ce dernier a été crédité de plus de 38 % des suffrages exprimés dans la circonscription de Montagne-Blanche aux dernières législatives et peut très bien jouer les trouble-fêtes à la partielle de décembre. Il mène campagne discrètement depuis quelque temps sur des thèmes qui s?apparentent à ceux du PTr. S?il maintient sa candidature jusqu?au bout, cela fera sans doute l?affaire de la majorité.
Dans une joute serrée où le sort se jouera peut-être à quelques centaines de voix d?écart, il faut se préparer à assister à une campagne où les problèmes nationaux ne seront pas au premier rang des préoccupations. Sauf si la classe politique se met au diapason du peuple qui vient de démontrer une grande maturité.
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