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Baie-du-Tombeau : le couple victime d?un règlement de comptes
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Baie-du-Tombeau : le couple victime d?un règlement de comptes
Trois hommes arrêtés, dont un est soupçonné d?être commanditaire, un autre l?exécutant et le dernier, un complice. C?est ce qu?a donné l?enquête initiée mardi, au lendemain d?un viol commis sur une quinquagénaire qui se trouvait, avec son mari, dans la dépendance d?un bungalow qu?ils surveillaient, à Petit-Gamin, Baie-du-Tombeau. Les deux époux auraient en fait été victimes du ressentiment du gardien qui avait travaillé là avant eux?
Les policiers ont été mis sur la piste de ces suspects à la suite de la déposition du couple au poste de police de Terre-Rouge, mardi. Ils affirment, en effet, avoir reconnu la voix d?un sans domicile fixe (SDF) de leur connaissance, Noël Victorien, ce soir-là. Ce dernier serait, selon les gardiens, venus frapper à la porte du bungalow.
Noël Victorien a donc été arrêté mercredi matin, mais il a nié toute implication dans cette affaire. En poursuivant l?enquête, les hommes de l?inspecteur Bhojesh Domun, de la Criminal Investigation Division (CID) de Terre-Rouge ont toutefois découvert que ce soir-là, il était en compagnie de deux autres hommes sur la plage du Goulet. Les deux hommes ont subséquemment été identifiés comme Mike Labelle et Ignace Jacksony. Ce dernier, un habitant de Lallmatie âgé de 55 ans, travaillait comme gardien à l?endroit où l?agression et le vol ont eu lieu avant que les plaignants ne soient employés.
Jean Mike Labelle, un aide-chauffeur de 30 ans, a été la deuxième personne à être arrêtée dans le cadre de cette enquête. Une équipe de la CID de Terre-Rouge dirigée par le sergent Beekhoo a, en effet, débarqué chez lui, à Arsenal, Le Goulet, à 4 h 30 hier matin. Il a pris une bonne quinzaine de minutes avant de laisser entrer les policiers, feignant d?ignorer le pourquoi de leur visite.
Le suspect, qui est aide-chauffeur dans une cimenterie, a d?emblée déclaré aux enquêteurs que «mo bizin al travay la». Mais sans se laisser démonter, ils lui ont expliqué la raison de leur visite et ont commencé à lui poser des questions, remarquant, au fil de ses réponses, qu?il devenait de plus en plus nerveux. Ainsi, à la question «to ti pe boir lor laplaz Le Goulet lindi soir ?» il devait répondre par l?affirmative, ajoutant toutefois «me mo pa finn fer nanien».
Des objets incriminants sur le toit</B>
Lorsque les policiers l?ont pressé de questions à propos du viol dont a été victime la quinquagénaire, le suspect a soutenu qu?il n?était pas au courant de cette affaire et qu?il n?a rien entendu à ce sujet. Son anxiété devait aller en s?accentuant lorsque les policiers ont commencé à fouiller la maison. N?y découvrant rien d?incriminant, ils devaient toutefois songer à jeter un coup d??il sur le toit.
C?est alors qu?un jean, un T-shirt, un slip, une cagoule (les vêtements qu?il portait apparemment ce jour-là) et une paire de chaussures sont trouvés. De même qu?une pince, un sabre, un gourdin, sept VCD pornographiques, une bouteille de rhum vide et un téléphone cellulaire. Tous ces objets ont été saisis.
Le suspect a été conduit au bureau de la CID, à Terre-Rouge, où il a été soumis à un interrogatoire serré et mis en présence des preuves recueillies contre lui. Il a ainsi fini par passer aux aveux et par expliquer, avec force détails, comment il s?est rendu dans le bungalow après avoir pris quelques verres sur plage du Goulet en compagnie d?Ignace Jacksony et de Noël Victorien.
Les enquêteurs ont ainsi appris que le viol avait en fait été commandité. Et le commanditaire serait l?ancien gardien du bungalow, qui avait a été renvoyé par le propriétaire après y avoir travaillé pendant quatre mois. Cela parce que le couple avait accepté de faire le travail pour un salaire moindre.
<B>«Bizin donn zot enn koreksion»</B>
Ignace jacksony aurait ainsi approché Mike Labelle en lui disant : «bizin donn zot enn koreksion ek b?» Et Mike Labelle se serait exécuté. Cela afin que son ami récupère son poste. Objectif qui a d?ailleurs été atteint car dès le lendemain, il avait été réembauché pour surveiller le bungalow.
Durant la journée d?hier, Noël Victorien et Mike Labelle ont été présentés devant le tribunal de Pamplemousses. Le suspect Victorien est provisoirement accusé de complot (adding and abetting in the commission of a crime) tandis que le suspect Labelle répond d?une charge provisoire de viol et de vol. Ignace Jacksony sera, lui, présenté devant le même tribunal ce matin.
L?agression et le vol remontent à lundi. Le couple de gardiens a été attaqué vers 23 h 30 ce soir-là alors qu?il se trouvait dans la dépendance du bungalow, à Petit-Gamin. Le malfrat devait sauvagement agresser le gardien à coup d?un tuyau d?arrosage avant de le ligoter. Il devait, par la suite, s?en prendre à son épouse, âgée de 56 ans, l?abusant sexuellement à quatre reprises.
L?enquête est placée sous la supervision de l?assistant commissaire de police, Pregassen Vuddamallay, Northern Divisional commander, et du surintendant de police Devanand Reekoye, responsable de la Northern CID. La CID de Terre-Rouge a été épaulée, dans cette affaire, par la CID de Trou-aux-Biches dirigée par l?inspecteur Sunil Powdar.
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