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Bérenger : ?Mieux vendre notre bilan?

29 février 2004, 20:00

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PAUL BERENGER, leader du Mouvement militant mauricien (MMM), s?est lancé dans un véritable exercice de marketing des réalisations gouvernementales ces trois dernières années. Pendant environ 75 minutes, il a élaboré sur les différents projets et réformes exécutés par le gouvernement. Il a annoncé des développements concernant la revendication de la souveraineté mauricienne sur l?archipel des Chagos et la réunion prochaine des experts légaux entre Maurice et la France sur le dossier Tromelin. C?était lors de l?assemblée des délégués du MMM hier au Plaza, présidée par Ahmad Jeewah.

Paul Bérenger s?est concentré sur les actions prises par le gouvernement pour rétablir l?ordre et la paix publics. Car, dit-il, il y avait un ?complete breakdown? de ?law and order? sous le gouvernement de Navin Ramgoolam. Il a mis en exergue le recrutement de 3 000 policiers, les promotions dans la force policière, la création du Police Complaints Bureau et les amendements à la loi pour mieux lutter contre le trafic de drogue. Des changements interviendront à la tête de l?ADSU et de la VIPSU à partir de ce matin. Les brutalités policières ne seront pas tolérées et ceux trouvés coupables de tels délits seront sanctionnés.

Outre le rétablissement de l?ordre et la paix publics, nous avons, poursuit-il, mis l?économie sur les rails. Il s?agit maintenant de garder le cap sur notre stratégie économique. ?Nous allons passer à une étape supérieure de notre développement économique en alliance stratégique avec l?Inde?.

Des mesures ont été prises pour réduire les déficits de la State Trading Corporation et du Central Electricity Board et réformer l?industrie sucrière. Avec l?application du Voluntary Retirement Scheme (VRS) le nombre d?emplois dans l?industrie sucrière a diminué de 10 700 ces trois dernières années. La zone franche a enregistré une baisse de 12 000 emplois en trois ans. Des usines ferment leurs portes alors que d?autres ouvrent. Cette situation est inévitable à cause de la concurrence féroce sur le plan international et la mondialisation.

Mais, précise Paul Bérenger, 34 400 emplois ont été créés en trois ans, dont 13 100 entre juin 2002 et juin 2003. C?est un exploit, enchaîne-t-il, car chaque année il y en moyenne 8 400 personnes qui entrent sur le marché du travail.

Il considère ?inévitables? certaines augmentations de prix sur le marché local en raison de la hausse à la source. Concernant celle de la farine, dit-il, le gouvernement a pris des mesures pour soulager le consommateur .

Les réserves du pays en devises étrangères peuvent aujourd?hui couvrir une période de 40 semaines d?importation. L?inflation a été ramenée de 6,4 % en 2002 à 3,9% en 2003. Par contre, le gouvernement éprouve des difficultés pour réduire le déficit budgétaire au niveau souhaité cette année.

Paul Bérenger a ensuite évoqué les projets dans les secteurs de l?Information and Communication Technologies et l?Integrated Resort Scheme

Il a égrené les mesures prises pour les personnes du 3e âge et les handicapés, la lutte contre la pauvreté et la réforme du système de l?éducation, la consolidation de l?unité nationale et l?autonomie de Rodrigues, la protection des droits de la femme et des enfants, et la lutte contre la fraude et la corruption. Il a évoqué l?introduction de la télévision privée, d?un Agalega Island Council et sa prochaine visite à St-Brandon.

L?Icac : nouvelle chance

Paul Bérenger fait état de plusieurs ?gaffes? de l?Independent Commission against Corruption (Icac). Il a souhaité que celle-ci se saisisse de la nouvelle chance qui lui est offerte pour atteindre sa vitesse de croisière. Des amendements seront bientôt proposés à la loi anti-corruption.

Le gouvernement a obtenu un avis légal sur la question de revendication de la souveraineté mauricienne sur l?archipel des Chagos. On doit s?attendre à des développements importants sur cette question dans les jours à venir. Une réunion entre le gouvernement et le State Law Office à ce sujet est prévue cette semaine.

Selon Paul Bérenger, quand Navin Ramgoolam était Premier ministre, il a commis un ?faux pas? en acceptant que la question de la souveraineté mauricienne sur Tromelin soit discutée au sein du sommet de la Commission de l?océan Indien. Cette question, dit-il, doit plutôt être soulevée entre la France et l?île Maurice. D?ailleurs, ajoute-t-il, le président français Jacques Chirac, a accepté que la question soit discutée à ce niveau. Par conséquent, la troisième réunion des experts légaux des deux pays se tiendra dans les jours à venir.

Paul Bérenger a dit que le gouvernement souhaite la reprise du dialogue avec l?Eglise à la suite du jugement du Privy Council concernant les 50 % de places réservées dans les écoles catholiques.

Le portugais en option

Il a fait ressortir que la langue orientale n?est pas obligatoire pour le CPE. Selon lui, il faut examiner la possibilité d?étudier le portugais comme une option d?autant plus que cette langue est utilisée au Nations unies, à l?Union africaine et au sein des pays de la Southern African Development Community. C?est la langue parlée au Mozambique, pays de peuplement de Maurice. Le créole reste un medium d?enseignement en attendant qu?il devienne un sujet d?étude.

Quant à la Muslim Personal Law, le MMM et son partenaire le Mouvement socialiste militant (MSM) poursuivent les discussions en vue de trouver une solution dans le dialogue. Un consensus entre les deux partenaires sera trouvé aussi sur la question de la réforme électorale. Le gouvernement attend le rapport du Select Committee sur le financement de partis politiques.

Il a aussi évoqué les discussions en cours entre les directeurs des radios privées et l?Independent Broadcasting Authority pour éviter les ?dérapages? lors des émissions en directe et préserver l?harmonie sociale et l?unité nationale.

En attendant les prochaines élections générales, le MMM et son partenaire vont se pencher sur leur programme électoral 2005-2010. Il a dit qu?une élection partielle est différente d?une élection générale ?car l?enjeu n?est pas le même?.

?L?électorat va comparer les programmes, les bilans et les équipes. La défaite à la partielle au n° 7 ne m?a pas étonné mais les résultats pour les élections générales de 2005 seront différents. Le MSM et MMM iront ensemble aux prochaines élections générales et remporteront une victoire éclatante?, a dit Paul Bérenger. Auparavant Ivan Collendavelloo, secrétaire général du MMM, avait lui aussi affirmé que ces deux partis iront ensemble aux élections générales de 2005.

?Parti travailliste pé cause so retour au pouvoir et pé dire qui MMM ecque MSM pou cassé. Zotte pé rode sème le doute dans la population et zotte pé rode affabli MMM. Pas ena simin?, dit Ivan Collendavelloo.

Le MMM et le MSM, ajoute-t-il, ont été élus sur un programme et un contrat avec l?électorat. Les deux partenaires respecteront leur parole.

Paul Bérenger n?a pas caché sa déception aux questions posées par l?assistance. Au lieu de s?intéresser à action gouvernementale, plusieurs délégués ont choisi de poser des questions relatives aux problèmes de leurs localités et même de nature personnelle.

LA PRESSE PRIVÉE

Journalistes ?négatifs?

  • Paul Bérenger s?en est pris encore une fois aux éditorialistes et aux caricaturistes des journaux et commentateurs des radios privées. Ils sont, dit-il, dans leur grande majorité bien négatifs vis-à-vis des actions gouvernementales alors que Maurice est citée en exemple par de nombreux pays et des personnalités et organisations internationales.

?Ces caricaturistes, éditorialistes et commentateurs ne trouvent rien de bon dans les actions gouvernementales alors que les faits parlent d?eux-mêmes?, ajoute Paul Bérenger.

AMBIANCE FAMILIALE

Le mauve dans tous ses tons

  • Des centaines de délégués venus en famille. Des chemises et des robes dans tous les tons du mauve. Un théâtre comble, où la sueur perle abondamment sur les nuques et les fronts. Des mines rendues amorphes par l?effet combiné de la chaleur et la longueur du discours du leader historique. L?assemblée des délégués du MMM avait des allures de sortie du dimanche, hier matin au Plaza.

Vers dix heures, Marlène Labonne, opulente mère de famille de Baie-du-Cap, pose le pied sur le tapis rouge du grand escalier. ?Nou rode ène place nous assizé.? Nous? Levée depuis six heures du matin, elle est accompagnée de sa cousine, la timide Angéline, et de ses sept enfants, dont le dernier, Kenny, vient tout juste d?avoir trois ans.

?Séki pé dir là, pou redire dans régional pou bann dimoun ki pa ti là?, dit-elle pour justifier son retard, dû à une histoire confuse de ?chauffeur ki finn gagne mortalité.? Depuis vingt-cinq ans qu?elle a adhéré au parti, elle n?a jamais raté une seule assemblée. ?Ene fois, mem si mo lipied ti dans plâtre, mo ti vini. Li trop important sa.? Au micro, la voix du leader assène une volée de chiffres. Enchaîne les ?nou finn fer?, aux ?nou pou fer.? La foule encaisse sans mots dire. Applaudit tièdement quand le nom de l?allié est prononcé. Avant de se redresser sur son siège à l?heure des questions.

C?est le blues du militant qui s?exprime dès la première interrogation. Des demandes de permis de ?beach hawker?, le dysfonctionnement des drains dans des cités EDC, les préoccupations de la base priment sur le commentaire de l?action gouvernementale. Face à ces misères du quotidien, le leader répétera souvent : ?Nou pas finn vinn la pou coz sa aujourd?hui. C?est dans bann réunion régional ki nous traite sa bann problèmes la.? Et quand le ?camarade? persiste, le leader dit : ?Mo bien honté seki pé passé?, avant que le micro ne soit passé à quelqu?un d?autre.

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