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Bérenger dénonce le «glissement communal de Ramgoolam»
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Bérenger dénonce le «glissement communal de Ramgoolam»
Paul Bérenger est révolté de la manière dont le gouvernement gère le dossier de l?industrie sucrière : «Il ne s?inquiète pas tant de l?industrie sucrière, des laboureurs, des artisans mais il se sert de ce dossier pour lever la flamme communale. Et (Soomduth) Dulthumun (NdlR : président de la Sanatan Dharma Temples Federation) qui a voulu le soutenir n?a eu qu?une quarantaine de personnes à Flacq.»
Le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) intervenait hier, au congrès tenu dans le cadre du 38e anniversaire de ce parti, devant quelque 5 000 personnes (7 500 selon les organisateurs).
Plusieurs autres orateurs, notamment Jayen Cuttaree, Alan Ganoo, et Rajesh Bhagwan, attribuent ce «glissement vers le communal de Navin Ramgoolam» au fait que son électorat le délaisse.
Paul Bérenger ajoute que le Premier ministre ne veut pas se résoudre à un accord avec les sucriers. «Il veut garder le problème entier pour pouvoir miser dessus pour sa campagne électorale.»
Paul Bérenger fait allusion à un «ancien Premier ministre qui sentait qu?il allait perdre les élections et qui avait voulu attiser la flamme communale sur les langues orientales. Un rassemblement dans le Nord avait été organisé. Pourtant, cela n?avait pas marché». Il prévoit la même chose pour la campagne «communale» de Navin Ramgoolam. «Il nous faut contrecarrer cette campagne en faisant tout pour lui barrer la route.»
Paul ailleurs, Paul Bérenger condamne vivement les sucriers. Il qualifie «d?anti-patriotique» leur décision de ne plus construire de centrales thermiques. Il va plus loin : c?est «même une trahison envers Maurice», avant d?insister sur sa déception. «Je suis bien déçu et bien ?emmerdé?.»
«Enfant gâté»
Cette position de l?industrie sucrière est d?autant plus une «trahison et une démarche anti-patriotique» que le prix du pétrole dépasse les 100 dollars. Pour Paul Bérenger, l?industrie sucrière fait des caprices «d?enfant gâté». Ce faisant, elle ouvre la voie au projet de 110 mégawatts de CT Power, qui compte produire de l?électricité à Albion à partir du charbon.
Toujours sur le dossier de l?industrie sucrière, il dit avoir lu un rapport d?un expert de l?European Research Office, dont les conclusions l?ont davantage angoissé. «Nous savons que l?industrie sucrière est en danger de mort. L?industrie sucrière n?est pas constituée de trois ou quatre blancs, qui ont d?autres investissements à l?étranger ou dans l?hôtellerie, mais ce sont ces milliers et milliers d?artisans, laboureurs, et petits planteurs dont le sort est incertain.» L?auteur du rapport évoque d?éventuelles baisses du prix du sucre en 2010 et 2015. Maurice ne figure pas dans sa liste de pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) qui survivront à l?épreuve.
D?où l?appel de Paul Bérenger pour que la population «se débarrasse de ce gouvernement. Nous avons les idées, les compétences, pour sauver le pays».
Il rappelle les propos de sir Anerood Jugnauth sur le deal Illovo : «God sent.» «La vraie démocratisation avait eu lieu par le biais de ce deal. Quelque 10 000 artisans et laboureurs ont pu devenir propriétaires des 7 000 arpents de terres du Sugar Investment Trust (SIT). De plus, le SIT a obtenu 25 % de l?actionnariat dans Mon Trésor Mon Désert alors que le National Pensions Fund avait obtenu 10 % dans ce même actionnariat.»
Le leader du MMM commente la lutte «héroïque» du parti pendant ces 38 ans. «An 38 an, lor lesansiel, nou pane change. Les points clés de notre programme sont restés pareils.» Il en a fait la démonstration en élaborant sur chaque thème de lutte du MMM : l?unité nationale, la démocratie, la fraude et la corruption? A ce sujet, «personne n?a pu montrer du doigt le MMM».
Pour le leader adjoint du MMM, Jayen Cuttaree, le parti est resté fidèle aux idéaux qui ont inspiré sa création : «Outre la démocratie, la justice sociale, etc, il faut ajouter l?honnêteté car jamais le pays n?a atteint un tel niveau de corruption.»
Alan Ganoo se dit chagriné que les adversaires politiques traitent «Paul Bérenger de paillasson des grands capitalistes alors que ce n?est pas le cas. Il n?a pas choisi sa famille mais il a choisi sa lutte».
Quant à Rajesh Bhagwan, il s?élève une fois encore contre les menaces envers la liberté de la presse.
AMBIANCE
Redevenir Premier ministre...
■ Rajesh Bhagwan n?est pas le seul à s?attendre à ce que Paul Bérenger redevienne Premier ministre. Les militants, les «vrais», s?empresse de préciser Anne-Marie, de la régionale de Port-Louis, restent accrochés à cette idée. Comme elle, quelques membres des autres régionales chérissent ce désir. L?enthousiasme n?a pas manqué à ce congrès. Le poste de Premier ministre à Paul Bérenger, évoqué par Rajesh Bhagwan, a suscité de grandes acclamations dans la salle. C?est un retour au pouvoir du parti qui motive davantage d?autres. «Ce gouvernement nous désillusionne de jour en jour. Et qu?importe ce que vous pouvez dire contre le MMM, c?était des gouvernants efficaces», estime Indiren. De plus jeunes sont davantage bruyants et ne voient là qu?une occasion de sortie. Car, au fil des discours, un groupe de jeunes ne trouve rien de mieux que de se lancer dans une bagarre futile qui perturbe l?événement. En revanche, les jeunes plus militants restent attentifs aux discours. Ils sautent et crient de joie quand il faut dénoncer le pouvoir en place. Pour le responsable de l?organisation, Rajesh Bhagwan, le pari a été tenu : «C?était la mobilisation des grands jours. Nou pan donn manze, bwar.»La foule a été réunie à la fin du congrès pour couper le gâteau, offert par la régionale n° 1, sous la houlette de Jean-Claude Barbier. Tout ceci avec en toile de fond «Soldat lalit militant».
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