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Bérenger démissionne comme ministre
Nous connaissons, en 2007, ces ministres, pas forcément des Finances, promenant partout leur frustration et leur amertume, et assurant, qui veut les gober, qu?ils ont en poche leur lettre de démission et qu?ils attendent seulement la goutte débordante, pour aller la remettre à notre président, en son château du Réduit. Ils ne sont pas sans rappeler Paul Bérenger, démissionnant, avec perte et fracas, le 19 octobre 1982, comme ministre des Finances, au moment même où la presse vespérale titrait, après le retour, à Plaisance, d?Anerood Jugnauth, alors simple Premier ministre : ?L?atmosphère est à la conciliation entre MMM et MSM... La crise entre eux est qualifiée de... mangeable !?»
Bérenger déclare en avoir assez des coups bas et du manque de solidarité à l?égard de celui qui, au sein du GM, tient le poêlon trop chaud, faisant de lui un émule de Sithanen avant l?heure. Il conserve toutefois son siège de député et compte reprendre ses activités de négociateur syndicaliste et même de journaliste, au sein de la rédaction du Nouveau Militant.
Il explique à la presse qu?il quitte le gouvernement après avoir rencontré Jugnauth, à deux reprises. La première, dans la matinée, et la seconde, dans l?après-midi, après que le Premier ministre eut rencontré Boodhoo et Bhayat. A la lumière des réactions de Jugnauth, Bérenger comprend qu?il ne bénéficie pas de la confiance voulue pour continuer à occuper le poste de ministre des Finances.
D?où sa démission directement au gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay. Il promet de ne pas répondre aux coups bas reçus par des coups bas donnés. Avant il achève quelques tâches urgentes, comme la présidence d?une réunion du comité, chargé du Structural Adjustment Loan et le bon à tirer pour deux White Papers (sur la Sales Tax sur les prix du riz et de la farine).
Il concède, à la presse, que tout a buté sur une question économique. Mais il s?agit davantage d?une question de fonctionnement du gouvernement. Il parle de traîtrise et de coups bas sur la question des nouveaux prix du riz et de la farine. Il confie à la presse : ?Au sein du GM, nous avons planifié, domino par domino, détail par détail, une stratégie économique devant déboucher sur le salut économique de Maurice... Tout est planifié avec précision et perfectionnisme... Il s?est trouvé quelqu?un pour foutre tout en l?air... Mais ce qui le pousse à démissionner c?est l?attitude d?Anerood Jugnauth dans tout cela... Il a le droit d?adopter la réaction qu?il juge la plus appropriée... Je lui souhaite bonne chance... Mais pour moi, ce n?est pas la fin du monde... Je prends tout cela avec un fatalisme extrême... Maurice a besoin d?un gouvernement homogène qui s?occupe prioritairement de choses sérieuses, telle l?économie nationale, sans permettre à son attention d?être détournée par des tiraillements frivoles... J?admets que Jugnauth et moi ne sommes pas sur la même longueur d?onde, au sujet de la gravité de la crise qui secoue, en 1982, le GM?.
Bérenger rappelle qu?avant le départ d?Anerood Jugnauth pour New York, il y a eu une réunion de la commission mixte, au cours de laquelle il est revenu en détail sur une stratégie économique unanimement approuvée. ?Si certains ne comprennent pas ce qu?ils ont unanimement approuvé, c?est à désespérer !... En tout cas s?il y a un autre ministre des Finances pouvant dégager une autre stratégie et qu?elle réussisse, je dirais : bravo !? (N.B. Accepte Vishnu. Ne t?en prive pas. De telles congratulations ne courent pas les rues).
De nombreux militants se rendent au domicile de Bérenger, à l?arrière du poste de police de Quatre-Bornes, pour lui exprimer leur soutien. Un bureau politique doit avoir lieu au lendemain de la démission de Bérenger. Et comme il le dit si bien : ce sera au tour de Jugnauth de jouer away !
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