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Bérenger attaque le discours-programme
Il laisse comprendre qu?il donnera du fil à retordre au gouvernement. Paul Bérenger a retrouvé l?hémicycle en tant que leader de l?opposition. Et se lance à l?attaque.
Il critique fortement ?le viol de nos traditions parlementaires?, soit le refus du gouvernement de proposer une motion de remerciements au président de la République pour sa lecture du discours-programme. Paul Bérenger a proposé un amendement à la motion qui approuve le programme gouvernemental, pour rectifier cette ?mesquinerie?. Rejeté par le Premier ministre qui qualifie la tradition de ?vestige du colonialisme?, l?amendement sera débattu mardi prochain.
?Le gouvernement est mal parti. 37 jours sont passés depuis les élections générales et le gouvernement est en train de gaspiller sa période de grâce. L?opposition condamne la façon de faire du gouvernement qui représente le viol des traditions parlementaires des grandes démocraties. Nous prenons très au sérieux que le gouvernement décide de s?éloigner délibérément des traditions parlementaires bien établies. La tradition a toujours été qu?un backbencher présente une motion de remerciements après la présentation du discours-programme. Cela s?est fait sept fois consécutives depuis l?Indépendance?, s?insurge Paul Bérenger.
Il reprend le discours-programme et les ?slogans creux? qu?il comporte. Il en qualifie le ton d??inacceptable? et ?pire qu?un discours de meeting?. Il rappelle que l?exercice ne doit pas ?évoquer des sujets controversés? et que pendant la campagne électorale, l?Alliance sociale n?a pas annoncé qu?elle reverrait le mode de nomination du président de la République et l?étendue de ses pouvoirs.
?Les résultats des élections auraient été totalement différents s?ils avaient fait campagne sur ce sujet. Le Premier ministre avait demandé une majorité de trois-quarts mais il n?a même pas obtenu une majorité de deux-tiers. Le gouvernement sera bien avisé de suivre la Constitution à la lettre?, fustige Paul Bérenger. Il évoque la décision du gouvernement de créer une commission pour revoir les pouvoirs du président. ?Vous pouvez mettre sur pied la commission mais il n?y aura aucun amendement?, ironise Bérenger qui explique qu?une majorité de trois-quarts est requise pour modifier la Constitution.
Augmentations de prix
Le leader de l?opposition poursuit son attaque contre les ?faussetés? du discours-programme . Dans sa ligne de mire: ?Tous les indicateurs macroéconomiques clés sont dans le rouge.? Il s?indigne. ?C?est totalement faux! En 2004, la croissance du produit intérieur brut était de 4,2 %, ce qui ne peut être décrit comme dans le rouge! Sur quatre ans, nous avons créé 46100 nouveaux emplois. L?économie a été redressée dans des conditions terriblement difficiles.?
Bérenger qualifie le taux d?inflation de 5 % d??acceptable? et rappelle que le déficit budgétaire a été ramené à 5 % alors qu?en 2000 il était à 6,7 %.
Il dément que ?les poches de pauvreté ont augmenté?. ?Aucun gouvernement n?a investi autant pour soulager la pauvreté.? Paul Bérenger a néanmoins tenu à féliciter le gouvernement qui a continué sur la lancée de l?ancien régime en gardant l?actuel commissaire des prisons, Bill Duff, à son poste.
Transport gratuit, augmentations de prix et exemption de l?income tax pour ceux qui touchent moins de Rs 25 000? ?Les masques sont tombés très vite?, dit Bérenger. ?Pendant la campagne, ils ont fait croire qu?ils avaient une formule magique, mais en 37 jours, les prix de plus de 37 articles ont augmenté.?
Pour ce qui est de l?Icac, Paul Bérenger se dit favorable à ?une révision de ce sujet?. ?Nous sommes en faveur d?une législation qui permet de combattre la fraude, la corruption et le blanchiment d?argent.?
Paul Bérenger tient aussi à mettre son successeur en garde sur bien des sujets: centre d?alerte aux tsunamis, ouverture de l?accès aérien, exportation de singes pour la recherche médicale et démocratisation de l?économie. Evoquant le tsunami, il dit qu?il ne faut pas ?envoyer le signal que Maurice se trouve dans une région à risque?.
Le leader de l?opposition prend un ton plus conciliant pour parler de la réforme électorale. ?On devrait pouvoir trouver une approche consensuelle avec une certaine dose de représentation proportionnelle.? Et il rappelle que ?le gouvernement doit garder en tête qu?il aura besoin des votes de l?opposition pour le faire?.
Après avoir réitéré que l?opposition sera ?ferme mais constructive?, Bérenger dit apprécier certaines mesures du discours-programme, dont la mise sur pied d?un ?foreign policy advisory council? et d?une ?parliamentary committee to increase consensus on foreign policy issues?.
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