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Bérenger accuse Sithanen de ?maquiller? les chiffres

27 juin 2007, 00:00

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?Beaucoup de bluff et de maquillage.? C?est en ces termes que Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien (MMM), a qualifié le budget. Il a accusé le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, d?avoir ?maquillé? les chiffres, notamment sur le Consolidated Sinking Fund (CSF), pour donner une impression de ?récolte prématurée?. L?ancien Premier ministre a aussi défendu le bilan économique de son gouvernement face aux critiques des dirigeants actuels.

Paul Bérenger a critiqué la démarche du gouvernement de créditer des sommes (environ Rs 6 milliards) dans le budget central. Cela, a-t-il dit, afin de ?grossir artificiellement ? les revenus et de ?démontrer un déficit budgétaire moindre?.

Ce fonds met de l?argent de côté pour assurer le remboursement des dettes du gouvernement. ?C?est une pratique depuis avant l?indépendance. L?existence du CSF représente un gage pour les investisseurs car les risques de défaillance sont minimisés. Le ministre des Finances est en train de prendre un risque énorme pour l?avenir du pays. Lorsque les dettes arrivent à maturité, il va falloir emprunter sur le marché des capitaux. Tout le monde sait qu?on n?obtient pas de l?argent gratuitement.?

Il a dressé un parallèle entre cette transaction et le ?colourable device? employé en 1996 par le ministre des Finances d?alors, Rundheersingh Bheenick, autour d?un transfert entre la Banque de Maurice et le budget central. L?ancien grand argentier avait dû démissionner dans le sillage de cette affaire. ?Je considère la démarche autour du CSF tout aussi grave?, a déclaré le leader du MMM.

Sans cette opération exceptionnelle, indique l?orateur, le déficit budgétaire (par rapport au produit intérieur brut ? PIB) aurait été un point de pourcentage supérieur au chiffre prévu (3,8 %) pour 2007-2008.

Paul Bérenger a mis en exergue d?autres rentrées de recettes exceptionnelles tels les revenus sur les baux de campements, les paiements de la Banque de Maurice au gouvernement et les dons sous forme de support budgétaire de l?Union européenne. ?Il n?y a pas de récolte prématurée comme le veut faire croire le gouvernement.?

?Vous récoltez ce que nous avons semé?

Il a émis des doutes quant au pari qu?a fait le ministre des Finances sur la croissance. Ce dernier avait dit compter beaucoup sur une activité économique forte pour générer plus de recettes fiscales. Le gouvernement table sur une croissance de 5,5 % pour l?année financière 2007-2008, tandis que le Fonds monétaire international anticipe une expansion économique inférieure.

Le chef de file des mauves a, d?autre part, dénoncé la stratégie d?endettement du gouvernement qui se tourne de plus en plus vers l?étranger pour emprunter. Il a indiqué que l?ancien gouvernement a emprunté pour investir massivement dans la construction des écoles et des infrastructures telle la cybercité. ?Nous sommes fiers de notre héritage?, s?est-il exclamé.

Paul Bérenger a aussi repris les critiques de ses collègues contre les investissements directs étrangers (IDE) et a argué que la démarche de la HSBC d?incorporer son business à Maurice n?apporte rien en termes de création d?emplois. Il a aussi fait remarquer que les IDE dans la zone franche et dans les technologies de l?information et des communications ont, au fait, reculé par rapport aux années précédentes.

Les investissements dans les Integrated Resorts Schemes sont, à son avis, le résultat des efforts entrepris par l?ancien régime. ?Vous êtes en train de récolter ce que nous avons semé et ce que vous avez vous-mêmes critiqué lorsque vous étiez dans l?opposition?, a-t-il lancé à l?encontre de l?actuel gouvernement.

Face au coût de la vie, il a tenu le gouvernement responsable de la cherté de la vie avec sa décision d?enlever les subsides sur le riz et la farine et la ?dégringolade? de la roupie. ?A un moment où il y a un doublement du taux de l?inflation (comparé au taux moyen de l?inflation sous le régime MSM-MMM), le gouvernement décide de ne pas accorder une compensation intégrale aux travailleurs au bas de l?échelle, aux personnes âgées et aux handicapés. C?est cruel.?

Paul Bérenger a fait un plaidoyer pour que le gouvernement accélère la réforme de l?industrie sucrière qui, à ses dires, est en danger de mort. Il faut à son avis accélérer le processus de la centralisation et le développement des nouveaux clusters sucre pour que tous les partenaires de l?industrie, y compris les petits planteurs et les travailleurs, puissent se retrouver.

Il s?est interrogé sur la pertinence de la National Residential Property Tax qui rapportera Rs 60 millions à l?Etat. ?Non seulement cette taxe est injuste, mais elle ne vaut pas le coût non plus?, maintient le leader du MMM.

Il a terminé son discours en demandant au gouvernement d?opter pour une ?réforme à visage humain? en ligne avec ?la réforme enclenchée par l?ancien gouvernement en 2000?.

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