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Bérenger : «croyez en l?avenir»

2 mai 2008, 00:00

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C?est un message d?espoir et de foi en l?avenir que le Mouvement militant mauricien (MMM) a voulu porter en ce 1er mai. Son leader, Paul Bérenger, se voit déjà à l?Hôtel du gouvernement le 1er mai prochain. C?était hier lors de son rassemblement à la rue Edward VII à Rose-Hill.

A plusieurs reprises, Paul Bérenger insiste et lance un appel à l?assistance, surtout «aux pères de familles et aux patriotes», qui n?ont pas le droit de «désespérer et d?être découragés». Le désespoir, selon lui, est un signe de faiblesse.

Le MMM a mis en avant des arguments tant pour démolir l?action gouvernementale que pour vanter les compétences de son équipe à gérer le pays.

Paul Bérenger est convaincu au vu de la foule que «nos partisans qui se sont laissés ?couillonner? par Ramgoolam sont revenus au bercail. Il en est de même pour ceux qui n?étaient pas avec nous et qui étaient avec l?Alliance sociale».

Le ton de Paul Bérenger était davantage à la mobilisation, revigoré, maintenant qu?il croit qu?il y a eu hier eu un «déclic dans tout le pays». Il faillait relever un défi et «ce défi a été relevé». Le maître mot après la mobilisation pour Paul Bérenger est le «déclic».

Dans une conjoncture difficile sur fond de menace de crise alimentaire, d?augmentations de prix, de pénurie, le pays a besoin des «compétences et des personnes d?expérience pour écarter le pays des dangers, pour diminuer les difficultés que vous avez et pour réussir le deuxième miracle économique».

Il demande à la population d?avoir «courage dans l?avenir. Nous connaissons notre pays, son passé, son histoire et sa force. Comme en 1982, le peuple admirable a levé la tête alors le pays était à genoux. Pareil, nous le faisons ici à Rose-Hill aujourd?hui et demain pour les élections générales. Il ne faut pas avoir peur de l?avenir. Le MMM est là».

Rodrigues, qu?il dit avoir été «humiliée et blessée par l?actuel gouvernement» doit aussi croire en son avenir et ne pas se laisser aller au découragement : «Le MMM aime Rodrigues et la main dans la main avec Maurice, nous allons reprendre le chemin de l?avenir.»

Pour convaincre sur son pari pour l?avenir, Paul Bérenger s?est attardé sur le fait que «le pays est vraiment dans ?difé?. C?est le mensonge. Les prix augmentent et il y a des pénuries. Il n?y a qu?à comparer les trois ans de l?Alliance sociale à nos années au pouvoir».

Dans ce contexte, «c?est le dernier 1er mai avec Navin Ramgoolam au gouvernement. Le prochain le 1er mai, nous serons au gouvernement». Il prend quelques engagements qu?il compte réaliser une fois au pouvoir : «Fode ki fonksioner gagne PRB plin plin, fode ki pensione gagne konpansasion salarial, plin plin.» A ces propos, la foule est en délire. Paul Bérenger enchaîne en promettant d?abolir la National Residential Property Tax, de restaurer les avantages aux planteurs, d?abolir les taxes sur les intérêts.

Il fait peur en brandissant le fait qu?avec la gestion de l?Alliance sociale «mangé pa pu ena dan les années à venir». «Le cafouillage» qu?il note entre le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah et celui des Finances, Rama Sithanen, sur l?importation du riz ration, l?irrite.

Cette foi dans l?avenir est encore plus rassurante pour Paul Bérenger car c?est son parti qui «regroupe tous les communautés». Une occasion de rappeler la mouvance dans laquelle le MMM est né : «Nous avons été créés en 1969 après les bagarres communales (?).»

L?intervention de Paul Bérenger a pris fin sur une note d?émotion, car c?était un «moment bien important». Pendant tout le meeting, Paul Bérenger, n?a pas tenu en place. Il ne s?est pas assis une fois. Il s?agissait non seulement pour le MMM de se positionner pour reconquérir le pouvoir mais il fallait aussi présenter Paul Bérenger comme premier-ministrable.

Auparavant, le leader adjoint, Jayen Cutarree, a maintenu que «nous l?aimions ou pas, nous devons réaliser que la seule personne à pouvoir retirer le pays de ses difficultés est Paul Bérenger. Nous allons le faire devenir Premier ministre. C?est notre salut». Rajesh Bhagwan a abordé dans le même sens en soutenant que «seul contre tous, il sera Premier ministre. Paul Bérenger est notre force».

Au début, une phrase de Pradeep Jeeha a amusé l?assistance : «Jati pa ranpli ou ventre. Ou pou mor san manje si ou galop derier jati.»

Enthousiasme et émotions </B>

Rien dans les mains, tout dans le c?ur. Du haut de ses 86 ans, Harrychurn Sandhukiya se hisse sur l?estrade mauve. Tout à l?heure, vêtu de son «langouti», il tendra des fleurs au leader mauve. Il contribuera à faire monter l?émotion qui s?empare de l?assistance juste avant que Paul Bérenger ne prenne la parole. Ce «soldat lalit militant», aura l?impression de tenir sa revanche. Au moment du lâcher de ballons «ki pe al Vacoas» et de confettis. Pour l?heure, il contemple la foule. Cette humanité en sueur. Où se mélangent les odeurs de chaleur et de chair. Où l?on mastique des pains fourrés, des pistaches? Que l?on digère en même temps que l?enfilade de discours. De sorties en règle en règlements de comptes, les orateurs vocifèrent. Dans la foule, les petits groupes se sont organisés. Ravannes, tambours, sifflets. De quoi couvrir les propos de ceux au micro. Alors, l?air affairé, Gérard Cimiotti fait le tour des haut-parleurs. On est plus que conscient d?être filmé. Cassiya, en fond sonore entonne un refrain : «Leve lame lao.» Certains parents n?ont pas été regardants sur l?âge des enfants. Dans les bras, des bébés qui n?ont pas encore dit leur premier mot, portent un ruban sur le front. La jeunesse est venue comme à une fête. Où l?on reluque les filles et l?on prend des photos avec son portable. Avant que des sympathisants ne lancent, à la fin, «anou al get Grégoire aster la».

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