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AZF annonce la suspension de ses actions
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AZF annonce la suspension de ses actions
Le mystérieux groupe AZF a adressé une lettre à l'Elysée et au ministère français de l'Intérieur, où il annonce qu'il suspend, pour des raisons «technologiques et logistiques», ses actions mais souligne qu'il entend bien un jour «obtenir la somme» qui lui est «nécessaire».
«Le ministère de l'Intérieur a reçu ce matin une nouvelle lettre émanant du groupe qui se fait appeler AZF. Cette lettre indique qu'il n'y a plus de bombes en état de fonctionner sur le réseau ferré français», précise un communiqué de la place Beauvau.
«Le groupe suspend son action», ajoute le ministère, mais «l'enquête, bien sûr, se poursuit».
Dans sa lettre, le groupe précise que, «fort de l'expérience acquise ces dernières semaines et désormais conscient de ses faiblesses technologiques, logistiques et autres, AZF suspend son action durant le temps nécessaire pour y remédier».
AZF, qui se présente comme une «entité provisoire» d'une «petite confrérie», souligne qu'aucun de ses membres «ne cultive de grief à l'encontre de quiconque au sein du gouvernement français, ni contre ce dernier en tant que tel».
«Notre véritable objectif est de porter un coup décisif à l'esprit dévoyé qui préside aujourd'hui à la plupart des actions humaines», ajoute la lettre. «Nous pensons que le moyen qui nous a été offert nous le permet et nous irons jusqu'au bout, sinon la Terre s'en chargera elle-même beaucoup plus brutalement.»
AZF affirme qu'à sa réapparition, sa «force de persuasion» reposera «sur une matérialité effective et tangible». «Aucune parole ne sera plus formulée par AZF qui ne repose sur la stricte réalité», souligne-t-il.
«Lorsque nous le demanderons, payez donc sans façons et n'en parlons plus, sinon la France surpassera sans gloire les tristes records espagnols», avertit le groupe, allusion probable aux derniers attentats de Madrid, qui ont fait 190 morts.
«Comprenez bien que nous n'entendons nullement renoncer à obtenir la somme qui nous est nécessaire», affirme AZF.
La découverte d'un nouvel engin explosif mercredi sur la voie ferrée Paris-Bâle près de Troyes, dans l'Aube, avait fait ressurgir la piste de ce groupe à quelques jours du second tour des élections régionales.
Le gouvernement a dit attendre le résultat des expertises pour savoir si l'on retrouvait la «signature» d'AZF.
DEMANDE DE RANÇON
Claude Guéant, directeur de cabinet du ministre, a jugé difficile d'authentifier dans l'immédiat la signature de l'engin explosif en raison de «similitudes» et de «différences» avec les méthodes des maîtres chanteurs.
Il a cité parmi les similitudes la présence d'un mélange de nitrate et de fioul pour l'explosif et l'usage du même type de détonateur.
En revanche, l'engin de mercredi n'était pas complètement enterré sous le ballast, comme l'était celui retrouvé le 21 février près de Limoges, et le système de minuterie n'avait pas la même sophistication, a souligné Claude Guéant.
Une bombe d'AZF avait été retrouvée sur les indications du groupe le 21 février près de Limoges.
Mercredi à Montieramey, près de Troyes, les démineurs «ont constaté en première analyse la présence d'une boîte en plastique translucide de 20 centimètres par 20 centimètres», a précisé le ministère de l'Intérieur.
Cette boîte contenait du «nitrate fioul, une pile plate reliée à six détonateurs pyrotechniques et un détonateur transformé en inflammateur», a-t-il ajouté. «Il y avait aussi une minuterie domestique. Un fil était désolidarisé».
Ce dernier point laisse penser que l'engin a pu être volontairement désamorcé ou alors qu'il était tout simplement défaillant.
Pour prouver sa détermination, AZF avait indiqué le 21 février aux autorités l'emplacement d'un engin explosif très perfectionné enfoui sous le ballast près de Limoges.
Depuis, au moins deux tentatives de remise de rançon par hélicoptère ont échoué et le groupe a augmenté ses exigences financières. AZF réclamait récemment quatre millions de dollars et deux millions d'euros.
Jusqu'à la fin de la semaine dernière, les autorités françaises n'avaient plus eu de contacts avec le mystérieux groupe, dont la traque mobilise plus de 600 hommes. Elles n'ont pas révélé si le groupe s'était manifesté avant la lettre reçue jeudi matin.
Les enquêteurs estiment que le groupe comprend au moins une femme, qui leur a téléphoné à plusieurs reprises, et probablement un ancien militaire ou spécialiste en explosifs et en contre-filatures.
Ils penchent pour des mobiles crapuleux, sous couvert de revendications très floues, mêlant argumentation altermondialiste et vocabulaire parfois proche de celui de l'extrême droite.
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