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Aubeeluck : ?Je n?ai jamais parlé de suicide?

24 juillet 2003, 20:00

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La poursuite objecte à libération conditionnelle du violeur de Sandra. Celui-ci serait une menace pour sa femme et son enfant.

Ravi Aubeeluck, accusé provisoirement du viol de Sandra O?Reilly dans la nuit du 16 au 17 juillet 2002 à Belle-Rive, n?a jamais pensé à se suicider. Telle est la déclaration qu?il a faite hier devant le tribunal de Moka lors des débats sur la motion de sa remise en liberté conditionnelle. La magistrate fera connaître sa décision sur cette motion le 31 juillet 2003.

Par ailleurs, Vikash Munkoo, accusé provisoirement de complicité dans l?affaire, a été relâché hier après-mdi après avoir fourni une caution de Rs 20 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 30 000. Il devra se présenter chaque samedi, entre 9 et midi, au poste de police le plus proche de sa résidence. La police n?a pas objecté à la motion présentée par Ashley Huranghee, avocat de Munkoo.

En attendant, Ravi Aubeeluck, défendu par Me Yatin Varma, a démenti avoir confié à Sudesh Suttun, témoin vedette de l?accusation, qu?il allait ?boire ène dose poison, mo pou touye mo femme et mo zenfant? s?il le dénonçait à la police.

Me Jean Michel Ha Sen, State Counsel a objecté à la motion présentée par Me Varma. L?inspecteur Dhanraj Goolaub, chef enquêteur dans l?affaire, a évoqué deux raisons pour soutenir l?objection de l?accusation. Il a d?abord évoqué la sécurité du suspect et l?appréhension de la police qu?Aubeeluck se sauve s?il est remis en liberté provisoire.

Selon la version de la police, dans la nuit du 16 au 17 juillet 2002, vers 3 heures, Sandra O?Reilly se trouve seule à La Vigie. Elle aperçoit une voiture qui se dirige vers Curepipe. Elle l?arrête. Cinq hommes en descendent. Elle demande au chauffeur de la déposer au poste de Curepipe.

Trois des cinq occupants restent à La Vigie. Ravi Aubeeluck prend le volant. Il est accompagné de Vikram Jagai. Sandra s?assied à l?arrière. La voiture poursuit sa route vers Quar-tier-Militaire et s?immobilise près d?un champ de cannes, à Dubreuil. Là, les deux amis violent Sandra.

L?inspecteur Goolaub révèle que durant l?enquête, Ravi Aubeeluck a déclaré que si son ami Suttun ?ti pou ouvert la bouche avec la police, li ek madame ti pou suicidé?. Il a aussi déclaré que ?li ti pou touye so madame ek so zenfant?.

Vers 3 heures, le 28 juin 2003, la police effectue un raid chez Ravi Aubeeluck, qui réussit à s?enfuir. Le 30 juin, le fugitif se constitue prisonnier au poste de Quartier-Militaire. Parmi les cinq occupants de la voiture, deux sont accusés de viol et trois de complicité.

Le témoin a été ensuite contre-interrogé par Me Varma. L?inspec-teur Goolaub a admis que le délit de viol est ?bailable? selon le Bail Act.

Me Varma : C?est lors de son interrogatoire que Suttun a dit que Aubee-luck allait se suicider s?il le dénonçait ?

R : Oui.

Q : Quand Suttun a-t-il déposé ?

R : Je ne me souviens pas. ll a donné plusieurs dépositions.

Q : Après ou avant le 28 juin ?

R : Après le 28 juin.

Q : Avez-vous confronté Aubeeluck à la version donnée de Suttun ?

R : Non.

Q : Avez-vous demandé à Aubee-luck s?il voulait se suicider ?

R : Non.

Q : Vous n?avez pas trouvé cet aspect important pour votre enquête ?

R : Non.

Q : Mais aujourd?hui vous invoquez cet aspect de sécurité pour objecter à la motion du suspect.

R : Oui. Parce que Suttun ne l?a pas dénoncé à la police.

Q : Pour la police, il n?était pas essentiel de confronter Aubeeluck à la déposition de Suttun ?

R : Non.

Q : Aubeeluck a-t-il tenté de se suicider dans sa cellule ?

R : Non.

Q : Pourtant la police évoque la sécurité pour objecter à sa remise en liberté provisoire ?

R : Il sera un danger pour sa femme et son enfant s?il est relâché sous caution.

Q : La police a-t-elle des preuves pour soutenir qu?Aubeeluck est une menace pour sa femme et son enfant ?

R : Non. Seulement la déposition de Suttun.

Q : Entre le 28 et le 30 juin 2003, Aubeeluck a-t-il attenté à leur vie ?

R : Non.

Q : La police a-t-elle pris la déposition de Mme Aubeeluck ?

R : Non.

Q : Avez-vous vu Aubeeluck s?enfuir ?

R : Oui. Lorsque des policiers ont perquisitionné sa maison le 28 juin. L?inspecteur Goolaub a indiqué qu?Au-beeluck a un casier judiciaire et une résidence fixe à Montagne-Blanche.

La cour a ensuite entendu Sudesh Suttun, interpellé le 28 juin.

Me Ha Sen : Dans votre déposition, vous avez dit qu?Aubeeluck voulait se suicider si vous le dénonciez ?

R : Sachin (Ravi) dire moi si mo fer la police conné, li pou boire ène dose poison, li so femme ek son zenfant. A cause sa, mo pas fine alle la police.

Q : Eski ou rappelle kan li fine dire ou ça ?

R : Quand li ti trouve sa dans zournal, li ti vine guette moi cote moi.

Me Varma : Oune dire sa la police ?

R : Oui.

Q : Quand ?

R : Quand j?ai fait ma déposition.

Q : Le 28 juin 2003 ?

R : Oui.

Q : Il vous a dit que si vous informez la police il allait se suicider ?

R : A cause sa même mo pas fine informe la police.

Q : Avez-vous des doutes qu?il allait se suicider ?

R : Non

Q : Eski ou trouve li capave commettre suicide ?

R : Non.

Q : Eski li ti aine menace pour so madame ek so zenfant ?

R : Non.

Q : Zamais li pas fine cause sa causé la ave ou encore ?

R : Zamais. Mo dire li si la police trappe nous, mo pou dire toute la vérité.

Me Varma appelle l?épouse de Ravi Aubeeluck à la barre. Tina Devi Aubeeluck dit être mariée à Ravi depuis trois ans, avoir un enfant de cette union et en attendre un autre. Elle dit vivre en parfaite harmonie avec son mari.

Q : Savez-vous que votre mari est impliqué dans une affaire de viol ?

R : Oui.

Q : Quand l?avez-vous su ?

R : Quand la police est venue perquisitionner le samedi 28 juin.

Q : Entre le 28 et le 30 juin, quelle a été la réaction de votre mari ?

R : Il était normal. Li ti cause bien.

Q : Est-ce ki ou missié fine menace pou touye ou ek ou zenfant ?

R : Non. Li ti normal.

Q : A-t-il essayé de se suicider ?

R : Non. Li bien content nou.

Répondant à Me Ha Sen, Tina Devi Aubeeluck déclare ne pas être au courant du viol de Sandra entre juillet 2002 et le 28 juin 2003.

Q : Durant cette période, vous n?avez rien remarqué d?anormal chez votre mari ?

R : Li ti pé agir normalement. Li pas ti pertubé.

Le suspect a ensuite répondu aux questions de son avocat. Il dit accepter les conditions imposées par la cour pour sa remise en liberté conditionnelle. Répondant à Me Ha Sen, il déclare avoir, après le viol de Sandra, rencontré normalement ses amis tous les jours. Il affirme avoir entière confiance en Suttun mais précise ne lui avoir jamais confié qu?il se suiciderait s?il le dénonçait à la police : ?Zamais mo fine dire sa.?

Q : Eski ou ti au courant ki Sandra ti rapporte sa case la police ?

R : Mo fine trouve sa dans télévision

Q : Ki ti ou réaction ?

R : Mo ti peur.

Dans sa plaidoirie, Me Varma a argué que, sous le Bail Act, un suspect peut être libéré sous caution pour le délit de viol. Il a donc demandé à la magistrate d?agréer à sa requête. Me Ha Sen, lui, a soutenu que la motion devait être rejetée pour la protection de la société, de l?enfant et de la femme du suspect. Décision sera rendue le 31 juillet.

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