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Au sommet du Morne?

28 janvier 2007, 00:00

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Fouler le sommet de la montagne du Morne. L?occasion n?est pas donnée à tout le monde. L?émotion gagne les quelques visiteurs triés sur le volet pour assister à un dépôt de gerbe à son sommet.

Cette visite, trois jours après la soumission du dossier d?inscription du Morne à l?Unesco, a été voulue par le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Ce dernier, qui ne sera pas à Maurice à l?occasion de la Journée de l?abolition de l?esclavage célébrée le 1er Février (NdlR : Il sera en Inde à l?invitation de Sonia Gandhi, présidente du Parti du Congrès indien), a tenu à rendre hommage aux « esclaves marrons ».

Rendez-vous est donné sur le terrain de foot de la localité, au pied de la montagne du Morne. Trois hélicoptères de la police, mobilisés pour l?occasion, attendent leurs passagers. Les dernières consignes de sécurité sont dispensées à la vingtaine de privilégiés choisis pour gagner le sommet de la montagne où les rejoindra, peu après, le Premier ministre.

L?émotion est palpable. « C?est une visite chargée d?émotion que nous allons entreprendre aujourd?hui », laisse entendre Stéphanie Anquetil, présidente du Morne Heritage Trust sous le regard de l?ancien ministre de la Pêche et leader des Verts Fraternels, Sylvio Michel. Celui-ci a répondu à l?invitation du Premier ministre.

Le ballet des hélicoptères débute aussitôt. Après avoir embarqué leurs passagers, ces drôles d?oiseaux décrivent lentement des cercles dans le ciel avant de disparaître derrière la montagne mythique. Tout en haut, quelques nuages en frôlent le sommet.

Au moment de mettre pied à terre, plus d?un confieront plus tard s?être remémoré la célèbre phrase de Neil Armstrong lorsqu?il fit le premier pas sur la lune. « Je sais que cela peut paraître un peu stupide, mais cette phrase m?a traversé l?esprit quand je suis descendu de l?hélicoptère. C?était une impression bizarre, comme si je faisais partie de l?Histoire », confie, à demi-mot, l?un de ceux qui ont eu la chance de fouler le sommet de cette montagne.

Outre l?émotion suscitée par ce « pèlerinage », tous n?ont, en revanche, pas manqué d?évoquer la vue « époustouflante » sur le lagon et le village du Morne.

De retour une heure plus tard sur le plancher des vaches, ces visiteurs d?un jour parlent de cette « euphorie » d?avoir été les premiers à pouvoir toucher ce qui pourrait bientôt figurer sur la liste du patrimoine mondial. Tous se sont peu après rendus à Trou-Chenille où un nouveau dépôt de gerbe a eu lieu.

<B>« Un oasis de paix au milieu d?un océan de souffrance »

C?est avec une pointe d?émotion que Navin Ramgoolam évoque cet « héritage » qui a été pour de nombreux esclaves l?« oasis de paix au milieu d?un océan de souffrance ». Il rappelle le devoir qu?a Maurice de protéger ce « symbole de la lutte contre l?oppression » qui est devenu aujourd?hui l?« âme de la nation ». Le chef du gouvernement a, par ailleurs, tenu à souligner, une fois de plus, qu?aucun développementne sera autorisé dans la core zone.

« Nous avons soumis à l?Unesco un dossier solide. L?inscription de la montagne du Morne au patrimoine mondial rendra justice à cette partie de notre histoire », a déclaré Navin Ramgoolam, visiblement satisfait de l?avancement du dossier.

La présidente du Morne Heritage Trust a, pour sa part, annoncé que le Management Plan du Morne sera rendu public le 1er février. « Nous nous attendons à des critiques constructives, mais également à des propositions », a déclaré Stéphanie Anquetil.

En attendant de figurer sur la liste du patrimoine mondial, la montagne du Morne et son équipe continuent leur travail pour faire reconnaître ce symbole d?une des tristes pages de notre histoire sur le plan international.

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