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Au nom du frère
Christophe Lincoln suit son frère aîné Yannick comme son ombre. Un second rôle qu?il a hérité alors qu?il était encore cadet. ?Tu restes avec ton frère,? lui commandait Bertrand Carabin, son entraîneur. Cela a toujours été le mot d?ordre. Christophe, 20 ans, est resté fidèle à son poste lors de ce 24e tour de l?île.
?Si jamais Yannick a une panne ou qu?il tombe, il faut que je sois là?, explique-t-il. En somme, Christophe est le bras droit de Yannick. ?Je suis son coéquipier physique et moral. Pendant les courses, j?ai pour mission de trouver les mots justes pour lui donner le moral?, explique-t-il.
C?est ce qu?a fait le coureur tout au long du Tour, particulièrement lors des deux dernières étapes, en montagne et sur le circuit de 65 km.
Samedi, alors que Yannick avait pris la poudre d?escampette et que sa longue échappée commençait à lui peser dans les jambes, Christophe était revenu le soutenir. Évitant ainsi de le laisser aux mains des Réunionnais, Lebeau et Cadet, d?autant plus que Richard Baret revenait à une minute. Quand la chaîne de Yannick sauta, Christophe était encore là pour l?aider. Et, enfin, quand les crampes ont frappé son frangin lors de la dernière partie de l?étape, Christophe a volé à son secours.
?J?aimerai être premier un jour?
Hier, lors de l?ultime étape, Christophe a encore bossé comme un fou. ?Aujourd?hui, je n?ai pas couru pour défendre ma deuxième place ou pour garder le maillot blanc mais pour protéger Yannick et son maillot jaune. Ce n?est qu?au dernier tour que j?ai commencé à penser à moi?, avoue-t-il.
De gros sacrifices qui ont surtout créé une véritable complicité entre les deux frères, que ce soit pendant la compétition, à l?entraînement ou dans la vie. ?On est très proche tous les deux?, dit-il.
Ce loyal coéquipier et très dévoué frangin n?est pas pour autant dépourvu d?ambitions. ?Bien sûr que j?aimerai être premier un jour?, avoue-t-il et de renchérir aussitôt : ?tant que Yannick Lincoln sera plus fort que moi, je lui serai fidèle?.
De terminer deuxième au général avec le maillot blanc sur le dos n?est pas si mal pour un troisième tour de l?île. ?Je suis ravi de ce résultat surtout qu?il n?était pas ?voulu?. Yannick, comme moi, nous avons su provoquer la chance?, lance-t-il en attendant son heure de gloire?
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