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Au c?ur du mécanisme

14 octobre 2006, 20:00

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Le vol de véhicules, hélas, se porte bien, de même que le recel de pièces détachées. Et c?est un phénomène qui va crescendo, notamment depuis l?introduction du constat à l?amiable. Certains « petits malins » y ont immédiatement vu la possibilité de mettre en place des stratagèmes pour se faire de l?argent sur le dos des compagnies d?assurances.

Très actifs et discrets, ces réseaux sont plus actifs qu?on ne le pense. Et leur cible de prédilection demeure les voitures japonaises, très répandues à Maurice. Ces malfrats d?un nouveau genre volent les véhicules de leur choix avant de les abandonner dans un endroit isolé? après y avoir prélevé toutes les pièces : moteur, phares, roues, pare-brise, etc.

Et cela n?arrive malheureusement pas qu?aux autres. La dernière victime en date, le propriétaire d?une Land Rover Freelander, a eu la désagréable surprise de retrouver sa voiture deux jours après, entièrement désassemblée. Les voleurs avaient même pris le soin d?emporter les portières. À n?en point douter, les pièces subtilisées se retrouvent très rapidement sur le marché local.

Il ne faut pas se leurrer. Comme tout marché économique, ce trafic repose avant tout sur le principe de l?offre et de la demande. Ces pièces de rechange d?occasion, dont les numéros de série ? qui permettent de retracer leur origine ? ont été soigneusement effacés, sont vendues à des particuliers et à certains garagistes peu scrupuleux à des prix défiant toute concurrence. Ces derniers installent ensuite ces pièces « cabris » ? comprenez par-là volées ? en faisant croire qu?elles ont été obtenues de manière tout à fait légale.

Des pratiques mafieuses

Ces procédés, que l?on apparente à des pratiques mafieuses, sont rendus possibles grâce à des complicités tant au sein de certaines compagnies d?assurances qu?à l?intérieur de la National Transport Authority (NTA). Des policiers seraient également partie prenante de ce trafic qui ne cesse d?étendre ses ramifications. Ainsi, un cadre d?une compagnie d?assurances confie : « La fraude a toujours existé à ce niveau, mais nous assistons à une explosion ces derniers temps. Les autorités sont au courant de la situation, mais rien ne peut être fait. Ces gangs bénéficient même d?une certaine protection politique. »

Et d?ajouter que certaines compagnies qui ont pignon sur rue ont réclamé une présence policière dans leurs locaux, après des menaces de mort qui auraient été proférées contre des employés. Ces derniers s?étaient, en effet, rendu compte des irrégularités commises par certains assurés. « Il s?agit d?un groupe très bien organisé qui trempe également dans le trafic de drogue », poursuit ce même cadre.

Une chose est sûre, les voleurs rivalisent d?imagination et d?ingéniosité pour arriver à leurs fins. Nous vous proposons un panel des pratiques douteuses qui ont cours actuellement.

Des véhicules « clonés »

« Certains de ces malfrats s?en prennent aux véhicules qui ont une grande ressemblance », explique un haut cadre de la police. Le plan est simple : au départ acquérir quatre à cinq voitures peu onéreuses, de la gamme Nissan B15, par exemple, et qui sont toutes de la même couleur et portent les mêmes signes facilement identifiables. De ces quatre à cinq voitures, seules une ou deux plaques d?immatriculation sont enregistrées auprès de la NTA. Ces plaques sont ensuite montées sur les voitures quand les « trafiquants » décident d?en faire usage.

Avec l?aide de plusieurs acolytes, et utilisant une des voitures « clonées », les malfrats provoquent un accident. L?idée est de monter par la suite des pièces très endommagées : capots, portières, etc. sur la voiture accidentée pour saler la note grâce à un constat effectué par un officier de police? qui se trouve être également un complice.

Le devis est ensuite présenté à la compagnie d?assurances, qui rembourse la somme des dommages subits, équivalant souvent au montant même de la voiture en cas de total loss. Si le montant déboursé est d?environ Rs 150 000 par voiture, dans un carambolage impliquant quatre véhicules, c?est au total Rs 600 000, dépendant des compagnies d?assurances, qu?empoche le gang. Il suffit alors de remonter des pièces en bon état sur la voiture accidentée, avant de recommencer à nouveau avec un autre véhicule, qui portera la deuxième plaque d?immatriculation enregistrée au nom d?une autre personne.

Cette pratique, qui a débuté avec des véhicules bas de gamme, prend de l?ampleur selon certaines compagnies d?assurances. Alors que les véhicules susmentionnés étaient souvent impliqués dans ce genre d?« accident », on assiste aujourd?hui au même phénomène avec des voitures plus récentes, voire même des Mercedes, BMW ou autres berlines haut de gamme.

Ce type de subterfuge, laisse entendre un enquêteur proche du dossier, est le fait d?un groupe connu des milieux et que certains cadres des compagnies d?assurances n?hésitent pas à qualifier de « mafia bénéficiant de protection des politiques ».

En chiffres

4 800

D?après les derniers chiffres de la National Transport Authority (NTA), jusqu?à fin novembre, 4 800 immatriculations de véhicules reconditioned ont été enregistrées, contre 5 000 neufs pour l?année 2004. C?est la première fois en trois ans que les ventes de voitures neuves détrônent celles des voitures reconditioned.

4 ans

Les fournisseurs n?ont plus le droit d?importer des véhicules de moins de 18 mois ni de plus de quatre ans. Depuis l?année dernière, la législation pour l?importation de voitures reconditioned a été revue, alors qu?auparavant les voitures de plus de quatre ans représentaient 25 % des clients des concessionnaires.

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