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Au CEB, on profite des cyclones pour se faire du fric
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Au CEB, on profite des cyclones pour se faire du fric
Un lecteur de l?express, signant mystérieusement A. Bonnay, accuse des employés du CEB de recourir au marchandage et au mercantilisme le plus antipatriotique qui soit. Il commence par faire part de rumeurs concernant des employés de ce corps parapublic. Elles allèguent qu?au lendemain du passage du cyclone Claudette, des employés menacent la direction de recourir à un go-slow si elle n?accepte pas un arrangement post-cyclonique. Prenant en considération le manque à gagner causé par une distribution réduite de l?énergie électrique, celle-ci cède, estimant pouvoir récupérer sur la reprise accélérée de la consommation ce qu?elle devra céder en heures supplémentaires princièrement rémunérées et autres extras. L?arrangement se fait sur la base suivante : (1) Une fois et demie le salaire pour les heures régulières et le double du salaire pour les heures supplémentaires, pour les jours de semaine ; (2) double salaire pour les heures régulières et triple salaire pour les heures supplémentaires, les samedis ; (3) triple salaire pour les heures normales les dimanches et les jours fériés ; (4) prime additionnelle si tout le travail de reconnexion est terminé avant le 15 février 1980. Ces rumeurs allèguent aussi que le budget salarial du seul mois de janvier 1980 s?est élevé à Rs 20 millions au lieu des Rs 2,3 millions prévues normalement. Elles font état d?un travailleur ayant à lui seul empoché la somme de Rs 20 000.
Si ces rumeurs s?avèrent, estime A. Bonnay, cela voudrait dire qu?au moment où des patriotes naïfs utilisent leur temps libre pour accélérer bénévolement le nettoyage post-cyclonique autour d?eux, au CEB certains n?hésitent pas à exploiter en leur faveur une catastrophe nationale, à l?encontre des meilleures traditions mauriciennes, commandant à tous de serrer les rangs et de jouer à fond la souveraineté nationale. Il estime qu?il s?agit d?une aberration sans précédent à portée incalculable. Que se passerait-il si, demain, policiers, pompiers, médecins et infirmiers, exploitaient émeutes, incendies ou épidémies, respectivement, pour négocier une rémunération accrue avant de porter assistance et secours aux personnes en danger ? Seuls des mercantis et des maîtres-chanteurs jubilent à l?arrivée du malheur d?autrui parce qu?ils le savent plus vulnérable et davantage à leur merci. Si tous les secteurs professionnels agissaient de même, ce serait bien vite l?anarchie et la faillite économique nationale. La rentabilité d?une entreprise, fut-elle le CEB, se construit sur le long terme et non pas sur une courte période de quelques semaines.
Aux employés du CEB de prouver qu?ils ne comptent pas des mercantis et des maîtres-chanteurs dans leurs rangs.
Kher Jagatsingh va aussi de son appel à la conscience professionnelle. S?adressant aux maîtres d?école, réunis à l?Ecole normale à Beau-Bassin, il leur dit : ?Vous êtes les administrateurs de votre école. A ce titre, vous devez mettre en pratique la politique scolaire du gouvernement en place. La discipline y doit régner. Votre autorité ne doit pas s?éroder mais s?affermir. Les parents doivent être satisfaits de l?éducation que leurs enfants reçoivent?. Il leur présente un document leur rappelant leurs devoirs et responsabilités ainsi que ceux de leurs instituteurs. Il les met en garde contre les ingérences syndicales visant à affaiblir leur autorité. Il ne leur demande pas de l?apprécier ni même le gouvernement en place mais, en tant que fonctionnaires, ils sont légalement tenus de mettre en pratique la politique scolaire du gouvernement du jour. Un instituteur ne peut s?abriter derrière une consigne syndicale pour refuser d?obéir à son maître d?école. Aucun délégué syndical ne peut circuler librement dans une école pendant les heures de classe. Il est aussi question de conflits d?intérêts du côté des liaisons aériennes. Il s?agit de mieux rentabiliser le Boeing 707 d?Air Mauritius, plus ou moins déficitaire sur la ligne Maurice ? Londres. La solution pourrait venir du côté de l?Afrique du Sud où l?offre de places d?avion disponibles ne satisfait pas la demande. De plus, la distance Maurice ? Londres est de près de 10 000 km contre 3 000 km entre Maurice et Jo?Burg.. Le coût du billet est de Rs 7 403 contre Rs 4 577 pour se rendre en Afrique du Sud. Cette dernière destination n?exige aucun changement d?équipage contre trois sur la ligne Plaisance ? Heathrow.
Cette option sud-africaine va-t-elle dans le sens de l?autogénération des ressources monétaires que préconise Philippe Boullé, dissertant sur la politique monétaire et financière à suivre. Dépendre le moins possible de l?extérieur, créer son propre capital de développement, équilibrer les dépenses productives et les nonproductives, les dépenses économiques et sociales, favoriser l?épargne des entreprises, se défaire rapidement des canards boiteux, abaisser une pression fiscale de 40% du PIB, contre 29,4% en Grande-Bretagne, détaxer certains intérêts, prêter en priorité aux secteurs productifs, voilà quelques conseils qu?il donne généreusement à qui veut l?écouter.
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