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Atma Bumma prend les rênes de la production locale

10 janvier 2004, 20:00

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<B>> Comment s?est passée cette première semaine dans vos nouvelles fonctions ?</B>

  • J?ai déjà travaillé avec la plupart des réalisateurs. Toutefois, il y a une période de transition pour tout le monde. Nous avons eu des rencontres afin de faire un état des lieux.

<B>> Quel constat, justement, faites-vous des productions locales qui se trouvent dans la grille de programmes ? </B>

Je ne porte pas de jugement de valeur sur les programmes en cours. Je souhaite garder ce qu?il y a tout en proposant des produits qui satisferaient les Mauriciens. La télévision nationale doit être une télévision de proximité où les gens se retrouvent. Tout le monde doit se reconnaître. Je ne vais pas essayer de faire cette télévision de proximité mais je veux la faire. Je regarde les choses en face. Si on essaye seulement, on ne se retrouvera qu?avec des pilotes. Je suis confiant. La MBC l?est aussi. Il y a un gros travail à faire. J?ai dit à l?ensemble de l?équipe que, dans quelques semaines, il faudra que les efforts commencent à se voir.

<B>> Depuis longtemps, la MBC avait promis l?arrivée de nouvelles productions locales. En dehors des promesses, nous n?avons pas vu grand-chose?</B>

  • Nous nous y attelons. Il y aura à la fois la quantité et la qualité. Je pense qu?il y a un espace à combler. D?ailleurs, qu?est-ce qui différencie la MBC d?une autre chaîne? C?est la production locale. On peut très bien remplir les différentes chaînes de télévision de la MBC avec des programmes qu?on achète et que l?on reçoit. Cependant, nous voulons remplir des espaces avec des choses dans lesquelles se trouveraient les Mauriciens. On va le faire. Les compétences existent déjà. La MBC l?a maintes fois montré. J?attends de ceux qui ont donné du travail de qualité de manière ponctuel qu?ils le montrent, désormais, dans chacune de leurs productions.

<B>> La MBC compte-t-elle s?ouvrir davantage à des présentateurs et des émissions produites localement mais pas par ses employés? </B>

  • D?ailleurs, j?appelle les Mauriciens et Mauriciennes, intéressés, à présenter et concevoir des émissions à venir de l?avant. On ne va pas accepter n?importe quoi. Il faut être des professionnels de la télévision et proposer des produits en ligne avec ce que prône la MBC. On va aller vers une banque de présentateurs et de présentatrices. On espère trouver les compétences. Elles existent à Maurice. Que ceux qui les ont, se manifestent.

<B>> Vous prenez vos fonctions à un moment où on parle de plus en plus de libéralisation de télévision numérique privée. Au niveau de la production locale, qu?est-ce qui devra être fait ? </B>

  • Je n?ai aucune crainte concernant la libéralisation des ondes. Je pense que c?est tout à fait souhaitable. On pensait que la radio publique aller s?effondrer mais elle s?en est bien sortie. Pour la télévision, j?ai été responsable de la programmation et je rappelle que nous sommes tenus de diffuser en treize langues. On touche toutes les sensibilités de Maurice. Je pense que la MBC n?a rien à craindre si la télévision privée a le même cahier des charges que nous. Les gens se rendront alors compte que la télévision coûte très chère.

La télévision privée viendra créer une dynamique dans le secteur. Ce qui est souhaitable. En ce qui concerne le numérique, il y a eu des expériences dans des pays où il y a eu des réussites et des échecs. Il faut savoir où on va. On n?arrête pas de dire que la télévision publique a trois chaînes hertziennes. Il ne faut pas oublier qu?il en existe cinq. Pourquoi ne pas les rendre plus accessibles en libéralisant les deux chaînes qui se trouvent entre les mains du privé ? On pourrait en faire des chaînes gratuites. Il y a une vraie réflexion à faire et je suis sûr que ceux concernés l?ont déjà fait.

<B>> Quel est l?impact de la télévision dans un pays comme Maurice ? </B>

  • Dans un pays comme Maurice, la télévision peut jouer un rôle de moteur culturel et social. On l?a fait dans le passé. On le fait maintenant et on continuera à le faire. La télévision a une responsabilité envers la société mauricienne. C?est un très bon outil pour encourager la ferveur nationale.

<B>> Le téléspectateur mauricien est à la fois très exigeant et très critique. Comment essayer de le satisfaire au mieux ? </B>

  • Il faut déjà se rendre à l?évidence que la télévision mauricienne n?a pas les moyens de faire des émissions comme Thalassa ou encore Envoyé Spécial. Il faut savoir qu?une émission comme Envoyé Spécial coûte quinze millions de roupies annuellement pour un budget global de trente millions de roupies. On travaille avec les moyens que l?on a. Nous allons proposer un produit de meilleure qualité mais il ne faut pas s?attendre à avoir une émission comme Envoyé Spécial.

<B>> Que se passe-t-il pour la production à Rodrigues ? </B>

  • Nous allons trouver la formule qui correspond le mieux à Rodrigues. Elle devra être à la fois sociale, culturelle et politique.

<B>> Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez ? </B>

  • Il y a la Fête de la Musique. Je souhaiterais qu?on la fasse en octobre. C?est la France qui a décrété le 21 juin, Fête de la Musique. C?est parce que ce pays est alors au début de l?été. Mais nous nous sommes en plein hiver ! La MBC est partie prenante de la Fête de la Musique. On va essayer de voir comment faire pour que cette fête se tienne en octobre, soit au début de l?été mauricien. On pourra ainsi lancer les tubes de l?été. On va faire une sorte de concours.

Par ailleurs, j?aimerais que l?on raconte la grande histoire de la route des immigrants tout comme cela a été fait pour les esclaves. C?est une grosse entreprise. Je vais chercher l?aide de l?équipe de Thalassa et du National Film Development Corporation en Inde ainsi que de certaines institutions locales. En ce qui concerne le début d?année, le 31 décembre, Maurice est le seul pays où la capitale est déserte. Cette année, on essayera de changer les choses.

Et, bien sûr, je voudrais que les émissions mensuelles comme Couleur Marine soient hebdomadaires. Je suis plus partant pour une série de treize émissions réparties sur treize semaines sur treize mois. Ainsi, on peut créer la fidélisation. J?ai aussi fait des propositions pour une meilleure valorisation du créneau production locale.

Interview réalisée par Audrey KELLY

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