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Athènes en frissonne déjà
Alors que d’ultimes détails restent à peaufiner, les instances olympiques ont pu se féliciter du travail accompli et du pari en passe d’être gagné par les Hellènes, là où il y a peu, leur était promis un fiasco retentissant. Reste désormais à espérer la réussite d’une compétition placée plus que jamais sous haute sécurité !
Derniers coups de pinceaux, ultimes tours de vis et dernières tentatives de donner une touche de vert à des sites flambant neufs, Athènes touche au but. Quatre ans après que le rideau olympique est tombé sur Sydney, la capitale grecque s’apprête à lever le voile sur son chef-d’œuvre. L’accomplissement d’un pari colossal que toute la Grèce guettait depuis des mois, faisant fi des sceptiques qui doutaient de la capacité du pays.
Ce vendredi, à 23 h 45 (heure de Maurice), la cérémonie d’ouverture marquera le retour de la patrie hellène dans le cercle fermé et prisé des capitales olympiques. Surtout, cette Olympiade marquera le retour des Jeux dans le Berceau de l’olympisme, 2 780 ans après leur naissance à Olympie et 108 après leur résurrection à Athènes.
Si c’est à l’aune des futures deux semaines de compétition que se scellera le bilan de l’organisation grecque, les instances olympiques, Jacques Rogge, président du CIO en tête, n’ont pu que se féliciter des premières impressions laissées par les sites et infrastructures visités.
Des 37 installations et sites sortis de terre aux multiples équipements construits, le président Rogge a fait l’éloge, qualifiant au passage le village olympique, lieu de vie des délégations et passage obligé pour la réussite d’une Olympiade, de “fantastique”. Edifiant quand on sait que le boss du CIO avait émis les pires doutes sur le respect des délais impartis au comité d’organisation. Comme un symbole, Jacques Rogge a dormi hier au sein même du village.
Des JO ultra-sécuritaires
Bien sûr, en réussissant en quatre ans ce que les capitales olympiques réussissent en sept, Athènes ne peut éviter certains cache-misères. À l’image de cette route de marathon à l’asphalte provisoire qui, dès la fin des épreuves, sera détruite pour devenir réglementaire ou encore de ces tramways prévus à propulsion électrique mais qui, faute de caténaires, ont été remplacés par des motrices diesel. Même les chambres d’hôtels manquent encore dans le centre-ville puisque certains des immenses paquebots-dortoirs pour loger les milliers de touristes manquent encore à l’appel.
Pourtant, la population athénienne a fini par s’enthousiasmer pour ce rendez-vous historique. Au point qu’un sondage évalue à 87 % les opinions favorables quant au nouveau visage d’Athènes. Et la cadence infernale (50 000 par jour) à laquelle s’écoulent – enfin ! – les billets ne constitue qu’un indice supplémentaire de cet engouement sur le tard. Plutôt bienvenu d’ailleurs. Il sera sans doute bien temps après la fête pour les Grecs de prendre la pleine mesure de l’explosion programmée des coûts avec une facture dépassant d’ores et déjà de 40 % l’objectif initial.
Mais avec 10 000 athlètes à accueillir et surtout à préserver de toute menace terroriste durant deux semaines, Athènes marquera surtout l’entrée de l’olympisme dans une spirale ultra-sécuritaire. Dans ce contexte international menaçant, pas moins d’un milliard d’euros aura été déboursé pour assurer l’intégrité physique d’athlètes chaperonnés et surveillés par 100 000 militaires placés en état d’alerte maximal sous l’égide de l’OTAN.
Des mesures extrêmes pour des Jeux de retour aux sources de l’olympisme mais plus que jamais ancrés dans la réalité…
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