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Astérix aux jeux olympiques
Propos d?une spectatrice parodiant le célèbre «veni, vidi, vici» de Jules César : «On est venu, on a vu, on n?aurait pas dû? ». La déclaration d?un budget colossal de 78 millions d?euros alloué à Astérix aux Jeux olympiques, annonçait une ambition de superproduction hollywoodienne pour ce film européen réalisé par Thomas Langmann. Comme pour les sorties d?une superproduction hollywoodienne, nous avons donc eu droit un an durant, aux photos, entretiens, making of, bandes- annonces, etc. Pour nous dire que nous allions voir ce que nous allions voir et que le grand spectacle était garanti sur facture, à la manière de Séraphin Lampion des assurances Mondass (c?est dans Tintin).
Les plus perspicaces se seront dit que tout ce tapage publicitaire dissimulait probablement quelque gigantesque attrape-couillon. Les autres, pas forcément moins malins mais néanmoins alléchés par les effets d?annonces, se seront rendus au cinéma pour voir si spectacle il y avait. Ils auront eu droit à quelques vues d?ensemble sur Rome et sur Athènes en l?an 50 avant J-C ; images sommaires qui ne durent pas plus de quelques secondes, les responsables du projet ayant probablement voulu faire des économies sur le budget de 78 millions d?euros. L?intrigue étant (vaguement) adaptée de la bande dessinée de Goscinny & Uderzo, ils n?auront, curieusement, pas vu grand-chose non plus des rues d?Athènes en l?an 50 avant J-C. Et, la reconstitution, en images numériques, du stade olympique d?Athènes ne les aura que vaguement intéressés, autant que les somptueux costumes et quelques beaux décors, tout cela n?étant pas ce qu?on recherche dans Astérix. Les gags, par contre, si ; comme les allusions historiques ou les citations incongrues et d?une manière générale, cet humour tout en finesse qui caractérise l??uvre de Goscinny et Uderzo.
Les gags dans ce film, se veulent «cartoonesques». De gros moyens ayant été mis en ?uvre en ce sens, non seulement pour nous refaire le coup du Romain qui s?envole en laissant ses sandales au sol, mais aussi par exemple, pour changer la morphologie des personnages ou nous offrir des vues aériennes du stade lors de scènes d?action comme pour la course de chars. Malheureusement, les gags visuels dans ce film feraient au plus, tout juste sourire un enfant en âge de lire les albums d?Astérix. Il y a bien des allusions, par exemple au dopage et à l?usage des EPO dans le monde du sport ou à la chanson pop dans les poèmes de Brutus / Benoît Poolevorde, mais celles-ci sont servies sans aucune finesse ni aucune pensée pour le contexte et n?ont rien d?amusant. Les célébrités sont traitées de la même façon dans leurs apparitions : Michael Schumacher dans la course de chars (les auteurs ratent une belle occasion de parodier Ben-Hur), Nathan Jones, Amélie Mauresmo, Zinedine Zidane, etc., à la fin. Assurant juste le strict minimum, Astérix aux Jeux olympiques se contente de remplir un carnet de charges, sans plus.
Astérix le gaulois est censé être petit et malin. Dans le rôle, Clovis Cornillac ne paraît pas très petit et il paraît encore moins malin. Gérard Depardieu se fait vieux dans la peau d?Obélix (cette idée d?en faire un poète comme Cyrano). Et, Benoît Poolevorde nous fait son personnage habituel sans pour autant nous faire rire. Mais le plus chagrinant est de voir Alain Delon en César narcissique qui brade son passé dans des références faciles à sa carrière d?acteur. Référence pour référence, on a envie d?ajouter :
Ô cruel souvenir de sa gloire passée !
?uvre de tant de jours en un film effacé !
(?)Dois-je de votre éclat voir triompher ces cons ?
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