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Assaut de la SMF pour récupérer le corps de l?ouvrier chinois

9 mars 2005, 20:00

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La police a dû déployer les grands moyens hier pour prendre possession du corps de l?ouvrier chinois mort dans les locaux de la Compagnie mauricienne de textile (CMT) de La Tour K?nig. Hu Xiao Bing, 28 ans, retrouvé mort dans son sommeil dans la nuit de dimanche à lundi, avait été placé dans un cercueil réfrigéré.

L?autopsie devrait être pratiquée aujourd?hui. Les parents de la victime sont attendus à Maurice en fin de semaine en vue du rapatriement du cadavre.

L?opération policière d?envergure a été menée après l?échec des négociations entreprises par le ministre du Travail par intérim, Ahmad Jeewah, depuis deux jours. Les affrontements d?hier font suite à ceux de mardi à Grande-Rivière-Nord-Ouest et à Belle-Rose. Plusieurs unités de police étaient toujours sur les lieux hier soir pour éviter que la situation ne dégénère de nouveau.

?Un cadavre en otage?

?Les négociations se poursuivent avec chaque unité pour examiner leurs doléances. Une délégation, comprenant des interprètes, est arrivée de Chine. D?ici la fin de la semaine, des agents recruteurs feront aussi le déplacement?, explique Marie-Claire Woo, directrice de la CMT.

Afin de poursuivre les négociations entamées la veille, le ministre du Travail par intérim se rend de nouveau à la CMT de La Tour K?nig hier matin. Il s?entretient avec les proches de la victime, employés à la CMT, pour tenter de les convaincre de remettre le corps de Hu Xiao Bing à la police. En vain. La veille pourtant, ils avaient accepté la pratique d?une autopsie?

Les négociations ayant donc échoué, la police décide, pour les fins d?autopsie, de récupérer le cadavre par la force... ?C?est inacceptable que ces ouvriers tiennent ainsi le corps de cet homme en otage. Il faut une autopsie pour établir le certificat de décès?, explique un haut gradé de la police.

Tôt hier matin, plusieurs unités de la police dont la Special Supporting Unit (SSU), la Special Mobile Force (SMF), le Groupement d?intervention de la police mauricienne et l?Emergency Response Service sont dépêchés sur les lieux pour parer à toute éventualité.

Ce grand déploiement attire des habitants de la localité. De leur côté et afin de contrer les policiers, les ouvriers chinois aspergent de kérosène une centaine de mètres de tissu avant d?en recouvrir le cercueil réfrigéré. ?Ils menacent d?y mettre le feu si nous tentons quoi que ce soit?, lâche un officier de police.

Rien que cinq minutes

Devant la tournure des événements, les policiers décident de passer à l?action. Il est 11 h 55. Un véhicule blindé de la SSU s?engouffre dans l?enceinte de l?usine, suivi de cinq autres 4X4 et d?une cinquantaine d?officiers de la SMF et de la SSU, munis de boucliers et de gourdins.

L?hélicoptère de la police aide à l?opération. Des bombes lacrymogènes sont lâchées afin de disperser les ouvriers chinois. Un 4X4 de la police, sort précipitamment, avec à son bord, le cercueil sur lequel est collé le portrait de la victime. En tout et pour tout, l?opération ne prend que cinq minutes.

Direction : la morgue de l?hôpital Victoria. L?autopsie, qui n?a pu se faire hier en raison de la rigidité du corps, pourrait être pratiquée aujourd?hui.

A l?usine, des ouvriers chinois, pris de malaise, sont évacués par les policiers. Dans les environs, de nombreux habitants de La Tour Koenig, venus en curieux, sont aussi surpris par le gaz lacrymogène. Une dizaine s?effondre sur le bitume, dont une jeune femme, asthmatique qu?on transporte d?urgence à l?hôpital.

Un camion des sapeurs-pompiers est pris d?assaut par les habitants et les policiers présents afin de se laver les yeux irrités par le gaz lacrymogène. Un peu plus loin, on évacue les élèves de la New La Tour Koenig Government School pour leur éviter l?exposition au gaz.

Enervés par l?action policière, les 200 ouvriers chinois menacent de mettre le feu au bâtiment. Cette tentative débouche sur de violentes altercations entre les employés de la CMT et les forces de l?ordre. Ce n?est qu?aux alentours de 14 heures que la situation revient à la normale.

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