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Asraf Dulull confronté aux enquêteurs
L?enquête sur les allégations de corruption faites par Anil Nemchand entre dans une phase décisive aujourd?hui. Le ministre du Logement et des Terres, Asraf Dulull, se rend à la police en compagnie de son homme de loi, Me Raouf Gulbul. Ce dernier a confirmé à l?express le rendez-vous avec la police prévu pour 8 heures ce matin. De cet interrogatoire dépendra le fil des événements de la semaine dans cette affaire.
Le ministre est au centre d?une controverse depuis deux semaines. Ce, après que le chargé des relations publiques de Bel-Air Sugar Estate, Anil Nemchand, a dit à la police qu?un intermédiaire, Rafiq Peermamode, aurait demandé Rs 50 millions au nom du ministre pour faire bouger un projet hôtelier et d?Integrated Resorts Scheme (IRS), dans la région de Rivière-des-Anguilles. Il aurait fait une autre requête le 1er mars, affirme encore Anil Nemchand.
Rafiq Peermamode aurait proposé son aide à Anil Nemchand à la suite d?un dîner en décembre avec des personnalités politiques. Ce barbecue s?est tenu chez Noorani Peermamode, le frère de Rafiq Peermamode. L?homme d?affaires aurait été mis au courant des difficultés que rencontrait le projet au cours de ce dîner. Le député Shakeel Mohamed, autre invité à ce dîner, a donné des précisions à ce sujet à la police la semaine dernière.
Shakeel Mohamed ne manque pas une occasion pour soulever le dossier de Bel Air Sugar Estate avec le ministre Dulull, car il estime que les habitants peuvent énormément en bénéficier en termes d?emplois. D?où sa discussion lors du dîner à Péreybère. Il avait également insisté pour qu?une visite de site soit effectuée rapidement.
Une source proche du ministre fait ressortir : ?L?on donne l?impression que le dîner à Péreybère était un dîner intime, il y avait plus de 60 invités, et le ministre, comme il connaît la famille Peermamode, était un des invités aux côtés de plusieurs personnalités politiques.?
Le ministre Dulull n?a, pour sa part, pas été disponible pour un commentaire, hier. Dans une déclaration au retour d?une mission à l?étranger, il avait déclaré que ces allégations étaient ?far-fetched? (improbables) et qu?il avait ?la conscience claire et tranquille, ayant toujours travaillé dans la transparence?. Il avait précisé que la décision de donner le feu vert à un projet IRS ne lui revient pas. C?est le Conseil des ministres qui a le dernier mot.
Asraf Dulull avait rencontré le promoteur, Patrick Rountree, directeur de Bel Air Sugar Estate, lors d?une réunion le 29 décembre. Si la rencontre avait été arrangée par Rafiq Peermamode, il n?a pas, selon Patrick Rountree, participé aux discussions. Le ministre n?a pas nié qu?il connaît Rafiq Peermamode depuis longtemps, le bureau de ce dernier se trouvant à proximité de sa résidence. Toutefois, il nie que celui-ci a agi comme intermédiaire pour lui sur ce dossier.
<B>Droit au silence</B>
Si Rafiq Peermamode a, jusqu?ici, exercé son droit constitutionnel au silence, la situation pourrait évoluer cette semaine. ?Nous adoptons toujours la stratégie de wait and see. Nous changerons de décision par la suite si cela s?avère nécessaire?, soutient Me Dick Ng Sui Wa, un des hommes de loi de Rafiq Peermamode. Celui-ci a été inculpé pour trafic d?influence.
Il est aussi représenté par Me Ashley Hurhangee. Ce dernier pense que ?cette affaire dépendra de la crédibilité de Nemchand, car il n?y a pas de preuves compromettantes contre mon client, sauf l?unique version de Nemchand. L?on s?étonne aussi pourquoi dans sa première déposition, il n?a pas tout dit à la police.?
Par ailleurs, le leader du MSM, Pravind Jugnauth, trouve que l?Independent Commission against Corruption (Icac) aurait dû se saisir de ce dossier. D?autant qu?il estime qu?un ?prima facie case est déjà établi contre le ministre Dulull?.
A l?Icac, l?on avance que la loi prévoit que la commission étudie le cas et puisse, de sa propre initiative, démarrer une enquête. En l?absence d?un conseil d?administration, le directeur des enquêtes n?a pas les prérogatives de le faire. Toutefois, comme le prévoit la loi, la police ?may refer the case to Icac, if he becomes aware in the course of his inquiry? d?un délit de corruption. Dans ce cas, Rafiq Peermamode a bien été inculpé de trafic d?influence sous le Prevention of Corruption Act 2002.
De plus, Pravind Jugnauth demande au ministre de ?step down? en attendant la fin de l?enquête. D?autant que la population a le sentiment que ?justice must seen to be done?.
Jusqu?ici, il y a eu trois plaintes d?Anil Nemchand. Son patron, Patrick Rountree, dans une déposition à la police, mercredi, a confirmé que son employé lui a bien dit la même chose que ce qu?il a raconté aux enquêteurs. Patrick Rountree a affirmé qu?il aurait bien eu deux demandes formelles de pot-de-vin pour le renouvellement d?un bail de 104 arpents de Pas géométriques sur lesquels le projet hôtelier devait être réalisé.
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