Publicité

Ashock Jugnauth tape du poing sur la table

18 octobre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Laxisme, absentéisme, négligence et incompétence ne seront plus tolérés. Le ministre de la Santé, Ashock Jugnauth, est intraitable : il compte bien prendre des mesures pour faire de nos hôpitaux des centres de santé modernes. Les différentes regional management meetings du ministère de la Santé sont donc l?occasion pour faire comprendre au personnel médical et paramédical que l?amateurisme n?est plus de mise.

C?est ainsi que, jeudi dernier, lors d?une de ces rencontres à l?hôpital Jeetoo, il a exigé que tous les médecins affectés à l?Accident and Emergency Department soient présents même s?il n?y a pas foule. Il avait laissé éclater sa colère lors d?une visite à l?hôpital Victoria quand il avait constaté que des médecins n?étaient pas à leur poste à 9 heures le matin. Une circulaire a été émise intimant les médecins d?être à leur poste à l?heure sous peine de sanction grave. Il faut noter que 30 334 patients ont visité l?Accident and Emergency Department en septembre, soit un millier par jour.

Injection à Rs 30 000

Un rapport défavorable sur les conditions sanitaires au Brown Sequard Mental Health Care et au S. Bharati Eye Hospital, n?a pas manqué d?attirer l?attention du ministre. Les administrateurs des hôpitaux devront désormais être sur leurs gardes. Des instructions formelles leur ont été communiquées pour qu?ils s?assurent que l?environnement hospitalier reste propre en toute circonstance.

Autre anomalie dans le fonctionnement des hôpitaux : de nouvelles injections de Reteplase ont été achetées pour les hôpitaux sans que le secrétaire permanent et le ministre n?en soient informés. C?est une faute très grave, insiste-on au niveau du ministère. D?autant que cela devrait être une policy decision.

Les premières indications de l?enquête montrent que ce dossier a été géré par un haut cadre du ministère, qui ne l?a pas transmis au secrétaire permanent et au ministre. Toutefois, l?enquête démontre que les procédures d?achat ont été suivies.

Cette injection qui coûte Rs 30 000 l?unité est utilisée pour traiter l?infarctus du myocarde aigu. Normalement deux injections sont utilisées par patient. Une autre injection coûtant dix fois moins cher est normalement utilisée dans les hôpitaux. Les conclusions de l?enquête départementale sont toujours attendues.

Il n?y a pas que les hôpitaux qui sont sous stricte surveillance. Les fonctionnaires de la Food Import Unit n?ont pas été épargnés. Le ministre a été informé de faux sur des étiquettes de Twisties d?une cargaison qui a été dédouanée sans problème. Jusqu?ici seuls 1 300 paquets de Twisties ont été saisis, soit un nombre bien inférieur à la cargaison. Ashock Jugnauth a exprimé son insatisfaction totale de la gestion de cette unité.

Là encore, il souhaite des actions immédiates pour réorganiser les activités de cette unité et prévenir qu?une telle situation ne se reproduise. Deux hauts cadres de cette unité, le Principal Health Inspector et le Senior Health Inspector ont d?ailleurs été transférés. Le ministre Jugnauth insiste que le pays ?ne doit pas être un dumping ground pour des produits qui ne sont pas conformes au Food Act.? Une enquête est en cours sur cette négligence.

Le département sanitaire de Port-Louis a par ailleurs soumis un rapport au ministre sur les conditions sanitaires dans les cliniques privées. Le ministre a fait référence au rapport défavorable qu?il a reçu sur une des cliniques de la capitale. Plusieurs défaillances dans la structure du bâtiment ont été observées de même que des conditions sanitaires qui ne répondent pas aux normes.

Normes pour cliniques

Le ministre a demandé aux inspecteurs sanitaires de faire un suivi régulier de la situation. Il leur a rappelé que les permis des cliniques privées ne seront pas renouvelés si elles ne respectent pas les normes requises.

Le ministère de la Santé a également rencontré la semaine dernière les représentants de l?association des cliniques privées. Ces derniers lui ont proposé la création d?une banque d?infirmiers, comme c?est le cas en Grande-Bretagne. Mais le ministère a rejeté la proposition. Les prix affichés par les cliniques ont aussi fait l?objet de discussions. Une autre rencontre est prévue, cette fois, avec le ministre pour finaliser la question les prix.

Publicité