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Artiste jusqu?au bout des ongles !
Avec ou sans ce concours toutefois, Doushan, 26 ans, enseignant des beaux-arts au Mahatma Gandhi Institute, aurait enregistré et lancé officiellement son album car sa maquette avec huit de ses compositions en hindi était prête bien avant le lancement du concours Rêve de Star. Sa victoire lui a confirmé qu?il avait du talent comme auteur-interprète et donnera un coup de pouce au marketing de son album.
Par rapport au chant justement, Doushan qui est le benjamin de la famille, tient de son père, Premlall. Ce laboureur qui travaille au Citizen Advice Bureau, avait l?habitude d?animer des gamats et conserve religieusement son cahier de chants.
Au cours de ses études secondaires au collège Renaissance, à Curepipe, Doushan, qui est davantage porté pour les mathématiques et la comptabilité, n?a pas envie d?étudier le français. Sur la recommandation de son frère cadet, Vickram, qui est graphiste et qui l?a déjà vu dessiner, Doushan opte pour l?art. Il ne le regrette pas. ?Avec l?art, j?ai appris à me connaître vraiment. Ce que j?aime avec cette matière, c?est qu?elle nous laisse totalement libre de nous exprimer?.
Il fait sa Form VI au collège Basdeo Bissoondoyal de Flacq et choisit comme matières principales la comptabilité, l?économie, les mathématiques et bien évidemment l?art. Alors qu?il s?attend à obtenir un A dans cette matière, il récolte un B. Une déception qui s?atténue aujourd?hui lorsqu?il voit ses élèves du MGI obtenir une distinction ou d?autres se démarquer lors de leurs études supérieures en la matière à l?étranger.
Sur la base de ses résultats, Doushan est admis à l?Université de Maurice. Il a le choix entre la comptabilité et la finance, l?économie et la finance et les beaux-arts. Il n?écoute que son c?ur et pas ses parents et choisit la dernière matière citée. Il va alors de découverte en découverte sur lui-même et sur les multiples facettes de l?art. ?J?ai alors su qui j?étais, ce que je voulais faire de ma vie et dans la vie?.
Lorsque Doushan parvient à maîtriser une des disciplines de l?art, il a hâte d?en découvrir une autre pour mieux l?appréhender. C?est ainsi qu?à ses cours, il adjoint un autre par correspondance avec un établissement indien. Le cours a trait aux images et aux multimédias.
Le matériel pour l?étude des beaux-arts est coûteux. Doushan qui aide déjà son père dans la plantation de légumes à Mont- Ida où ils vivent, prend de l?emploi à mi-temps comme enseignant d?informatique dans un institut quatre-bornais. Lorsque le département des beaux-arts s?apprête à intégrer ses nouveaux locaux au MGI, un de ses professeurs, l?artiste Krishna Lutchoomun, lui confie la réalisation d?un documentaire à partir de CD. Doushan se charge du montage, retraçant le parcours du département en question. Documentaire qui est projeté lors de l?inauguration dudit département.
Lorsque Doushan décroche son BA Honours en beaux-arts, il s?essaie au graphisme comme son frère mais sent bien vite que ce n?est pas sa voie. Il effectue alors un remplacement de deux mois comme enseignant d?art dans des classes de Form I à III au Mauritius College Ce remplacement terminé, il obtient en 2004 un emploi comme enseignant d?art dans son ancien collège, à savoir le Basdeo Bissoondoyal College de Flacq. Là, il côtoie des élèves de Form V à VI qui sont plus mâtures et le contact est enrichissant. C?est là que Doushan réalise qu?il est ?fait pour transmettre ses connaissances et faire aimer les beaux- arts?.
La même année, il réalise les décors pour une pièce de théâtre montée par l?école et qui s?intitule Anjalay . Présentée au festival national d?art dramatique, cette pièce obtient le Best Set Design. De quoi ravir Doushan.
Comme il adore laisser ses élèves s?exprimer, il les autorise à apporter leurs guitares à l?école et à chanter durant ses cours. Un jour que ses élèves interprètent une chanson de Blakkayo, Doushan ressent l?impérieux besoin d?improviser des paroles en hindi sur la mélodie. Lorsqu?il en parle à ses élèves, ces derniers trouvent l?idée géniale et l?encouragent à composer.
Deux semaines plus tard, il couche sur papier le texte de Woh Kaun Hain qui signifie Qui est-ce ? et qui lui a valu de gagner le concours Rêve de Star. Sept autres compositions en hindi viennent s?ajouter au premier titre mentionné. ?Chaque morceau raconte une histoire. Une chanson parle d?une rencontre amoureuse. Une autre de rupture. Une autre encore de réconciliation. Toutes ont trait à l?amour car je suis romantique dans l?âme?.
Bien que ne jouant d?aucun instrument, Doushan sait exactement quelles mélodies accompagneront ses textes, de même que leur tempo. Le style musical qu?il privilégie est la hindi pop. Un de ses anciens élèves, Kevin Gutty, qui est devenu un de ses amis, a un studio à Médine qui s?appelle Effusion.
<I>?Je pense à la diaspora indienne aux Etats-Unis, au Canada, en Afrique du Sud et ailleurs. Avec l?aide du ministère de la Culture et d?autres parrains, j?aurais pu les atteindre.?</I>
Kevin Gutty le présente à Clévio Friquin, musicien d?hôtels et ensemble, ils mettent en musique les textes de Doushan. ?Je lui indiquais le rythme que je voulais ou encore, je sifflais l?air et lui le jouait au clavier. Il y a beaucoup de complicité entre nous?. La maquette avec ses huit compositions était prête lorsqu?en lisant l?express, il a vu un communiqué sur les modalités du concours Rêve de Star. Doushan qui a chanté pour la première fois au cours d?un mariage l?an dernier, décide alors de tenter sa chance pour connaître sa vraie valeur. ?Je me disais aussi que si je me qualifiais, lorsque je ferai la promotion de mon album, je ne serais pas un total inconnu?.
Il passe l?audition et se retrouve parmi les finalistes. Le jour de la grande finale, Doushan décide de faire son maximum. ?J?étais déterminé à tout donner, à chanter avec mon c?ur. C?était comme si j?avais la rage de vaincre?.
Les nombreuses félicitations qu?il reçoit après son interprétation lui font croire qu?il a une chance d?être le gagnant. Et ce sera le cas. ?J?ai su que j?avais vraiment une voix?. Doushan prévoit de faire sortir son album en février 2008, plus précisément autour de la célébration de la St Valentin puisqu?il y est surtout question d?amour. ?Il y a une chanson aussi qui traite de l?amour de son pays mais c?est toujours de l?amour?.
Doushan ne sait comment remercier Ireland Blyth Ltd qui, dit-il, a encadré les participants à tous les niveaux. Il pense que d?autres jeunes sont capables de composer des chansons en hindi pop. ?Nous n?arrêtons pas d?écouter des chansons de Bollywood. Cela fait 50 ans que cela dure. Comment se fait-il qu?il n?y ait aucun chanteur local de hindi pop qui ait émergé ? Je suis sûr qu?il y en a. Ils doivent oser comme je l?ai fait. Il faut être combatif comme je le suis?.
Doushan ne veut pas se contenter de faire la promotion de son album à Maurice. Il voit beaucoup plus loin. ?Je pense à la diaspora indienne aux Etats-Unis, au Canada, en Afrique du Sud et ailleurs. Avec l?aide du ministère de la Culture et d?autres parrains, j?aurais pu les atteindre. Si la musique indienne s?exporte si bien, pourquoi pas la nôtre?. En effet?
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