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Artisanes la création sans faille

27 novembre 2005, 00:00

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ROSELYNE GIRAUD LA TOUCHE-À-TOUT

Une ardoise qui capte le regard, des théières qui se parent de multiples couleurs, du papier mâché qui se transforme en croix, du tissu qui enrobe des lampions. Peindre, assembler, marier les matériaux demande de la recherche et de l?énergie.

Pour Roselyne Giraud, c?est avant tout une source de plaisir qu?elle cultive tous les jours. Elle n?est plus dans le service traiteur, et son café à Floréal a mis la clef sous la porte. Depuis, Roselyne est à l?affût de créations. Et elle a des idées plein la tête : ainsi, elle pourrait se lancer dans la poterie demain ou exploiter la pâte à modeler, ou encore créer son propre papier cadeau.

« J?aime travailler avec mes mains. Peu importe ce qui me passe sous les doigts, je pourrais le transformer. Ce qui est intéressant, c?est de laisser libre cours à la fantaisie, le résultat on le découvre après. Ce qui compte c?est de donner de soi-même dans tout ce que vous faites et d?innover encore et toujours », confie-t-elle.

C?est ainsi que, prise de nostalgie en voyant des ardoises, elle s?est mise à les orner de visages, de regards capturés dans sa mémoire. Ses acryliques sur ardoise vous entraînent alors dans un univers onirique. Jamais à court d?idées, les doigts de fée de Roselyne métamorphosent également les guirlandes électriques qu?elles parent de tissu et de couleurs modernes pour les transformer en lampions très design.

Et quand vient l?heure du thé, Roselyne montre une autre facette de son talent. Les théières délaissent alors le blanc pour revêtir de belles parures. Pas question non plus de faire une croix sur le papier mâché. Elle en fait des croix justement, baignées de couleurs et incrustées de pierres parfois.

Avec une sacrée créativité dans sa besace, et ce depuis l?époque où elle était dans le service traiteur, Roselyne n?a de cesse de faire montre d?inspiration. Dès lors, tous les ingrédients sont là pour donner un artisanat mauricien savoureux.

CAROLINE BARTH UNE PERLE RARE

Derrière son allure décontractée, beaucoup de rigueur. Avec elle, le superflu devient essentiel, et enfiler des perles n?est plus chose futile. Caroline Barth, qui est d?origine française, est une vraie femme de tête. Passionnée de mode et de beauté, elle a créé sa propre ligne de bijoux. Son style ? Les sautoirs, les bracelets, les porte-clefs en perles d?Afrique et d?Inde, bref un art ancestral qu?elle remet au goût du jour.

Caroline doit à son ancien métier de journaliste, sa passion pour les perles. « ça a commencé par des reportages sur les perles en Afrique. Là-bas le bijou vous renseigne sur le statut des femmes et des hommes, il vous donne des indications sur leur tribu, leur

statut marital. J?étais fascinée par cette symbolique et j?ai commencé à collectionner des perles. » Depuis qu?elle est établie à Mauri-ce, elle a décidé de sauter le pas, de se livrer corps et âme à sa passion.

Les bin bin que les Sénégalaises portent sur leurs boubous deviennent des ceintures de perles idéales pour les vêtements taille basse. Les sautoirs se font doubles ou triples, et peuvent également ceindre les hanches. Les colliers arachnéens signent la classe. De l?ethni chic au beach style, Caroline reste fidèle au beau. Elle jongle avec le bois, l?argent, les vieilles pierres vénitiennes, le cauris qui est un coquillage, ou encore les perles Baoulé en laiton doré.

Dans son atelier à Tamarin, Caroline assemble, défait, marie les couleurs. Elle travaille dur à ses compositions. « Laisse reposer la pâte, comme elle aime le dire, teste la longueur et apporte la touche de finition. »

Son savoir-faire, elle le tire aussi des ouvrages qu?elle a lus. « Mais c?est surtout de ses erreurs qu?on apprend », confie-t-elle. Aujourd?hui, elle créé des pièces uniques pour des hôtels tels que le Hilton, l?Oberoi, ou le Residence. Par ailleurs, on trouve ses bijoux dans une boutique à Grand-Baie, et bientôt dans les boutiques Son of Beach. Son rêve : « Exploiter les matières premières comme les grains diables. » En attendant, elle continue à nous mettre dans le vent.

CHARLOTTE K?NIG, LA REINE DES MOSAÏQUES

Tam-tam de marteaux, danse de pinces et de ciseaux, parfum de colle et de ciment, c?est dans une dépendance convertie en atelier que Charlotte K?nig et son bras droit, Fabien Dorza, penchés sur leur métier, donnent naissance à des chefs-d??uvre en mosaïque. « Des petits bouts de couleurs que l?on met bout à bout et voilà qu?une ?uvre d?art prend forme. » C?est ainsi que Charlotte définit son travail.

Diplômée des Beaux-Arts, la jeune femme a d?abord enseigné dans une école complémentaire à Triolet. C?est d?ailleurs là qu?elle a eu Fabien pour élève. Elle a aussi fait du visual merchandising, ce qui consiste à concevoir des vitrines de boutique. Mais ce qu?elle veut faire vraiment c?est expérimenter la mosaïque. Cela lui rappelle ses voyages et surtout l?architecture italienne.

« C?est triste à dire mais c?est plus difficile de vivre de sa peinture. En revanche, comme la mosaïque a un côté pratique, elle permet de marier une passion et d?en vivre », confie-t-elle. Dans son atelier qu?elle a appelé Tesselles et cabochons, Charlotte pose de la mosaïque sur des tables, des consoles, confectionne des vases, des pots de jardin, des miroirs. Tout est dans le détail et dans la minutie et Charlotte a l??il et fait ses armes à l?école de la patience.

« Je ne sais pas comment le Mauricien va réagir mais moi, j?aimerais qu?il y ait des projets un peu fous, que la mosaïque débarque dans les salles de bains, dans les piscines, sur les sols », explique-t-elle. Pourquoi pas, puisque les mosaïques ont une si étonnante présence avec leur touche exotique. Charlotte compte, par ailleurs, ouvrir son atelier à ceux qui veulent s?initier à cet art.

L?exposition « Idées cadeaux, objets insolites » a débuté hier. Coussins, vaisselles, bougies, linge de table, broderies, sacs, bref une multitude de produits de chez nous sont au rendez-vous. Vous avez demain et mardi de 10 heures à 18 heures pour faire vos courses de fin d?année au Moulin cassé à Péreybère.

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