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Arsenal, une équipe ordinaire ?
Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Aussi, Martin Jol, l’entraîneur de Tottenham, ne peut ignorer qu’il a lancé un pavé dans la mare, en déclarant, au lendemain de la 9e journée, qu’Arsenal était redevenue une équipe comme les autres, pour ne pas dire banale et ordinaire.
Battus par West Bromwich Albion samedi, 2-1, avec notamment un but d’un ancien de la maison, le Nigérian Nwanko Kanu, les Gunners traînent en effet la patte dans un championnat d’Angleterre qu’ils écrasaient de leur talent il y a encore deux saisons.
Alors qu’on n’a pas encore achevé le premier quart du parcours, le retard concédé par les protégés d’Arsène Wenger sur Chelsea, à qui ils ont transmis le flambeau, est hallucinant : 14 points, c’est presque l’équivalent de cinq victoires. C’est dire que les Gunners auront du mal à se remettre dans le sens de la marche.
“Ils ont encore perdu”, s’est exclamé sur un ton ironique Martin Jol dans les colonnes de The Independent. “Sans ses grands joueurs, sans Patrick Vieira, sans Thierry Henry, Arsenal redevient une équipe comme les autres.”
Le technicien hollandais ne croit pas si bien dire. Orphelin de ses deux Français, dont l’influence sur le jeu était jusque-là énorme – Vieira est parti à la Juventus, Henry est blessé – le club d’Highbury a du mal à pratiquer un football digne de sa réputation. Et les récents résultats – trois défaites en huit sorties – viennent confirmer qu’un ressort s’est cassé.
Pour ne pas arranger les choses, ce lendemain de défaite a aussi été l’occasion pour certains observateurs de remettre sur le tapis la possibilité qu’Arsenal soit aujourd’hui l’otage d’une guerre des clans. D’un côté, il y aurait les Français et de l’autre le reste de l’équipe.
<B>Tottenham l’équipe qui monte</B>
Le défenseur Ashley Cole avait été, on s’en souvient, le premier à le révéler à l’époque de son transfert raté pour Chelsea. Son ami, le gardien de but Graham Stack, prêté depuis à Reading, a pris le relais hier dans les colonnes du Times. “Les cliques ? Ce n’est pas une rumeur, c’est un fait. Les joueurs français restent entre eux, les Allemands et Freddie Ljungberg mangent ensemble”, révèlent Stack, qui a visiblement un compte à régler avec son ancien club. “Quand je venais d’arriver à Arsenal, l’ambiance était géniale, mais les Anglais sont partis, ce n’est plus la même chose.”
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, une nouvelle hiérarchie s’établit à Londres. Au moment où le mythe Arsenal s’effondre, le hasard veut que ce soit le vieux voisin et rival Tottenham qui se positionne désormais et de façon très claire comme le nouveau dauphin de Chelsea.
Ce week-end encore, les Spurs ont marqué des points, au propre comme au figuré, en s’imposant brillamment face à Everton, 2-0, buts de Mido et de Jenas, son premier depuis qu’il a rejoint White Hart Lane en provenance de Newcastle. Un succès qui permet, aujourd’hui, à la Maison Blanche d’envisager un retour à brève échéance sur la scène européenne.
Martin Jol, en tout cas, se permet déjà de chambrer Arsenal, ce qui ne manquera pas de provoquer quelques remous dans l’optique du derby qui opposera les deux équipes londoniennes le 29 octobre.
“Dans le temps, a dit Jol, Tottenham était plus forte qu’Arsenal. Peut-être qu’il en sera à nouveau ainsi dans pas longtemps. Si nous dénichons à notre tour un Henry ou un Vieira, nous ferons comme Arsenal. Quand Henry aura 35 ans qu’on cherchera à le remplacer à Highbury, peut-être qu’on l’aura déjà trouvé à Tottenham. On a découvert Aaron Lennon. Je suis certain qu’il sera un très grand joueur à l’avenir.”
Dans tout ça on a oublié l’essentiel. Pendant que les Spurs tirent dans les pattes des Gunners, les Blues font, eux, le ménage. Bolton, qui se déplacait à Stamford Bridge samedi, n’y a vu que du feu : 5 buts à 1, excusez du peu.
Neuvième match, neuvième victoire, 23 buts marqués, 3 buts encaissés. Au fait, il faudrait peut-être songer à récompenser exceptionnellement l’équipe qui terminera deuxième cette saison.
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