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Arrêter le jeu de massacre

2 août 2003, 20:00

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Notre république vit dans l?attente de trois comptes à rebours : le sacre de Paul Bérenger comme Premier ministre, les conclusions des enquêtes sur l?affaire MCB-NPF et la relance tant attendue de l?économie. Les trois étant intimement liés, il importe d?assurer un minimum de cohérence et de synchronisation dans le rythme de chacun.

Le changement ? et le réaménagement au sommet de l?État ? est bien programmé, avec toutes les modalités précisées dans les moindres détails. SAJ sera au Réduit avec des pouvoirs additionnels, Bérenger sera PM et Pravind Jugnauth VPM et ministre des Finances. Cette transition politique préparée avec sérieux a un fort potentiel historique. Moyennant qu?elle arrive à créer un nouveau souffle en s?appuyant sur un projet de société animée d?une profonde pensée politique capable de sortir le pays de sa dépression sociale et économique pour assurer un développement équitable. La réussite dans la durée de cette transition passe par une amorce d?une psychothérapie sociale. Le premier item à l?agenda devrait être la gestion de l?affaire MCB-NPF. Cela fera bientôt six mois que ce détournement des fonds du NPF a été révélé. Depuis, le pays vit un grave sociodrame.

La gestion de cette affaire par les protagonistes a révélé les contradictions, travers et dysfonctionnements de la société. Elle est aussi venue faire la démonstration de l?incapacité, de la faiblesse et du manque de savoir-faire de ceux qui sont à la tête des institutions, anciennes et nouvelles, privées, publiques ou parapubliques. Certes, la situation provoquée par cette affaire était inédite. C?est aussi vrai que l?ampleur et la durée nous ont tous traumatisés. Avec recul, on peut affirmer que tout le monde a été pris de court et a perdu ses moyens avec pour résultat un cocktail de maladresses, de précipitations, de confusions, d?abus de pouvoirs, et d?improvisations mal inspirées, au point où aujourd?hui on n?arrive plus à distinguer la forme du fond. On aurait pensé que le départ en congé des n° 1 et 2 de la MCB allait permettre de décanter l?ambiance dans laquelle se déroule l?enquête. Ce qui s?est passé depuis indique le contraire. Au-delà des méthodes qui divisent l?opinion, ce qui est inquiétant, c?est qu?objectivement, on assiste à un jeu de massacre, tant pour l?image du pays et son économie que pour le moral des chefs d?entreprises et de la population. Si on laisse ce sociodrame s?enliser, les dégâts seront irréparables. Il est donc grand temps que nos gouvernants, dans le respect de l?indépendance des institutions, fassent preuve d?une volonté pour y mettre fin. Il est du devoir du PM de demander aux responsables de boucler rapidement leurs enquêtes afin que les responsables des instances appropriées puissent décider des suites à donner à leurs conclusions. Attention : en voulant « tro fer nou defer » et ce faisant, toute la relance de l?économie sera gravement hypothéquée. Si l?Icac a besoin de temps et de moyens pour remplir son mandat, le temps presse pour relancer l?économie. Une banque qui détient 50 % des parts du marché, qui assure le financement à hauteur de 50 à 75 % des activités des principaux secteurs économiques du pays ne peut être éternellement assiégée. Pour la relance, l?affaire MCB-NPF est arrivée au mauvais moment. Les derniers chiffres du MCB Focus, de même que ceux du C.S.O, confirment les inquiétudes sur l?investissement et le chômage. Certains n?hésitent pas à avancer qu?il faudrait un miracle pour renverser la tendance du FDI et arrêter la progression du chômage dont le taux pourrait se rapprocher de 15 % en mars 2004.

Il n?y a aucune fatalité dans ces tendances. Étant donné que « politique napa rempli vant », les gouvernants ont le devoir de faire le nécessaire pour ramener la sérénité afin de relancer l?économie.

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