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Arjoon Suddhoo, « Executive Director » du « Mauritius Research Council »
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Arjoon Suddhoo, « Executive Director » du « Mauritius Research Council »
Quel est le rôle du Mauritius Research Council et quelles sont les recherches que vous entreprenez ?
Le Council a été créé en 1992 et il est placé sous la responsabilité du bureau du ministère de l?Éducation. Notre objectif est de promouvoir la recherche dans différentes sphères. L?accent est mis sur la recherche appliquée sur des questions nationales. On a identifié neuf secteurs clés dont le bio médical, la biotechnologie, l?énergie, l?eau, etc. Nos partenaires sont le gouvernement et le secteur privé. Nous sommes un peu les coordinateurs de la recherche.
Qui sont les chercheurs et comment ont-ils recours au MRC ?
Ceux qui viennent nous voir sont placés sous différents schemes. Il y a ceux qu?on sollicite. On a besoin de faire une recherche précise, on fait un appel d?offres aux chercheurs. Par exemple, le ministère du Tourisme nous demande de trouver un moyen pour retarder et même stopper le feu quand il prend sur les toits en chaume des hôtels. On puise alors dans notre banque de données pour voir qui peut effectuer cette recherche. Il existe un autre scheme où n?importe quel individu ou institution peut nous proposer des recherches. On examine leurs propositions et, si elles sont valables, on les finance. Par ailleurs, nous avons élaboré un private sector collaborative research scheme car nous considérons qu?il est important que le secteur privé contribue à la recherche. Si dans une entreprise, quelqu?un a des idées brillantes, mais n?a pas de connaissances scientifiques, on le met en contact avec des chercheurs et on finance les travaux. Nous avons en ce moment 250 projets en cours et un budget annuel de dix millions de roupies.
Concrètement, quelles sont les recherches que vous avez coordonnées ?
Quelqu?un fabriquait des achards et les exportait vers l?Europe. Le problème était que ces achards se gâtaient après trois semaines. Il est alors venu vers nous pour qu?on l?aide à trouver des moyens pour prolonger la fraîcheur du produit. Ce que l?on a fait, c?est de contacter un biochimiste à l?université de Maurice qui, après neuf mois de travail a trouvé une solution pour que l?achard se conserve pendant un an. Nous avons découvert d?autres choses comme les moyens de réduire le coût de la construction d?une maison de 30 %, et la période de construction de 70 %. On a découvert que le brède chinois, la goyave de Chine, le thé mauricien sont des antioxydants, ils luttent contre le vieillissement.
Comment définissez-vous la recher-che scientifique ?
Quand on parle de recherche, on touche à des travaux où l?on applique des méthodes spécifiques. On essaye de trouver une explication à une situation. ça commence par la question pourquoi. Il y a du mental thinking, des calculs mathématiques, l?assistance de l?informatique. Une hypothèse donne lieu à une autre hypothèse. Toutefois, on ne doit pas aller réinventer la roue. Cela ne veut pas dire qu?on ne reproduit pas
ce que l?on voit dans la nature. Par exemple, vous découvrez que le frottement des nuages produit des éclairs. Vous pouvez, dans votre laboratoire, adopter le même principe pour obtenir de l?électricité. Il y a aussi des cas où des gens tombent sur des solutions par hasard. Dans la recherche, ceux qui osent gagnent. Il faut toujours penser à l?impensable et ne rien négliger.
La MRC est-il uniquement concerné par le volet scientifique ?
Le social est aussi notre préoccupation. Nous avons ainsi créé le Centre for Applied Social Research basé à l?université de Maurice. On y entreprend des études sur la société mauricienne. Nous sommes conscients que si notre tissu social est affecté, ni la science, ni la technologie ne pourront rien y faire. On fait régulièrement des social attitude survey pour connaître la perception des gens sur l?avortement, la corruption, la police, etc. Le ministère de la Sécurité sociale nous a d?ailleurs commandé une recherche sur le suicide. Grâce à de tels travaux, on peut prédire des crises, trouver des solutions aux problèmes.
Qu?est-ce qu?il y a à faire encore dans le domaine de la recherche à Maurice ?
Il y a encore beaucoup de choses à réaliser. On a beau être un petit pays mais si le Japon et l?Amérique ont prospéré, c?est grâce à leur science et à leur technologie. À Maurice, il y a des hydrocarbones au fond de la mer qu?on pourrait exploiter. On peut aussi extraire des plantes marines pour en faire des médicaments, transformer l?eau de mer en électricité. Notre philosophie au Mauritius Research Council est de jeter un coup d??il sur le passé, de nous concentrer sur le présent et de prévoir l?avenir.
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