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Argent mécontent

4 février 2008, 00:00

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Difficile de faire mieux. En termes de symbole. Refuser que la Mauritius Society of Authors (MASA) finance les fêtes de l?indépendance. Et par la même réclamer l?indépendance de la MASA. Les artistes sont en colère. Les entraves, les limites, les interdictions font souvent cet effet là. Même aux plus patients.

Courageux ou casse-cou, en tout cas, les artistes membres du conseil d?administration de la MASA, réunis autour de Jean-Jacques Arjoon ont frappé fort.

«Pa touss nou kass». Au delà des questions d?argent ? qui n?en a pas besoin ? Qui ne veut pas en avoir plus ? ? c?est le système que ce pavé jeté dans la mare éclabousse. «C?est inadmissible parce que dans le paysage culturel où nous sommes, le ministère des Arts et de la Culture fait plaisir aux organisations socio-culturelles. Nous ne voulons pas être complices de cela. Nous ne voulons pas reproduire ce schéma», explique Jean-Jacques Arjoon.

Il dit tout haut ce que nous savons déjà. Fort en «composite show», en spectacle fusion qui finissent dans la confusion, «lane ale, lane vini», le tam tam du 12 mars peut se résumer ainsi : une troupe de séga ? généralement de l?artiste que l?on aura beaucoup vu dans le camp vainqueur des dernières élections ? de la danse chinoise, du qawal, un déhanché sur un rythme bhojpuri, un numéro d?inspiration bollywoodienne. En guise de final, tout le monde qui «danse» ensemble. A 40 ans d?âge, Maurice mérite mieux.

D?ailleurs, l?élément troublant de cette demande de financement de son ministère de tutelle à la MASA ? votée sous la présidence de Zul Ramiah (envolé à Londres depuis) c?est que les Rs 250 000 qui seront soustraites du budget de la MASA seront versées à Air Mauritius. Si un et un font toujours deux, cela veut dire que l?on aura demandé aux artistes de payer le déplacement d?artistes étrangers pour célébrer la nation. Paradoxal système.

Le même, selon lequel, même si les artistes membres du conseil votent contre une motion, ils sont en minorité face aux représentants de divers ministères. Ces derniers constituent le gros des membres du conseil d?administration de la MASA.

Oui, mais voilà. Contester c?est bien. Gérer son contexte c?est mieux. Car il s?agit surtout de l?indépendance, de notre fête à tous, de notre histoire commune. les roupies sonnantes et trébuchantes ont comme un son mat. Refuser de contribuer au buzz autour des 40 ans de la nation a quelque chose qui s?apparente à une forme d?exclusion. Alors que c?est la fête à tous. Lancer son offensive avec le rouz-ble-zon-ver en toile de fond dérange. C?est le réduire à une histoire de sous. De qui montera sur scène. Et par extension, qui a eu quel bout pour bons et loyaux services durant la campagne électorale. Qui l?eut cru ? Que la bonne santé financière de la société des droits d?auteurs ? qui a vu sa subvention passer de Rs 1 million à Rs 900 000 ? aurait été sujet de controverse pour les artistes. Ces parents pauvres chroniques.

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