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Apprendre à gérer une défaite

9 juillet 2005, 20:00

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Personne n?aime perdre. Si certains s?en remettent et en tirent une leçon qui servira à l?avenir, d?autres ne s?en relèvent jamais et sombrent dans le désespoir. Mais dans les deux cas, la défaite est à la base d?un changement de comportement.

La société est cruelle : elle aime les gagnants, ceux qui réussissent. Il n?y a pas beaucoup de place pour ceux qui n?y arrivent pas et les losers. Pourtant, la défaite fait partie de la vie, personne n?y échappe. On peut connaître des défaites à tout âge, dans toutes les circonstances et tous les domaines qui nous touchent. D?abord à l?école : rater un examen, échouer à un oral, tous les élèves en font l?expérience. Là où le problème s?aggrave, c?est lorsque l?enfant est réellement en situation d?échec scolaire. « Un échec scolaire cache toujours des problèmes plus profonds, il n?arrive jamais seul. C?est pour cela que nous avons, dans notre établissement, des conseillers et des psychologues pour aider les enfants à ne pas se décourager. Afin de surmonter un échec à l?école, le plus important, c?est l?accompagnement de l?enfant, tant au niveau scolaire que familial. Il a besoin d?évoluer dans un environnement qui le comprend et qui l?encourage à se surpasser, nous y veillons particulièrement », explique Jacques Malié, recteur du collège du St Esprit, à Quatre-Bornes.

Bien souvent, c?est ce que les autres attendent de nous qui aggrave et amplifie la honte que l?on ressent après avoir échoué. « Je me souviens avoir perdu ma médaille d?or sur le dernier saut ! Sur le coup, ça fait très mal. On se rend compte que beaucoup de gens attendaient cette victoire et on a le sentiment de les avoir déçus. Mais ça nous fait penser que si cette fois on a échoué, la prochaine sera forcément la bonne. On sait qu?on a le potentiel pour mieux faire plus tard », assure l?ancienne athlète Marie-Lourdes Allysamba-Appadoo.

Une carapace contre la tristesse

En amour, la défaite est accompagnée d?un sentiment de méfiance vis-à-vis des futures conquêtes. Quand on place sa confiance en quelqu?un et qu?on est déçu, le regard change. Mis à part le chagrin de la séparation, il y a un sentiment d?amertume. On se forge une carapace afin de ne plus revivre une tristesse aussi intense. D?un seul coup, on tire un trait sur son passé, on perd toute capacité à l?analyser objectivement. Ce sentiment traduit une peine très grande, on préfère se montrer méchant plutôt que pleurer et montrer sa faiblesse.

L?ivresse de la victoire est superficielle, tandis que l?échec change profondément la personne. Celle-ci doit, en effet, chercher en elle-même les raisons de sa défaite et la force de la surmonter. C?est l?occasion de faire le point, de tout remettre en question pour pouvoir avancer. « Pour un politicien convaincu, un échec n?est que le début d?une grande victoire. Il y a deux manières de réagir face à un échec. L?approche opportuniste où le candidat changera de veste pour essayer de faire passer une autre idée ou alors, une attitude plus sérieuse : le candidat, persuadé que son idée est bonne, fera les ajustements nécessaires et changera éventuellement de tactique mais l?idée restera la même. Personnellement, j?opterai pour la deuxième solution », analyse Dev Virahsawmy, ancien politicien. Dans ce contexte, la défaite serait un moteur qui amènerait à défendre ses idées avec encore plus de conviction.

Accepter ses failles

Même s?il n?y a pas de remède miracle pour gérer une défaite, il est tout à fait possible de la surmonter. Elle peut même se transformer en élément positif. Pour gérer correctement un échec, il faut d?abord essayer de voir un peu plus loin que le bout de son nez. Toute réaction à chaud est démesurée et ne mène souvent à rien. Si chacun fait un bilan des échecs qu?il a connus dans sa vie, il réalise vite que ce sont ces mêmes échecs qui l?ont fait progresser. Une psychothérapie peut aider à prendre conscience des raisons qui ont mené à la défaite et à trouver des solutions pour ne pas la répéter.

Subir une défaite, c?est accepter que l?on ait des failles, qu?on n?est pas parfait ou qu?un autre peut faire mieux que nous. Le plus difficile n?est pas de se gérer soi-même ou d?accepter qu?on a perdu, c?est de faire face à l?entourage, à la réaction des autres. Celui qui gagne acquiert une telle image de satisfaction qu?il devient un mythe, un héros, ce qui vient renforcer la déchéance de son adversaire. En fait, bien souvent, c?est notre orgueil qui est blessé. On se sent humilié, bon à rien, montré du doigt, rejeté, bref complètement minable.

Mais la défaite est essentielle dans la vie de chaque individu. C?est en tombant que l?on réussit à se relever. Il est parfois nécessaire de se prendre une claque pour pouvoir se remettre en question. Il n?est certes jamais évident de s?avouer vaincu mais il est primordial de pouvoir apprendre de ses erreurs. Et soyons réalistes, s?il n?y avait pas de défaites, on n?aurait jamais connu cette rage de vaincre qui nous pousse au-delà de nos capacités. Cette force qui fait que quand on réussit, la satisfaction dépasse toutes nos espérances !

Que faire en cas d?échec ?

Malgré les efforts et la détermination qui nous animent, il est parfois difficile d?éviter un échec. Que faire pour bien le gérer :

Sortir des préjugés

Le piège à éviter, c?est de s?enfermer dans la prison des préjugés jusqu?à s?en rendre malade. Il faut bannir les phrases défaitistes, tels que « je n?arriverai jamais à changer », « c?est trop tard » ou encore « c?est trop difficile pour moi, je ne serai jamais à la hauteur ». Ce type de jugement décourageant maintient en situation d?infériorité.

Relativiser l?échec

Inévitable, il arrive à tout le monde à un moment ou à un autre de sa vie. Il est même souhaitable, dans la mesure où il est géré et où il sert de leçon pour l?avenir. Pour pouvoir le relativiser, il faut y avoir goûté. Ce n?est qu?en situation d?échec qu?on apprend la mesure des choses, qu?on mûrit et qu?on finit par grandir

Ne pas se laisser cataloguer

Celui qui perd une fois ne devient pas forcément un perdant. Dans le sport ou les affaires, le perdant d?aujourd?hui est souvent le gagnant de demain s?il sait analyser les causes de sa défaite et se donner les moyens d?y remédier.

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