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Appels à une candidature unique contre Rafsandjani
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Appels à une candidature unique contre Rafsandjani
A Sept jours du premier tour des élections présidentielles en Iran, la pression monte au sein du camp conservateur pour présenter une candidature unique face au favori, l’ancien président Ali Akbar Hachémi Rafsandjani.
L’avance de ce religieux pragmatique, libéral sur le plan économique, semble se tasser quelque peu mais, face à un camp conservateur divisé, il a toutes les chances d’aborder en tête le second tour qui s’imposera si aucun candidat ne remporte la majorité absolue dès le vendredi 17 juin.
Huit candidats sont en lice pour succéder au président réformiste sortant Mohammad Khatami – qui ne peut briguer un troisième mandat –, dont quatre anciens responsables des gardiens de la Révolution, la milice armée du régime mis en place en 1979 au lendemain de la déposition du chah.
La division des conservateurs “légitimistes” les prive d’une victoire alors que “leur unité leur apporterait à coup sûr la victoire”, écrit le journal radical Kayhan, qui propose de les réunir à huis clos pour les contraindre à s’entendre entre eux. “Les quatre candidats légitimistes devraient être enfermés dans une mosquée durant 48 heures pour négocier entre eux et avec Dieu afin de réaliser la nécessité d’une candidature unique à l’élection et de cesser de mettre l’accent sur leurs parcours individuels”, suggère le journal.
Le mieux placé des quatre, Mohammad Baqer Qalibaf, ex-chef de la police et des gardiens de la Révolution, recueillerait selon les sondages 14% des suffrages, contre 10,2 au réformiste le mieux placé, l’ancien ministre de l’Education supérieure Mostafa Moin.
L’addition des intentions de vote en faveur de Qalibaf avec celles se portant sur l’ex-chef de la radio-télévision publique Ali Laridjani, l’ancien maire de Téhéran Mahmoud Ahmadinejad et Mohsen Rezaie, qui a commandé les gardiens de la Révolution, donne un score proche de celui prédit à Ali Akbar Hachémi Rafsandjani.
<B>Candidat de consensus</B>
La presse de Téhéran suppute déjà qu’Ahmadinejad et Rezaie seraient sur le point de se désister et rapporte des propos de Laridjani, selon qui il faudrait s’attendre sous peu à l’annonce d’une bonne nouvelle concernant un candidat de consensus. Quoi qu’il en soit, les analystes politiques estiment que le premier tour de vendredi en huit ne permettra pas de dégager un candidat majoritaire et qu’il faudra organiser un second tour de scrutin le 24 juin.
Ils s’attendent par ailleurs à une faible participation, qui se situerait autour de la moitié des 48 millions d’inscrits, dont la plupart sont des jeunes gens qui n’ont jamais connu que la République islamique et sont déçus de l’incapacité de leur ancien poulain Khatami à reformer le système religieux de l’intérieur.
L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution, a exhorté samedi dernier les électeurs à se rendre massivement aux urnes pour “immuniser le pays, l’islam et l’avenir de la nation contre les complots de ses ennemis”. Les religieux semblent redouter qu’une forte abstention n’accentue les pressions intérieures et internationales sur l’Iran, qualifié d’“Etat voyou” par Washington et accusé de soutenir le “terrorisme” et de chercher à développer un arsenal nucléaire.
<B>Paul HUGHES</B>
POUVOIR POLITIQUE
<B>Khatami achève le 2e mandat dont il ne voulait pas</B>
■ Des larmes avaient coulé sur les joues du président iranien Mohammad Khatami lorsqu’il s’était présenté pour un deuxième mandat en 2001. Des ministres accusés et emprisonnés, des journaux réformateurs fermés, des étudiants favorables aux réformes battus et jetés en prison: les quatre premières années de Khatami au pouvoir avaient déjà convaincu l’ecclésiastique qu’il ne surmonterait jamais les résistances des conservateurs face aux réformes.
A 62 ans, Khatami, porté au pouvoir en 1997 par un raz-de-marée électoral, quitte discrètement la scène politique sans beaucoup de remerciements pour ses efforts. “Il ne fait aucun doute que le populaire Khatami a plusieurs réussites à son actif”, écrivait récemment le quotidien libéral Iran Daily dans un éditorial. “Mais, philosophe-président et idéaliste, il était en décallage avec le bouillonnement du pouvoir politique”. Huit candidats se disputeront la succession de Khatami lors de l’élection du 17 juin. La législation lui interdit de briguer un troisième mandat.
Tandis que le système politique iranien est resté inchangé malgré huit années d’efforts de Khatami, les changements sociaux sont intervenus depuis son arrivée au pouvoir. Le débat politique s’est libéré, les Iraniens craignent moins de s’exprimer et exigent plus de leurs dirigeants.
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