Publicité

Anthony Joseph ou la vie qui danse

2 juillet 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

À chaque pas, ils cherchent l?air, cet élément vital qui les aide à s?ouvrir au monde. Les danseurs, d?abord recroquevillés au sol, se déplient lentement et déroulent cette pièce en trois tableaux d?une poésie faite de langueur et de passion. Ballet composé de modern jazz, de contemporain et de hip-hop, REM (Respiration, Énergie, Mouvement) rend hommage à l?air, l?eau et au vent.

REM, c?est l?anagramme de MER et tout ce que cela implique. C?est ce qui est venu instantanément dans ma tête. REM représente la force morale et les choses essentielles de la vie exprimées à travers les mouvements de la danse », dévoile Anthony Joseph (photo), chorégraphe.

L?artiste est très pudique et rétif à l?exhibition, mais tout son bouillonnement intérieur explose dans sa première création. Le corps se fait matériau et matière d??uvre dans une mise en scène singulière. Il est le lieu de l?imaginaire, de la symbolisation et de la communication. Le mouvement devient l?interprétation sensible de sa pensée. Tout commence très lentement et finit par gagner en intensité.

Ce spectacle d?une heure est nourri de divers styles de musi-que en collaboration avec Jean-René Bastien pour la composition et l?arrangement musicaux.

En entrant dans la salle de répétition de la David Dance Academy, mise gracieusement à la disposition d?Anthony Joseph, on est d?emblée frappé par la cohésion de cette troupe. Ils sont treize danseurs, y compris le chorégraphe, à répéter tous les jours depuis quatre mois pour offrir un spectacle de qualité. « Sans danseur, le chorégraphe n?existe pas. C?est pour cela que je tiens à danser avec eux. Certains se sont déjà retrouvés avec moi pour West Side Story ou Mouvance. Aujourd?hui, je vole de mes propres ailes. »

Ces talentueux danseurs exerçant dans les hôtels ou comme professeurs sont ravis de se retrouver dans de si rares compositions. « La danse à Maurice est hélas considérée comme un art mineur », déplorent en ch?ur Anne-Marie Lutchmunsing, Gertrude Geoffroy et Ingrid Blackburn, « pourtant le chorégraphe met toute son âme dans sa création. »

Inversons la tendance en allant voir ce spectacle, car les répétitions préludent à des moments grandioses de vie entre deux rythmes et entre deux mouvements.

REM, les 14 et 15 juillet à 20 heures, et le 16 juillet à 14 heures au théâtre Serge Constantin, à Vacoas.

Publicité