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Angela Merkel affiche sa neutralité sur le budget européen

25 novembre 2005, 20:00

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En visite à Londres deux jours après son investiture, la chancelière allemande Angela Merkel a refusé de prendre parti dans la controverse sur le budget européen, invitant l?ensemble des Etats membres à des concessions. Pour son premier déplacement en tant que chef du gouvernement, Merkel s?était rendue la veille à Paris et à Bruxelles.

Son homologue britannique Tony Blair, président en exercice de l?Union jusqu?à la fin de l?année, s?efforce de dégager un compromis sur le budget européen 2007-2013 avant le sommet de Bruxelles, les 15 et 16 décembre.Londres a fait obstacle en juin à la conclusion d?un accord sur le sujet en refusant de revenir sur sa «ristourne» en l?absence de révision de la Politique agricole commune (PAC), dont la France bénéficie au premier chef. Or, Paris s?oppose à toute modification de la PAC.

«Je souhaite un succès et quand on veut le succès, on doit prendre en considération les sensibilités et les positions de chaque Etat. Si on omet les intérêts d?un pays, on ne va pas loin», a estimé Merkel lors d?une conférence de presse en compagnie de Blair à Downing Street.

«Mes discussions, hier et aujourd?hui, montrent qu?aucun pays ne peut demander trop aux autres», a souligné la chef de file du camp conservateur, qui a pris les rênes de la «grande coalition» formée par la CDU-CSU et les sociaux démocrates du SPD.

«Evidemment, ce sera difficile»

Si Merkel a accompli son premier déplacement officiel à Paris pour signifier son attachement à la vigueur de l?axe franco-allemand, sa sensibilité personnelle la rapproche davantage des positions de son homologue britannique, plus ouvert au libéralisme économique. «Sans la vigueur économique, l?Europe sera incapable de maintenir son modèle social», a-t-elle averti.

Priée à deux reprises de se prononcer sur la ristourne britannique, la chancelière ne s?est pas départie de sa neutralité, tout en soulignant l?attachement de Berlin à la recherche d?un compromis.

«Je suis ravie que la présidence britannique ait la volonté de progresser. Nous avons près de trois semaines devant nous pendant lesquelles chaque partie s?efforcera d?apporter sa contribution, après quoi nous verrons bien».

En dépit des pressions de ses partenaires européens, Blair a fait savoir qu?il dévoilerait ses propositions début décembre, une dizaine de jours seulement avant le sommet de Bruxelles.

«Evidemment, ce sera difficile, mais nous ferons de notre mieux pour parvenir à un accord», a assuré le Premier ministre, qui a également reçu son homologue polonais Kazimierz Marcinkiewicz.

«Tous les pays s?intéressent au budget, mais les nouveaux Etats membres (...) s?y intéressent plus particulièrement, parce que chaque euro qui leur est alloué est voué au développement et à la croissance économique», a souligné ce dernier.

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