Publicité

Anerood Jugnauth : ?S?il y a des transfuges, qu?ils s?en aillent?

14 février 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Anerood Jugnauth, alors simple président du MMM, ne prévoit pas de Grand Soir révolutionnaire si le parti qu?il préside accède un jour au pouvoir. Le Shadow prime minister se veut réaliste et pragmatiste. Tout ne changera pas à l?arrivée du MMM au pouvoir. Pas même cinq ans après. Un long chemin doit être parcouru avant d?atteindre le changement idéal. Le secteur privé existe et on ne peut l?anéantir d?un trait de plume. Il faut accepter les faits. ?Sinon un gouvernement MMM sera balayé, peut-être même avant la fin de son mandat.?

Il ne craint pas d?éventuels transfuges. ?S?il y en a qu?ils s?en aillent et tout de suite.? Cela lui est égal d?être à 30 ou à 35 dans? l?opposition. Mais c?est au pouvoir qu?on a parfois besoin des transfuges, même s?ils ont la conscience chargée, pour ne pas parler de casier judiciaire presque vierge.

Ramgoolam est le premier responsable de l?excision des Chagos. Il est prêt, toutefois, à coopérer avec lui pour toute démarche visant la rétrocession de Diego Garcia et des autres îles à Maurice.

Il donne tort à Amédée Darga d?avoir voyagé avec un billet d?avion, offert par le camp politique adverse. Il n?accorde aucun crédit aux allégations de A.V. Chettiar, sachant que ce dernier aurait affirmé le contraire, si Ramgoolam avait accédé à ses requêtes.

A propos des Chagos, l?IFB a toujours cru, en 1965, à Londres et même après, que les Mauriciens prêtaient les Chagos aux Anglais pour y installer une base de communications. C?est bien plus tard que ce parti a compris que Ramgoolam a accepté de vendre cet archipel à ses bons amis anglais. Même après la ? vente?, le PTr a continué à prétendre que les Chagos étaient seulement prêtées aux Anglais.

Il repousse énergiquement l?offre de coalition que Sir Seewoosagur Ramgoolam fait au MMM par l?intermédiaire de certains journaux anglais. Il rappelle qu?il a été ministre de Ramgoolam pendant plusieurs années, dans les années 1960. Il ne sait que trop combien ce parti permet le gaspillage effréné des revenus laborieusement acquis par la nation mauricienne.

Il soutient cette intéressante thèse économique que, n?était le boom sucrier de 1973-76, pour lequel le gouvernement travailliste n?a aucun mérite, la roupie aurait été dévaluée de 30 % dès 1975 et peut-être même avant. Le pire c?est que le PTr n?a pas su profiter de cette aubaine ni de cette manne pour corriger ses erreurs et redresser durablement la barre. Si coalition et alliance il doit y avoir avec le PTr, il ne peut s?agir que d?un PTr radicalement rénové. Autant dire : Mission impossible !

En ce qui concerne le secteur privé, Jugnauth ne veut pas que Maurice serve de cobaye à des thèses économiques idéologiques aventureuses. L?autogestion a ses mérites mais il faut y aller progressivement et sans faire de faux-pas. Le peuple ne doit souffrir en aucun cas. Il ne pardonne jamais à qui le fait souffrir inutilement. Il accueille avec satisfaction le fait que certains patrons acceptent en 1980 de parler de participation des employés aux bénéfices et même aux décisions de leur entreprise. Le patronat change d?attitude.

La base ouvrière aussi change d?attitude à l?égard du patronat. Il serait dommage que le MMM se fige sur des positions idéologiques qui étaient peut-être valables dix ans plus tôt. Jugnauth prône, par conséquence, une certaine modération syndicale. Il refuse, par exemple, qu?on se mette en grève sans avoir épuisé tous les recours possibles. Il craint par-dessus tout l?effet boomerang de toute grève mal comprise par l?ensemble de la population. La plus grande prudence est de rigueur. Il rappelle toutefois que la GWF n?est pas le MMM et que cette fédération syndicale jouit d?une marge de man?uvre contre laquelle les Mauves ne peuvent rien faire.

Publicité