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Andrew René : L'envie de cinema

24 septembre 2005, 20:00

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D'apparence frêle et sous couvert d'une timidité qu'il envoie rapidement valser dès qu'il parle de sa passion pour le cinéma, Andrew René est un comédien comblé. Rêvant de cinéma depuis sa plus tendre enfance, il s'attèle dès 1998, à concrétiser ce rêve. Sous l'impulsion d'un Francis Leroi qui a su multiplier son envie de cinéma, il fait ses débuts dans Zamé fini, produit par le Centre Culturel Charles Baudelaire. Un titre qui présageait déjà une fructueuse carrière.

Depuis, il n'y a pas un festival, un cours, une conférence ayant trait au cinéma qu'Andrew René ne rate. « Le cinéma me passionne, c'est magique, il fait rêver. C'est un monde à part, un monde où tout est possible, » raconte-t-il soudain animé. Si la caméra intimide et décourage certains, Andrew René lui, semble totalement sortir de lui-même lorsqu'il est face à la caméra. Il relève la tête, cherche l'émotion au fond de lui-même et devient quelqu'un d'autre. « C'est ce qu'il y a de plus fascinant dans ce métier. Etre acteur c'est devenir quelqu'un d'autre, quelqu'un de nouveau, quelqu'un de différent. »

Cette possibilité de pouvoir réinventer sa vie, semble lui tenir particulièrement à c?ur. ça l'amuse, ça lui plaît. Suivre les consignes du réalisateur, aller chercher au fond de lui-même la contenance, l'expression demandée, lui apporte une satisfaction sans pareille. « Le plaisir de jouer est unique. C'est même presque indescriptible parce que chaque comédien le vit et l'extériorise à sa manière. Pour moi, c'est presque une seconde nature parce que je me sens libre et totalement à l'aise. »

Libre de composer et libre surtout d'inventer, n'est-ce pas là, le propre de l'acteur ? «On peut apprendre les techniques, mais quand on est face à la caméra, c'est en soi qu'il faut trouver l'émotion. » Aujourd'hui qu'il a le beau rôle, Andrew René ne se contente pas d'être acteur. Il fréquente ses amis réalisateurs et producteurs, Wassim Sookia notamment, pour voir de leurs points de vue. Même s'il se refuse à réaliser ou à produire, son envie de cinéma est telle qu'il éprouve le besoin de tout savoir. «On apprend les uns des autres, mais on apprend surtout parce qu'on est curieux et passionné. »

Jeu de la caméra

Dans Eros, grâce à des effets spéciaux très inspirés, Andrew René devient cette divinité grecque qui veille sur le bonheur des couples. Une expérience unique raconte-t-il. « J'envoie des ondes magnétiques pour que l'amour se révèle. L'expérience a été plus que bénéfique parce que nous avons travaillé avec des techniciens avisés. Je me suis amusé, même si le projet a pris un an pour aboutir. »

En accord parfait avec les exigences du réalisateur, Andrew René ne se décourage pas par rapport au cinéma mauricien. « Il y a un cinéma mauricien qui émerge. Il faut y croire parce qu'il y a déjà une volonté chez ceux qui partagent cette passion. On a commencé le mouvement, les structures doivent être mises en place et rapidement, » soutient-il. Maintenant qu'il a travaillé ses gammes, avec les moyens du bord, pas question de s'endormir sur ses lauriers. « Des projets, il y en a à la pelle. Aux autorités de nous aider à mettre les choses en place. »

Lui qui s'est pris au jeu de la caméra, croquant des personnages pour des moyens ou des court-métrages, il est temps, selon lui, qu'une vraie industrie s'installe. « Les tournages se multiplient certes, certains talents s'exportent, mais beaucoup de projets restent dans les tiroirs et beaucoup de talents sont sous-utilisés. C'est vraiment dommage ! » Mais pour ce jeune homme de trente-trois ans qui raccorde sa vie grâce au cinéma, il ne faut pas baisser les bras.

Si le cinéma a d'abord à voir avec le rêve, le rêve doit continuer, même si les moyens manquent souvent à l'appel. «Moi, j'y crois et je continuerai à y croire, tant qu'il y aura des gens de la trempe de Wassim Sookia ou de David Constantin, qui arrivent à donner vie à nos rêves de cinéma. » Entre-temps, Andrew René sent encore grandir en lui, son envie de cinéma. Et comme au cinéma, la qualité première c'est la patience, il sera tenace, jusqu'au bout.

<B>Fenêtre sur Courts : Demandez le programme !</B>

Dix court-métrages sont diffusés au IGCIC à Phoenix, dans le cadre de ce festival. Cinq seront projetés ce dimanche à 16 h00 et cinq autres demain, lundi à 19 heures. L'entrée est gratuite.

Dimanche 25 septembre à 16 heures

?Eros de Wassim Sookia.

Ce court-métrage de vingt-six minutes, conte les aventures d'Eros, l'ange de l'amour. Ce dernier a pour mission de répandre l'amour sur terre.

?La potence de Mahammad Rezza Peeroo.

Comment la peine capitale a-t-elle été introduite chez nous et comment elle a été abolie.

?Question de vie ou de mort de Jivita Bunwaree.

Adaptée d'une histoire de Sobhanand Seeparsad, cette fiction de douze minutes, raconte les péripéties d'un homme qui a fait des jeux du hasard, son gagne-pain.

?La voiture rouge de Lindsay Dhookit.

C'est l'histoire d'une passionnée de course automobile, prête à tout pour remporter une course.

?L'ami Constant de David Constantin.

Dans ce documentaire intimiste, David Constantin rend hommage à son père, feu Serge Constantin, peintre et scénographe.

Lundi 26 septembre à 19 heures

? Un nuage de Dominique Merven.

Cette fiction de vingt-six minutes zoome sur le quotidien de Tante Zia, habituée à toutes sortes de rituels jusqu'au jour où son entourage se demande si elle ne perdrait pas la tête.

?Subda de Krishna Luchoomun.

Ce documentaire retrace le destin de trois personnages nés le même jour. Il s'interroge également sur leur cheminement.

?Le Morne Marron de Thierry Fleuriau-Château.

Le réalisateur s'interroge sur le symbolisme de la montagne du Morne, ancien refuge des esclaves Marrons.

?Ravinal Man de Nirveda Alleck. Inspiré d'un conte onirique, cette fiction raconte l'histoire d'une petite fille et d'un personnage étrange, dans un monde à mi-chemin entre rêve et réalité.

? Highway de Stéphane Bellerose. Warren et Freddy ont tout prévu pour aller danser, mais leur plan infaillible rencontre quelques travers.

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