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André Gilles séduit les fans de Tino Rossi

11 janvier 2004, 20:00

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Ils étaient moins nombreux que ce à quoi l?on aurait pu s?attendre au Plaza jeudi dernier pour répondre à l?invitation, pourtant généreuse et pleine de tendresse, de Marcel Lindsay Noë de Marlin Production. Qui proposait une reprise par André Gilles de vingt-deux titres, des 2 000 qui comprennent le répertoire époustouflant laissé par Tino Rossi, l?éternel. C?était pour marquer le vingtième anniversaire de sa mort : Viva Tino? 20 ans déjà ! Tino Rossi, le Corse, est décédé le 26 septembre 1983.

L?île Maurice s?est donc mise au pas de bien des célébrations, dans le monde, à la mémoire d?un chanteur prodigieux ? et qui chantait en direct ? dont la renommée aura osé battre tous les records de ventes de disques, et même celui de Johnny Halliday, totalisant 300 millions exemplaires !

Non moins généreux, André Gilles devait entretenir son public pendant plus de deux heures, répondant aux caprices de l?assistance, interprétant au final, plus d?une trentaine de chansons. Dont Une Rose, Solenzara, Ajaccio, J?avais 20 ans, La Paloma, Méditerrannée, Ave Maria, Petit Papa Noël, pour ne citer que celles-là. La dernière nommée, on le sait, se fait tube mondial à chaque Noël, et cela, depuis 1946 ! Ce fut un dialogue, authentique et privilégié, entre le chanteur et son public, composé tout autant de fidèles appartenant à la tranche d?âge des 60-70 ans, que des 45-50 ans.

Et, si la mémoire ne faisait défaut, par moments, à l?assistance pour les paroles, l?osmose eut été totale. Car, rarissimes étaient ceux qui, jusqu?au bout, demeurèrent prisonniers de leurs inhibitions. Contrairement au peintre Roger Charoux, très connu, et toujours très réservé. Qui, en la circonstance, entonna au micro baladeur d?André Gilles, quelques phrases de Marinella, pour le Mauricien, un classique de Tino.

Les peintres étaient particulièrement en verve ce soir-là. La toute jeune Sonia Degruson, (Voir l?express-Culture du lundi 5 janvier, 2004) qui, l?après-midi même, inaugurait son exposition au Centre Charles Baudelaire, se fit remarquer dans un duo improvisé avec André Gilles, sur une des valses viennoises qu?interprétait Tino Rossi, Le Danube Bleu.

C?est dire l?ambiance qui régnait ce soir-là. Au gré d?un public indulgent, pardonnant au bon Monsieur Laval, l?éclairagiste de service, et à la sonorisation, leurs imperfections. Comme, en famille.

André Gilles, entertainer rigoureux, sans en avoir l?air, fut pour sa part à la hauteur de sa réputation. L?interprète, et c?est le cas de le dire ? ne retenant que les inflexions de Tino Rossi, sans jamais l?imiter servilement ? fit montre d?une polyvalence tout à son crédit.

Il chante, avec autant de brio, Georges Guétary, Luis Mariano et? Tom Jones ! Ce qui a fort agréablement surpris l?assistance. Ainsi, André Gilles, pour paraphraser Tino Rossi, telle ?une rose, a séduit? l?assistance mauricienne. Il la séduira encore en mars ou avril prochain, quand il reviendra pour, cette fois, faire revivre Georges Guétary.

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