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Amours et désamours

17 décembre 2006, 00:00

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Tout au long de 2006, le MSM et le MMM ont mis en exergue leurs différences fondamentales, imposant à la population un spectacle de désolation, provoquant un vide dans le jeu politique. Le premier met en avant un argumentaire ethnique, tandis que l?autre vante un ancrage électoral qu?il estime inébranlable.

● L?année démarre laborieusement pour le trio MSM-MMM-PMSD, sous le coup d?une triple défaite électorale (législative, municipale et villageoise). La débâcle a été rapide : trois défaites en cinq mois. La confusion est grande pour le tandem Paul Bérenger-Pravind Jugnauth, qui se retrouve du jour au lendemain sans aucun levier. Pour le MSM surtout : un parti né et grandi au pouvoir. Son leader, qui n?a pas été élu au Parlement, entame une virée dans les villages pour tenter de reconquérir son électorat. Le MMM annonce sa réorganisation.

Le PMSD se montre distant et discret.

● Début mars, les bleus qui comptent deux élus au Parlement, à savoir le leader Maurice Allet et l?ex-mauve Eric Guimbeau, annoncent leur adhésion au gouvernement. En accueillant le PMSD au sein de l?assemblage hétéroclite de l?Alliance sociale, Navin Ramgoolam divise davantage l?opposition. Le poste de leader de l?opposition, occupé par Paul Bérenger, devient alors source d?instabilité.

● Le mois prochain, Paul Bérenger tente de convaincre Pravind Jugnauth de présenter, lors du prochain meeting du 1er Mai, son oncle Ashock comme futur Premier ministre d?une nouvelle alliance MSM-MMM lors du scrutin de? 2010. Ce qui devait arriver arriva : Ashock Jugnauth claque la porte du Sun Trust. Dès lors, les relations iront en empirant entre le MMM et le MSM.

● Pravind Jugnauth accuse Paul Bérenger de s?ingérer dans les affaires internes du MSM. Celui-ci rétorque alors cette fameuse phrase : « Il met le doigt dans un engrenage. » En fait, Paul Bérenger arrive à flatter Ashock Jugnauth en lui prédisant un destin premierministériel. L?oncle tombe sous le charme du « king maker ». Il lance alors son Union nationale, convaincu de bénéficier de l?appui du MMM.

● Ce même avril, Pravind Jugnauth va contre-attaquer Paul Bérenger. Nando Bodha remplace Paul Bérenger comme leader de l?opposition. De même, Showkutally Soodhun retrouve sa place de whip de l?opposition, que lui avait ravie, l?espace de quelques jours seulement, le MMM Ajay Gunness. Entre le MMM et le MSM, c?est la guerre ouverte au Parlement.

● Meeting du 1er Mai. L?Alliance sociale confirme sa suprématie en réunissant la meilleure foule (environ 7 000 personnes). Mais le MMM, qui a attiré un millier de moins, se proclame « plus fort que jamais ». De son côté, le MSM qui a réuni pas plus de 3 000 personnes, est convaincu que son leader demeure le « seul espoir ». Quant à Ashock Jugnauth, son premier « grand » meeting, tenu un peu plus tard, démontre tout de suite ses limites. Il est bien loin du MSM.

● Au Parlement, le MSM et le MMM opèrent, chacun de leur côté, et essayent de retrouver leurs terres, à mesure que progresse l?impopularité du gouvernement, due à la montée en flèche des prix de consommation courante.

● Début septembre, Pravind Jugnauth et Paul Bérenger renouent les contacts. Les deux hommes se voient, discutent avenir politique, le leur davantage que celui du pays. Ils sont convaincus qu?ils doivent retravailler ensemble et faire un trait sur leurs différends. Le 2 novembre, rencontre au sommet chez les Seetaram à l?occasion du mariage du MSM Jim Seetaram. Tout semblait alors indiquer la conclusion d?une autre alliance? mais des émissaires du pouvoir vont venir tout chambouler?

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