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Allégations de malversations à la Credit Union
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Allégations de malversations à la Credit Union
Une enquête des inspecteurs des sociétés coopératives a fait état d?irrégularités au sein de la Coopérative d?épargne et de crédit, la Civil Servants Cooperative Credit Union Limited (CSCCU). Celle-ci compte 2 134 membres et leur garantit des facilités d?épargne en leur fournissant une ligne de crédit. Cette société de coopératives est gérée par un comité de gestion composé de neuf membres.
Le rapport d?enquête met en exergue les manquements du comité de gestion qui «de manière générale, a failli à se conformer aux dispositions du Cooperatives Act de 2005». Sollicité pour une déclaration, le président actuel de la société Rajesh Sujun, a déclaré : «J?ai pris connaissance du rapport vendredi dernier et je ne souhaite pas faire de commentaires à ce stade d?autant plus que le comité doit en débattre bientôt.»
Cette enquête a été initiée à la demande du ministère de l?Industrie et des Coopératives. L?enquête a été menée par le Senior cooperative officer, Goorvadoo Mahendra Raj, assisté de Issimdar Moomtaz, Principal cooperative officer. Cela à la suite des allégations formulées par l?ancien président de cette coopérative, Aniff Emmambokus.
La secrétaire de la société, Kollany Boyjoonauth, a aussi été épinglée dans ce rapport qui note qu?elle a bénéficié des prêts d?un montant supérieur à ce qu?elle aurait dû obtenir en vertu de son capital d?actions. Il en va de même pour sa fille, Ranjeeta Boyjoonauth.
Les inspecteurs notent que cet état de choses a été rendu possible grâce à des «entrées douteuses» dans les registres de la société. L?autre irrégularité notée est le fait que la secrétaire assume aussi les fonctions de trésorière de la société.
Dans un passage du rapport, les inspecteurs notent que la valeur des actions détenues par Ranjeeta Boyjoonauth, la fille de la secrétaire, est de Rs 76 250 au 27 septembre 2007. Elle avait alors un solde d?emprunt de Rs 625 640 soit huit fois la valeur de ses actions. Ce qui est contraire au règlement qui limite le montant du prêt à quatre fois la valeur des actions.
Le rapport note que dans ces conditions-là, aucune autre demande d?emprunt n?aurait dû être entretenue. Pourtant il s?avère que le 30 avril 2008, elle a obtenu un prêt de Rs 800 000. Ainsi, résument les inspecteurs, Ranjeeta Boyjoonauth a obtenu des prêts de Rs 868 000 contre un capital-action de 86 799. Soit un montant de dix fois la valeur de ses actions.
Il note que ce même procédé a été utilisé par la secrétaire, Kollany Boyjoonauth, pour l?obtention de divers prêts de la coopérative. On souligne qu?un prêt de Rs 1 million contracté par celle-ci n?est pas remboursé selon les termes agréés. Interrogée, elle a déclaré qu?elle «entamera des poursuites contre le Registrar des coopératives».
Les inspecteurs notent : «Cette pratique illégale de prendre des emprunts pour acheter des actions résulte en des droits accrus injustifiés pour obtenir des prêts et conduit ainsi à un abus de fonds.» Le fait que certains prêts ne passent pas par le comité de direction est également décrié.
Le recrutement de Rajeev Boyjoonauth, fils de la secrétaire Kollany Boyjoonauth, a également été critiqué. Ce dernier a été recruté en tant que «bricoleur», suivant une requête de la secrétaire. Le board a donné son aval pour ce recrutement alors que ce poste n?a pas fait l?objet d?appel à candidature.
Le fait que Rajeev Boyjoonauth soit parti en congé du 5 mai au 13 juin 2008 a également été l?objet de controverse dans la mesure que deux directeurs de la coopérative ont soutenu que ce congé n?a pas été approuvé par le comité de direction.
L?autre recrutement contesté est celui de l?Accounts clerk, Khulshid Banon Muhomud par la coopérative. Elle avait été limogée d?une autre coopérative, la Mauritius Cooperative Savings and Credit League Ltd pour fraude alléguée. Elle est poursuivie en cour intermédiaire pour utilisation frauduleuse des fonds de cette société. Le litige porte sur la somme de Rs 1,3 million de cette coopérative, qu?elle aurait utilisée pour acquérir un appartement à Beau-Bassin.
Les inspecteurs déplorent qu?en dépit du fait que le comité de direction était au courant qu?elle faisait l?objet de poursuites en cour, elle a été recrutée alors que 26 candidates avaient été interviewées. Les inspecteurs disent qu?aucune lettre de demande d?emploi n?a été produite durant l?enquête et observent que la secrétaire déclare que les 26 lettres de candidatures à ce poste, ont été détruites.
Interrogé hier, Reshad Hosany, le secrétaire permanent du ministère de l?Industrie, du Commerce et des Coopératives a déclaré «qu?il n?est pas en présence du rapport». Il confirme que des allégations de malversations au sein de la société ont été portées à la connaissance du ministère. Il affirme : «Dans l?éventualité que ce rapport soit accablant pour certaines personnes, nous allons devoir prendre des actions.».
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