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Ali Jookhun au service des handicapés
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Ali Jookhun au service des handicapés
Il s?enracine au plus profond de son c?ur. C?est comme une force intérieure qui l?anime et le pousse à se battre, à se dévouer, sans jamais plier. Le social. Ali Jookhun, ne jure que par lui. Pas étonnant que cet homme soit dans plusieurs associations qui ?uvrent pour les personnes handicapées. « Sa la litte la ine vinn dan mo lavi par hasard, mone vive la dans et aster la, li fer partie moi. Mo pou fer li tout le reste mo la vie, ziska mo dernier souffle », confie-t-il. Vêtu d?une chemise et un pantalon dans les tons gris, Ali Jookhun affiche une petite barbe poivre et sel. Ses paroles se conjuguent à la simplicité et l?humilité.
Âgé d?une quarantaine d?années, l?homme a grandi dans la région de Plaine-Verte. Son père était employé dans la propriété sucrière de Mount, tandis que sa mère s?occupait de leurs quatre enfants. Ali Jookhun a étudié dans les écoles St-François Xavier et Jean Le Brun, puis il a fréquenté le collège Islamic jusqu?au School Certificate. Après ses études, il a créé un atelier de confection.
En 1988, il se marie à Banu, une jeune comptable qui travaille dans une entreprise privée. De cette union naît un premier enfant. Mais hélas, quelques instants après l?accouchement, il meurt. Quatre ans s?écoulent. Banu tombe à nouveau enceinte. Le 29 juillet 1993, elle met au monde des jumelles. Le couple les prénomme Umraanah et Irfaanah, symbolisant la royauté et la connaissance. Mais leur joie sera de courte durée. Car quelques mois plus tard, les deux petites, nées par césarienne, présentent des complications.
<B>« C?est comme un coup de massue »
« Elles prenaient plus de temps au niveau de leur développement et ne pouvaient manger que des aliments en purée. Après maintes consultations, elles ont subi un scanner du cerveau, qui a décelé une incapacité moteur cérébrale (IMC). Un handicap, c?est comme un coup de massue, mais nous l?avons accepté et étions déterminés à tout faire pour nos filles », raconte Ali.
Les jumelles sont atteintes, mais le degré d?infirmité est plus sévère pour Umraanah. Les Jookhun sont effondrés. Une souffrance indicible les submerge. Mais ils ne veulent pas baisser les bras. Au bout d?un an de traitement, Ali Jookhun constate qu?il n?y a pas d?améliorations. Il décide donc de se documenter sur ce type d?infirmité et les instances d?aide. Ses recherches le mènent vers l?Association des parents des enfants inadaptés de Maurice (Apeim).
Ali Jookhun continue ses démarches. L?école Bienvenue, à Vallée-Pitot, accepte de prendre les jumelles. Les deux fillettes y sont inscrites. En 1999, elles participent à une excursion. Mais en route, Irfaanah s?endort. L?enseignante la prend dans ses bras tandis qu?à côté, les autres enfants continuent à chahuter tout en découvrant la beauté du jardin Balfour. Mais ce brouhaha ne semble pas troubler la sieste de la petite. Et pour cause? Irfaanah ne dormait pas mais est décédée pendant le trajet. Ali Jookhun et son épouse sont encore une fois accablés par cette perte. Ils doivent surmonter leur chagrin. Pour Umraanah !
C?est ainsi qu?Ali Jookhun décide de se dédier à la cause des handicapés. « Je voulais partager les connaissances que j?avais, mais aussi aider de mon mieux les autres personnes atteintes d?infirmité, leur donner du soutien », explique-t-il. Membre fondateur de l?Anglo-Mauritian Disability Link, qui regroupe plusieurs associations travaillant pour les handicapés, il a lancé une autre association, U-Link, en l?an 2000. Ali Jookhun siège également dans le comité administratif de l?Apeim.
En 2001, il devient à nouveau papa d?un petit garçon prénommé Irfan. Haut comme trois pommes, le petit chérit sa s?ur qui ne peut guère se déplacer, mais qui transmet quand même toute sa joie de vivre à sa famille. Entre-temps, Ali Jookhun multiplie ses activités dans le bénévolat pour voir comment il peut contribuer à sensibiliser les Mauriciens à sa cause, mais aussi améliorer les conditions : « Je voulais surtout travailler pour que les autres changent de regard sur eux et que les parents ne les cachent plus dans l?ombre. »
En 2004, il est nommé président du Training and Employment of Disabled Persons Board à Calebasses. Un an après, son contrat est révoqué avec le changement de gouvernement. « Cela m?a déçu, car je suis apolitique. Mon but est juste de travailler pour les personnes handicapées », souligne-t-il. Comble de malheur, Umraanah décède elle aussi. Mais toutes ces épreu-ves, aussi douloureuses soient-elles, ne viendront pas à bout de l?homme. Sa lutte, il la maintient jusqu?au bout.
C?est ainsi qu?il a planché sur l?élaboration du Guide to Disability avec une équipe de volontaires. « Le livret propose des informations sur les services d?aide, les personnes à contacter, les mesures d?assistance gouvernementales, le descriptif des différents types de handicaps et des sites web. Nous avons édité 3 000 exemplaires qui seront distribués gratuitement dans les ONG. »
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