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Alain Jeannot : « La prévention routière devrait devenir une culture à Maurice »
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Alain Jeannot : « La prévention routière devrait devenir une culture à Maurice »
Alain Jeannot, le président de l’ONG Prévention Routière Avant Tout, qui vient d’être créée, est d’avis que la prévention sur la route devrait être inculquée aux Mauriciens. Il soutient qu’elle devrait même s’inscrire dans l’éducation des plus jeunes.
Cela fait des années que vous menez des campagnes de sensibilisation pour la sécurité routière. Quel est votre constat de la sécurité routière à Maurice ?
La situation sur nos routes aurait pu être pire mais elle aurait aussi pu être mieux ! Le nombre de fatalités par 100 000 habitants oscille entre 11 et 13 depuis quelques années. Notre réseau routier a augmenté de quelques kilomètres alors que le volume de notre flotte de véhicule a pratiquement doublé en 12 ans. De plus, notre mode de vie a beaucoup changé. Stress et manque de sommeil adéquat ne se conjuguent pas avec sécurité routière.
Pensez-vous que les autorités sont suffisamment engagées dans la campagne de sensibilisation pour assurer la sécurité routière ?
L’indice de fatalité reste plus ou moins le même depuis 2000 avec une moyenne d’un mort par 2 000 véhicules. Imaginez ce que la situation aurait pu être si des actions sensibilisatrices n’avaient pas été prises. Cependant, j’insiste sur le fait que nous pouvons faire mieux ! J’en suis convaincu.
Que proposez-vous comme mesures pour remédier à la situation ?
Prévention ! Ne pas attendre qu’un accident tragique nous rappelle que la route n’est pas sans danger pour réagir. La prévention devrait devenir une culture. La sensibilisation routière devrait être pratiquée dès le berceau et étendue dans toutes nos écoles dès la maternelle. Nous ne pouvons y échapper si nous voulons améliorer les choses. Nous devons nous accorder une bonne hygiène de vie, un temps de sommeil adéquat. Il faudrait aussi entretenir nos infrastructures routières existantes. Je suis désolé de dire qu’à ce niveau cela laisse à désirer.
Savez-vous que nous sommes un des rares pays au monde à posséder pratiquement 100 % de réseau routier asphalté ? Est-il bien entretenu ? Il suffit de faire un tour dans les grandes villes où les travaux de tout-à-l’égout ont eu lieu et vous verrez que les road markings sont quasi inexistants. Par exemple, à Roches-Brunes beaucoup d’intersections n’en ont pas. J’ai moi-même été témoin d’un accident il y a un an environ à cause de ce manquement.
On peut installer davantage d’infrastructures pour les piétons, tels que passages piétons et trottoirs, et les verbaliser s’ils ne s’en servent pas. Il faut aussi veiller à ce que les plus vulnérables usagers de la route, piétons, cyclistes et motocyclistes, soient visibles à tout moment sur la route.
Quelles seront les prochaines activités de l’association ? Comment sont-elles financées ?
Beaucoup d’activités sont prévues. Par exemple une publication mensuelle entièrement consacrée à la sécurité routière. Des foires, des road shows, des études de comportement. Nous sommes très motivés. Notre financement provient des sponsors qui se sentent interpellés par nos actions.
Vous êtes très impliqué dans cette campagne de sensibilisation. Pourquoi affichez-vous un tel intérêt à encourager les Mauriciens à être plus prudents sur les routes ?
La raison est très simple : la vie n’a pas de prix.
Vous voyagez beaucoup. Il y a peut-être des pratiques qui se font ailleurs et qui peuvent être appliquées à Maurice. Quelles sont-elles, selon vous ?
Le permis à points l’installation de caméras et indicateurs de vitesse dans les régions résidentielles le P plate system en Australie pour ceux qui viennent d’obtenir leur permis la présence dissuasive de véhicules de police à la sortie des discothèques, avec possibilité d’alcootest et de drug tests amende pour le jaywalking, en l’occurrence les piétons qui ne respectent pas le code de la route, comme à Singapour. Il faudrait également placer des bandes blanches indicatives de la distance à garder entre deux véhicules tout le long de l’autoroute, comme en Europe.
Lors de la séance parlementaire du mardi 12 juillet dernier, le Premier ministre a déclaré que la police suit de près les rallyes illégaux à moto. Que pensez-vous de cette déclaration ?
Les rallyes illégaux à moto sont dangereux et le Premier Ministre a entièrement raison dans sa démarche pour la securité de tous. Il faudrait cependant encourager la conception de circuits sécurisés et contrôlés pour ce genre de pratique. 
 
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