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Air Mauritius mise sur Londres
Air Mauritius envisage sérieusement d?introduire un vol quotidien sur Londres à partir de l?année prochaine. La compagnie nationale d?aviation dessert actuellement la capitale britannique cinq fois la semaine. Le cinquième vol hebdomadaire a été introduit en mars mais la fulgurante croissance de la demande a obligé les hauts cadres d?Air Mauritius à revoir leur stratégie.
?L?introduction du cinquième vol nous a permis d?augmenter notre capacité sur cette ligne par 25 % mais notre taux de remplissage est resté stable?, explique-t-on au quartier général d?Air Mauritius. Avant l?introduction de ce vol hebdomadaire sur Londres, le taux de remplissage sur cette ligne tournait autour de 81%. Dans la logique de l?aviation, tout pourcentage supérieur à trois quarts signifie que le transporteur refuse des passagers.
Or, ce taux est resté inchangé malgré l?augmentation de la capacité. ?Selon notre plan initial, un sixième vol hebdomadaire allait être introduit en 2005 et un septième en 2006, mais tout indique que nous
opèrerons sept vols par semaine dès l?an prochain?, souligne-t-on chez Air Mauritius. Le succès de la route Londres-Plaisance s?explique plus par l?engouement des Mauriciens à se rendre à Londres que l?attrait du pays aux touristes britanniques.
L?an dernier, 25 000 Mauriciens ont pris l?avion pour la Grande-Bretagne, ce qui représente une hausse de 16,3 % par rapport à 2002. Rien que pendant les six premiers mois de 2004, 14000 Mauriciens ont rallié la Grande-Bretagne, soit 26,7 % de plus que durant la période correspondante l?an dernier. Cela provient du fait que les Mauriciens n?ont pas besoin de visa pour visiter la Grande-Bretagne et qu?ils sont de plus en plus nombreux à y aller pour étudier ou chercher un emploi.
Au cours du premier semestre 2004, le nombre de touristes venant de la Grande-Bretagne a régressé de 3 % par rapport à la période correspondante l?an dernier. Toutefois, 2003 a été une année record pour le marché britannique avec 91 210 arrivées, soit 13 % de plus qu?en 2002. Tout ce trafic, soit 116 000 personnes en 2003, a été essentiellement partagé par Air Mauritius, British Airways et, dans une moindre mesure, par Emirates via son stop-over de Dubayy.
Changement de trafic
La compagnie nationale d?aviation compte également effectuer un rapprochement avec Air Seychelles pour mieux desservir la Grande-Bretagne. La compagnie seychelloise opère deux vols hebdomadaires sur Londres mais fait face à un changement de son trafic avec l?arrivée de nouvelles compagnies d?aviation dans l?archipel.
Emirates opérera jusqu?à sept vols hebdomadaires entre Dubayy et Seychelles à partir de janvier 2005. Qatar Airways effectuera aussi quatre vols par semaine entre Doha et les Seychelles. L?archipel accueille 125 000 touristes annuellement.
?Il est possible que leur arrivée dynamise le marché mais il y aura certainement un changement du trafic existant?, explique Rajiv Bissessur, n° 2 d?Air Seychelles. Il était en visite à Maurice en compagnie de son président, le capitaine David Savy cette semaine. Ils en ont profité pour rencontrer l?état-major d?Air Mauritius. ?Dans un esprit de partenariat, nous avons discuté de la manière qu?ils peuvent aider à remplir nos vols mais il n?y a rien de concret jusqu?ici?, ajoute Rajiv Bissessur.
L?objectif d?un éventuel rapprochement plus prononcé entre les compagnies aériennes des deux pays vise à mieux affronter les réalités d?une industrie qui ne cesse d?évoluer. Rajiv Bissessur l?a d?ailleurs réaffirmé lors d?un déjeuner d?affaires organisé par la Chambre de commerce et d?industrie américaine mardi. ?La libéralisation est inévitable. Elle peut être retardée mais pas stoppée.?
Les petits Etats insulaires comme Maurice et les Seychelles doivent donc se préparer. Les pays, fervents supporters de l?ouverture du ciel, sont des Etats développés et d?importants réservoirs touristiques pour les pays insulaires. Ils font ainsi pression pour la libéralisation de l?accès aérien. Cette question revient sur la table lors des discussions bilatérales entre pays développés et les petits pays. Il occupe même une large place dans les négociations politiques.
Les Etats insulaires, aussi bien que leurs compagnies nationales d?aviation, sont obligés de revoir leurs stratégies. Le but est d?en tirer un avantage maximal tout en minimisant les risques. La politique de l?aviation doit être en parfaite cohésion avec la politique touristique du pays. ?Nous devons savoir si nous voulons être une destination sélective ou donner l?image d?une destination pas chère?, souligne Rajiv Bissessur. D?autant plus que la pression pour remplir les chambres d?hôtel est forte.
La vocation des compagnies aériennes nationales a aussi été évoquée. Rajiv Bissessur précise que la vocation d?Air Mauritius doit être définie. En clair, savoir si son objectif est de maximiser ses profits ou d?être en quelque sorte comme une police d?assurance à l?image d?Air Seychelles.
Cet argument fera certes sourire à Air Mauritius Centre. La compagnie nationale d?aviation s?arme pour mieux affronter les nouveaux défis. Et le Paille-en-Queue est d?humeur combative?
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