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Agents recruteurs d?étudiants : La prudence est de mise
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Agents recruteurs d?étudiants : La prudence est de mise
Depuis qu?elle est toute petite, l?Australie représente pour Cathy Constant la «terre promise». Pour y avoir passé des vacances à de multiples reprises, elle s?y sent «comme à Maurice». «Sans les barrières. Avec davantage de possibilités.» Aujourd?hui, Cathy est en passe de réaliser son rêve. C?est ce matin qu?elle prend l?avion. Direction Perth où elle étudiera pendant deux ans en vue d?obtenir un diplôme en Children Studies. Et pas question d?en rester là. «A l?issue de cette formation, j?entrerai directement en deuxième année à l?université pour faire une licence en Child Services».
Comme bon nombre d?étudiants avant elle, Cathy a eu recours aux services d?un agent recruteur d?étudiants. Elle qui en avait déjà rencontré quelques-uns auparavant n?avait encore jamais osé franchir le pas. «Il est vrai que je n?avais pas les finances nécessaires pour partir avant mais c?est également parce que je n?avais jamais reçu un service adéquat.» Et surtout, qui n?a pas entendu parler de tous ces jeunes qui se sont fait escroquer ? Qui une fois arrivés à destination ont déchanté. Puis l?an dernier, son beau-frère lui parle d?Australian Migration & Study Consultant Ltd. Il lui fait part de sa satisfaction. «J?avais quand même encore certaines appréhensions mais quand j?ai rencontré l?agent et que j?ai vu que ce qu?il promettait sur papier, il le faisait réellement, j?ai été rassurée.»
Zulfikar Maudarbocus, directeur de l?agence Australian Migration & Study Consultant Ltd, s?occupe de toutes les démarches administratives de Cathy. «Je ne lui ai jamais remis un sou. Même le paiement des frais de scolarité s?est fait directement avec le collège», souligne la jeune femme de 23 ans. Ils sont plusieurs à avoir adopté cette pratique parmi la vingtaine d?agences de recrutement enregistrée auprès du ministère de l?Education. Doris Chitson, directrice d?OVEC, explique : «Nos services sont gratuits. Ce sont les institutions qui rémunèrent OVEC selon le nombre d?étudiants qui y vont. Quant aux frais de scolarité, les étudiants les règlent directement aux institutions.»
Certains, à l?instar de Professional Training Centre, imposent des frais minimes de Rs 1 000 remboursables pour les universités et un dépôt de Rs 2 000 non-remboursable pour les collèges. Chez d?autres par contre, le processing fee peut varier de Rs 8 000 peu importe la destination à Rs 10 000 pour l?Irlande et Rs 15 000 pour l?Australie. Il y a aussi ceux qui font payer entre 5 % à 20 % du montant des frais de scolarité dépendant de la destination et des démarches à effectuer. Plus elles sont time consuming, plus elles coûteront. C?est la raison pour laquelle aucune d?elles ne propose ses services aux étudiants souhaitant se rendre en France. Les études y étant dans la plupart des cas gratuites, aucune commission possible.
Conseils gratuits et assistance
Les prestations, elles, ne varient que très peu d?une agence à l?autre. Conseils gratuits, assistance pour les démarches administratives, recherche de logement, transfert de l?aéroport, facilité de paiement. Certains ont même un bureau à l?étranger afin d?aider les jeunes une fois sur place. Quid d?un emploi garanti une fois sur place ? «C?est un mensonge que de promettre aux étudiants un travail garanti sur place. Nous pouvons les aider à rédiger leur CV, leur indiquer où chercher du travail et même les enregistrer pour les besoins de la taxe mais leur promettre un travail, c?est impossible», soutient Zulfikar Maudarbocus, qui est également un registered tax agent en Australie.
Des décennies que les agences prospectaient sans cadre régulateur. Et puis est arrivé en décembre 2006, le Licensing of Recruiting Agents for Overseas Educational and Training Institutions Act 2006. Si Doris Chitson considère qu?en réglementant ce secteur, «le ministère a évité le pire», tous ne partagent pas cet avis. C?est le cas de Zulfikar Maudarbocus, qui déplore le fait que «les agences continuent à champignonner à Maurice et continuent à envoyer des gens en Australie. C?est un fiasco. Il y a des gens qui sont passés par ces agences et qui se retrouvent en difficulté. Ils demandent de l?aide». Rajeshwari Jeyashankar, directrice de Campus Abroad, d?ajouter : «Il y a bien une loi mais tous ne la respectent pas. Le gouvernement devrait prendre des mesures.»
Pas plus tard que la semaine dernière, l?Education a publié dans la presse une liste d?une dizaine d?agences qui ne sont «PAS» dûment enregistrées. Du côté du ministère, l?on explique qu?«il n?y a pas eu de problèmes particuliers avec eux. C?est juste qu?ils avaient l?habitude d?advertise dans les journaux mais n?avaient jamais fait de demande auprès du ministère pour être enregistrées comme agents recruteurs». En somme, mieux vaut prévenir que guérir. Pooroosautma Motoosamy, directeur d?Excel Education Services Ltd, d?ajouter que parmi ces agents, il y a des «incompétents». «Ils ne font pas les démarches comme il le faut et les étudiants rencontrent beaucoup de problèmes par la suite». Comme quoi, cette mention «Reconnue par le ministère de l?Education» n?est garante que de leur légitimité et de leur droit d?opérer légalement.
Pratique : consulter le http://ministry-education.gov.mu pour la liste complète des agences enregistrées.
DESTINATIONS ET COURS LES PLUS PRISES
Ces dernières années, l?Irlande était la destination préférée des candidats à l?immigration. Si elle attire toujours, c?est justement à cause de la possibilité d?y travailler et d?obtenir un permis de résident permanent. L?Australie revient, quant à elle, en force. Les cours en «Business management» sont les plus demandés. Du côté d?«Excel Education Services Ltd», on fait même une promotion sur ce cours. «Si l?étudiant ne détient qu?un SC, il faudra qu?il fasse un cours de remise à niveau, l?IELTS au coût de $2 850. Si par la suite, il veut suivre un cours en «Business Management», la première année ne lui coûtera que $ 2 000 contre $ 4 000 s?il ne suit pas l?IELTS», explique la conseillère. Zulfikar Maudarbocus souligne que les cours en pâtisserie, informatique et comptabilité sont très en vogue en Australie. «Ce sont des formations qui permettent d?obtenir un permis de résident permanent à l?issue de la formation.» Cette possibilité rend Singapour et le Canada également attrayant. Et si la Chine émerge, c?est surtout à cause du coût de la vie relativement bas. Que vous soyez jeunes ou moins jeunes, Que vous ayez une «Form III», un HSC, une licence ou une maîtrise, beaucoup ou pas du tout d?expérience professionnelle, les agents vous aident à trouver votre bonheur. Du moins, ils essaient. Les démarches peuvent durer quelques jours comme quelques semaines.
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