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Affaire Vanessa Lagesse : Prem Raddhoa contre-interrogé

7 décembre 2006, 20:00

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Prem Raddhoa a eu à répondre, hier, à des questions sur ses déclarations à la presse dans le cadre de l?enquête sur la mort de Vanessa Lagesse. Son contre-interrogatoire par l?avocat de Bernard Maigrot, Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, a, en effet, commencé devant le magistrat Azam Neerooa, siégeant au tribunal de Mapou. C?était lors des travaux de l?enquête préliminaire sur la mort de la styliste.

Au début de l?audience, l?avocat de la défense a réclamé une copie de l?enregistrement vidéo de la reconstitution des faits au bungalow de Vanessa Lagesse à Grand-Baie. Me Priya Cheetoo, Senior State Counsel, n?y a pas objecté.

Me Collendavelloo : En mars 2001, vous étiez inspecteur de police ?

R : À la fin de mars 2001, j?étais chef inspecteur de police.

Q : En tant que tel, vous étiez considéré comme un officier de troisième grade au sein de la force policière ?

R : Oui.

Q : Comme chef inspecteur, vous preniez vos instructions de qui ?

R : Je reçois des instructions du commissaire de police ou des responsables des districts.

Q : En 2001, combien d?années de service comptiez-vous au sein de la police ?

R : 29 ans.

Q : Êtes-vous familier avec les procédures au sein de la police ?

R : Oui.

Q : Est-ce que toutes les enquêtes sont menées selon les procédures contenues dans les Standing Orders de la police ?

R : Oui. Les enquêtes sont menées d?après les faits et les circonstances de l?affaire. On suit les procédures comme stipulé dans les Standing Orders.

Q : Est-ce que vous dérogez aux règlements ?

R : Non, je n?y déroge pas.

Q : Tous les postes ont des livres où sont inscrits les mouvements des personnes, incluant des policiers ?

R : Oui.

Q : Pouvez-vous donner à la cour une liste de ces livres ?

R : Le Diary Book.

Q: Il y a aussi l?Occurrence Book ?

R : Non. L?Occurrence Book n?a rien à faire avec les mouvements des officiers de police.

Q : A quoi sert l?Occurrence Book ?

R : On y inscrit des déclarations.

Q : Voulez-vous dire des rapports inscrits par des policiers concernant des crimes, vols et contraventions ?

R : Oui.

Q : Des arrestations sont-elles inscrites dans l?Occurrence Book ?

R : Oui.

Q : Est-il vrai de dire que tous les policiers ont en leur possession un note book où ils inscrivent des notes de toutes les affaires dans lesquelles ils sont impliqués ?

R : Oui.

Q : En 2001, aviez-vous dérogé aux règlements au sein de la force policière ?

R : Je les ai respectés.

Q : Êtes-vous au courant que selon ces règlements, vous devez obtenir l?aval du commissaire de police pour communiquer avec la presse ? Et êtes-vous d?accord qu?un officier de police ne doit pas communiquer avec la presse sans l?autorisation du commissaire de police ?

R : Oui.

Q : Êtes-vous d?accord qu?à chaque occasion où un policier veut communiquer avec la presse, il doit absolument en avoir l?autorisation ?

R : Oui.

Q : Êtes-vous d?accord qu?il n?est pas correct pour un officier de police de divulguer des informations à la presse concernant une enquête dans laquelle il est impliqué ?

R : Oui. Cela ne concerne pas seulement l?officier de police mais aussi la personne qui est impliquée directement.

Q : Avant d?obtenir l?autorisation du commissaire, l?officier de police doit en faire une demande ?

R : Une demande verbale suffit.

Q : C?est-à-dire, une autorisation verbale ?

R : Oui.

Q : Concernant la présente enquête, vous avez fait plusieurs déclarations à la presse ?

R : Pas plusieurs. Je répondais seulement aux questions des journalistes qui me harcelaient. They kept pestering me.

Q : Est-ce que vous étiez harcelé le 29 septembre 2006 entre 17 et 18 heures dans les locaux de la MBC ?

R : Non. J?ai seulement répondu à une invitation de la MBC.

Q : Avez-vous obtenu l?autorisation du commissaire de police à chaque fois que vous avez communiqué avec la presse ?

R : Oui. Sauf en une occasion. Je me souviens n?avoir pas informé le commissaire quand on m?avait transféré de la CID à la SMF où j?étais contraint de compter les boulons.

Q : Êtes-vous au courant d?un ordre émis par cette cour vous interdisant de commenter à la presse l?affaire Vanessa Lagesse ?

R : Non. On ne me l?a pas communiqué.

Q : Saviez-vous qu?au 29 septembre 2006, vous étiez un témoin dans cette affaire ?

R : Oui.

Q : Étiez-vous au courant que vous n?avez pas le droit de commenter cette affaire dans la presse ?

R : J?étais au courant.

Q : Étiez-vous au courant que le suspect Bernard Maigrot avait mentionné que Martine Desmarais est son alibi witness ?

R : Oui.

Q : Avez-vous déclaré que l?alibi de Martine Desmarais en faveur de Bernard Maigrot était faux ?

R : Oui. C?est ce qu?a révélé notre enquête.

Q : Savez-vous que votre déclaration a été diffusée à la radio ?

R : Oui. C?est évident.

Q : Manifestement vous savez que votre déclaration était de nature à influencer des gens à croire que l?alibi fourni par Martine Desmarais est faux ?

R : Non. Cela n?était pas mon intention.

Q : Quelle était votre intention en faisant cette déclaration ?

R : Je ne me souviens pas de ce que j?ai dit à la radio. Je ne me rappelle pas les réponses que j?ai données. Mais j?ai répondu à des questions.

Me Collendavelloo a ensuite posé une question au SP Raddhoa à partir de la transcription de l?interview qu?il a donnée à la MBC, le 29 septembre 2006. Mais Me Cheetoo y a objecté. Me Collendavelloo a alors informé la cour que son client avait fait l?enregistrement de l?interview et que la transcription a été faite par l?avoué Jaykar Gujadhur.

Me Cheetoo devait néanmoins maintenir son objection. La séance a ensuite été levée.

À la reprise, Me Collendavelloo a accepté de remettre une copie de la transcription à sa collègue du parquet. Cette dernière a demandé un renvoi pour étudier la transcription avant de décider de la marche à suivre. Le contre-interrogatoire du SP Raddhoa se poursuit ce matin.

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