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Affaire Litvinenko : Empoisonnements en série

9 décembre 2006, 00:00

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La course est lancée entre les Russes et les Britanniques. C?est à qui résoudra cette affaire en premier. Même si les deux camps le démentent avec véhémence, l?affaire Litvinenko a certainement jeté un froid sur les relations anglo-russes .

Alors que la section antiterroriste de Scotland Yard est en Russie depuis 4 jours, le parquet de Moscou a décidé d?ouvrir une enquête de son côté Alexandre Litvinenko qui a succombé à une dose massive de polonium 210, le 23 novembre dernier, n?est que la première victime de cette substance hautement radioactive.

D?autres personnes auraient été touchées par le poison, notamment les hommes d?affaires Andrei Lugovoï et Dmitri Kovtun. Ce dernier est actuellement traité dans un hôpital moscovite.

Tout serait donc parti de l?hôtel Millenium situé dans le centre de Londres. Les médias britanniques l?appellent déjà le «poison hotel» ! Litvinenko, Lougovoï et Kovtun se seraient rencontrés ici là 1er novembre. Du polonium 210 a d?ailleurs été découvert dans le corps de sept employés de l?hôtel. Selon un professeur de l?agence de protection de la santé «ces gens ne risquent rien à court terme. Il ne ressentiront aucun symptôme et ne tomberont pas malade. A long terme le risque sera plus important et il pourront peut être développer des cancers.»

Alexandre Litvinenko a été inhumé avant-hier à Londres dans un cercueil totalement hermétique du fait de la radioactivité du polonium 210 qui perdurera encore pendant plus de 20 ans.

LITVINENKO OU LE PARCOURS DU COMBATTANT...

Alexandre Litvinenko a servi dans les services de contre-espionnage du KGB, puis au sein de la cellule de lutte contre le crime organisé au sein de son successeur, le FSB. En 1998, il s?est retourné contre ses anciens camarades et a déclaré lors d?une conférence de presse à Moscou que certains officiers supérieurs du FSB avaient projeté d?assassiner le magnat russe Boris Berezovski. Il a été arrêté à plusieurs reprises par le FSB, mais un tribunal a ordonné sa libération et les poursuites ont été abandonnées. En 2000, il a fui en Grande-Bretagne avec sa femme et leur fils, et ils ont obtenu l?asile, puis la nationalité britannique.

Litvinenko a cosigné en 2002 un livre dans lequel il affirmait que des agents du FSB avaient coordonné des attentats contre des immeubles en Russie en 1999, qui avaient tué plus de 300 personnes. Ces attentats avaient été attribués par les autorités aux séparatistes tchétchènes. En 2002, le FSB avait demandé à Londres s?il pouvait interroger Litvinenko concernant les attentats de 1999. Il a rencontré plusieurs «contacts» le 1er novembre. Le surlendemain, il était hospitalisé à Londres et l?on diagnostiquait qu?il était contaminé à l?isotope radioactif polonium 210. Litvinenko, mort le 23 novembre, a été inhumé le 7 décembre au cimetière de Highgate, dans le nord de Londres.

ANNA POLITKOVSKAÏA NOMMEE ?HEROÏNE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE DANS LEMONDE

L?Institut International de la Presse (IPI) a nommé avant-hier la journaliste russe Anna Politkovskaïa, assassinée devant son immeuble le 7 octobre à Moscou, 51ème «héroïne de la liberté de la presse dans le monde». L?attribution de ce titre à Anna Politkovskaïa «est un hommage que nous portons à sa bravoure mais également une reconnaissance des luttes des nombreux journalistes courageux qui travaillent en Russie», a souligné le directeur de l?IPI, Johann Fritz, cité dans un communiqué. «Plus de 20 journalistes ont été tués en Russie depuis 2000, la plupart ont été tués en toute impunité», a-t-il souligné. Mme Politkovskaïa, collaboratrice du journal Novaya Gazeta, achevait une enquête sur la torture en Tchétchénie qui devait être publiée le 9 octobre, rappelle l?IPI en précisant que le journal a publié l?article inachevée le 12 octobre. «Nous voulons ainsi souligner son courage et sa détermination exceptionnelle et lancer un appel aux autorités russes de faire en sorte qu?il y ait une enquête approfondie sur son meurtre», a encore indiqué le responsable de cet organisme qui défend la liberté de la presse dans le monde depuis plus de 55 ans. Anna Politkovskaïa, une des rares journalistes russes à dénoncer les atteintes aux droits de l?Homme en Tchétchénie, a été assassinée par des inconnus dans l?entrée de son immeuble à Moscou le 7 octobre.

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