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Actions rationnelles, résultats irrationnels
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Actions rationnelles, résultats irrationnels
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Le gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi, met en garde les spéculateurs. En s?adressant aux opérateurs, vendredi dernier, à Flic-en-Flac, le patron de la politique monétaire attribue la faiblesse de la roupie principalement aux particuliers et aux sociétés qui s?accrochent à leurs devises en anticipant une chute continue de la monnaie locale.
La spéculation est la cause des déséquilibres, du point de vue de la Banque centrale. Les opérateurs préfèrent garder leurs recettes d?exportation dans les monnaies étrangères afin d?optimiser leurs gains tandis que les importateurs ont précipité le paiement de leurs factures d?importation dans la crainte d?une appréciation des monnaies étrangères face à la roupie. Résultats des courses : la pénurie sur le marché des changes ne fait que s?exacerber.
Si le comportement des opérateurs est tout à fait rationnel, comme l?affirme Ramesh Basant Roi, la conséquence de leurs actes et attitudes est, somme toute, irrationnelle. Les effets que cela produit risquent de minimiser l?impact des fondamentaux économiques autrement positifs sur le taux de change de la roupie.
En effet, le marché ?forex? aurait dû bénéficier d?un certain soulagement avec la réduction notable du déficit du compte courant de la balance des paiements. D?autre part, le niveau des réserves internationales dans l?économie reste confortable. Pourtant, les liquidités restent sous forte pression.
Le gouverneur de la Banque centrale estime que la politique monétaire a joué son rôle à travers les injections régulières sur le marché des devises et les hausses des taux d?intérêt destinées à donner plus de tonus à la monnaie locale. Il incombe maintenant aux autres acteurs du marché, à savoir les fournisseurs de devises, d?assumer leurs responsabilités.
Les autorités n?auront d?autre choix que d?agir contre les spéculateurs si ces derniers, de par leurs agissements, continuent à perturber le marché. ?Ne forcez pas les autorités à avoir recours aux mesures non orthodoxes?, lance le responsable de la Banque centrale.
Que peuvent bien être ces mesures non orthodoxes ? Dans un cas extrême, les autorités pourront restituer le contrôle des changes ou encore obliger les opérateurs à remettre toutes les devises à leur disposition à la Banque centrale.
Dans un scénario moins drastique, les autorités pourraient exiger qu?une partie de leurs stocks de monnaies étrangères soit remise à la Banque de Maurice. Celle-ci sera alors plus à même d?alimenter plus régulièrement le marché des changes.
Mais il y a aussi des interventions plus classiques telle une nouvelle hausse du taux Lombard d?ici la fin de l?année.
Les opérations monétaires se feront bientôt dans un nouveau cadre qui prévoit le remplacement du taux Lombard par le ?Repo Rate?. Le nouveau taux directeur sera déterminé par l?action de la Banque centrale pour alimenter ou absorber les liquidités sur le marché interbancaire selon la conjoncture. Ce nouveau mode opératoire permettra de relever les taux d?intérêt sans mettre en péril l?activité économique et l?emploi.
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