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Accord de cessez-le-feu aux abords de Bukavu

2 juin 2004, 20:00

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L?armée régulière congolaise et des soldats rebelles qui se battent pour le contrôle de la ville de Bukavu, dans l?est de la RDC limitrophe du Rwanda, ont convenu d?un cessez-le-feu.

Mais un officier rebelle marchant sur la ville, le colonel Frank Mitima, a semé le doute sur la réalité de cet accord en affirmant que l?armée gouvernementale avait attaqué ses forces après la conclusion, lundi, de la trêve.

Sébastien Lapierre, porte-parole des Nations unies à Bukavu, a annoncé que le général Mbuza Mabe, commandant militaire du Sud-Kivu, avait ?reçu des instructions? pour accepter le cessez-le-feu mardi.

D?après lui, des casques bleus de l?Onu se déploieront de part et d?autre de la ligne de front pour éviter toute violation de la trêve. ?Les termes (de cet accord) sont pas de tirs et pas de mouvements de troupes.?

Auparavant, les soldats rebelles avaient repoussé mardi les forces gouvernementales au nord de Bukavu, dans l?est de la République démocratique du Congo (RDC), et ont annoncé leur intention de prendre cette ville frontalière du Rwanda. ?Nous sommes à une quinzaine de km de Bukavu et nous progressons vers la ville (...) Nous avançons maintenant jusqu?à ce que nous arrêtions le génocide?, a déclaré à Reuters le général Laurent Nkunda, ancien chef des rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), dont les hommes sont censés être incorporés à la nouvelle armée congolaise.

Les soldats dissidents sont des Banyamulenges, ethnie congolaise apparentée aux Tutsis du Rwanda et du Burundi. Des Banyamulenges ayant fui Bukavu se sont plaints d?avoir été persécutés par les forces de sécurité et par des civils en raison de leur ethnie.

Des responsables de l?Onu ont dit qu?ils enquêtaient sur les accusations d?exactions. Cependant, des habitants de Bukavu ont expliqué que les combats avaient éclaté à la suite de réticences des ex-rebelles à rejoindre la nouvelle armée nationale après avoir jusqu?ici imposé leur loi dans leur fief.

Sur la route entre Bukavu et l?aéroport de Kavumu, situé à 35 km au nord de la ville, des témoins ont dit avoir vu les forces gouvernementales battre en retraite face à l?avance des hommes de Nkunda. Ils ont ajouté qu?ils avaient aperçu des cadavres sur la route. Les anciens rebelles du RCD ont commencé à affronter les forces gouvernementales à Bukavu.

La force de paix de l?Onu a réussi à mettre fin aux combats samedi mais les violences ont repris lorsqu?une colonne d?un millier de combattants conduits par Nkunda a marché sur la ville.

Le ministre congolais des Affaires étrangères, Antoine Ghonda, arrivé mardi à Bukavu, a exhorté l?officier rebelle à respecter un cessez-le-feu, tandis qu?une délégation de haut rang est attendue de Goma pour tenter de résoudre la crise. ?Il ne peut prendre Bukavu. Il y a un cessez-le-feu et il doit le respecter. La délégation gouvernementale avec le vice-président (Azaria) Ruberwa, le gouverneur et le vice-gouverneur du Sud-Kivu sont en route pour Goma?, a dit Ghonda à Reuters.

Le vice-président congolais Azaria Ruberwa est aussi le chef du RCD-Goma auquel appartiennent la plupart des soldats dissidents. Le RCD-Goma était la principale faction rebelle dans la guerre qui a déchiré la RDC pendant cinq ans et a officiellement pris fin l?an dernier.

En une semaine, les violences à Bukavu et dans la région ont fait au moins 45 morts, portant un coup sévère au processus de paix congolais.

Des responsables congolais ont indiqué que l?armée avait envoyé des renforts au nord de Bukavu. ?Nous avons entendu dire que 14 camions transportant des soldats gouvernementaux avaient quitté Bukavu ce matin et il semble qu?il soit prévu d?acheminer d?autres renforts gouvernementaux de Kindu et de Kalemie?, a déclaré à Reuters un ancien rebelle, devenu haut responsable au sein du gouvernement de transition.

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