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Accident de Sorèze : «les freins ont lâché», racontent les passagers
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Accident de Sorèze : «les freins ont lâché», racontent les passagers
Les passagers hospitalisés sont sous le choc. Plusieurs d’entre eux affirment que le receveur d’autobus leur a dit que les freins du véhicule avaient lâché. L’accident survenu à Sorèze à 9h10, ce vendredi 3 mai 2013 a fait 10 morts et 45 blessés.
«J’ai appuyé sur la sonnette et j’ai remarqué que le bus continuait à rouler vite. Ensuite le receveur a dit à tous les passagers de se regrouper à l’arrière du véhicule parce que les freins ne prenaient pas», explique Vicky Khemloliva-Gobin, un employé d’Island Clothing Ltd. Le jeune homme se rendait justement sur son lieu de travail et il devait descendre à l’arrêt d’autobus de Montebello.
En effet, selon son témoignage, c’est à partir du moment où il a appuyé sur la sonnette que le chauffeur a constaté que les freins avaient lâché. «Je parlais à un collègue au téléphone. Il devait me récupérer à Montebello et en entendant ce que le receveur disait aux passagers, je lui ai dit que je ne le reverrais peut-être pas… ensuite, le bus a fait un premier tonneau, puis un autre et quand j’ai ouvert les yeux, le bus s’était retourné, mon ami et des gens m’ont fait sortir de là. C’est un grand choc !» raconte le trentenaire, qui avait été transporté d’urgence à l’hôpital Victoria.
De son côté, Usha Doorundhur, 42 ans, également un des passagers de l’autobus de la Compagnie nationale de transport (CNT) affirme qu’elle a remarqué que l’autobus faisait des arrêts brusques depuis Quatre-Bornes. «Je voyais que quelque chose n’était pas normal quand le bus s’arrêtait. Quand le receveur a dit que les freins ne voulaient pas prendre à la hauteur de Sorèze, j’ai eu très peur. L’autobus a commencé à secouer et je me souviens uniquement du moment où je suis sortie de l’autobus», souligne cette mère de famille à l’hôpital Dr A.G Jeetoo. Elle a eu des coups et des fractures.
Pendant qu’à Sorèze les limiers de la police et des pompiers tentaient de sécuriser l’autobus de peur qu’il ne prenne feu, les blessés avaient été acheminés vers l’hôpital Jeetoo à Port-Louis et à l’hôpital Victoria à Candos. Les ambulanciers de la clinique Apollo Bramwell étaient également sur les lieux.
A la mi-journée, la salle de réception de l’hôpital Dr A.G Jeetoo était bondée de monde. Les gens s’étaient réunis, inquiets, tentant de consulter la liste des victimes en espérant ne pas y voir les noms de leurs proches inscrits.
Richard Pokhun ne voulait pas le croire quand il a vu que sa belle-sœur était bel et bien parmi les victimes de ce terrible drame. «Delphine laisse derrière elle un petit garçon de trois ans. Elle s’était rendue à Port-Louis dans le but de récupérer sa carte d’identité. Mon frère est inconsolable», lâche ce jeune homme. Delphine Pokhun, âgée de 21 ans, n’a pas survécu à ce drame.
Du côté de la famille Marimootoo, c’est aussi la consternation après le décès de Ruth Marimootoo, une femme entrepreneur âgée de 50 ans. «Ma belle-mère était une amie pour moi. Mon mari ne s’en remettra pas d’aussitôt puisqu’il était très attaché à sa maman. C’était une femme forte qui aimait la vie et sa petite-fille», témoigne Wendy Marimootoo.
Le drame a également secoué la famille Ujodha. Priya, 40 ans, et son époux, Sanjay Ujodha, 48 ans, sont morts eux aussi dans des conditions horribles laissant derrière eux une fille unique âgée de 11 ans.
Les autres victimes sont : Dinesh Cheeneebash, 19 ans, Amrine Lallmohamed, 24 ans, Chuna Hu Jian, 24 ans, une étudiante chinoise, Deepchand Guness, 50 ans, le chauffeur de l’autobus, Shakoontalah Ramdoorsing, 48 ans et Kamla Devi Soobraydoo, 57 ans. Le receveur de l’autobus, Vishuanath Bundhoo est, quant à lui, admis à l’unité des soins intensifs de l’hôpital Jeetoo.
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