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Abus sur détenus afghans et irakiens
Un rapport de l?armée américaine attendu de longue date épingle 94 cas d?abus sur des prisonniers en Irak et en Afghanistan dont il n?impute la responsabilité qu?à «quelques individus», et exonère leur hiérarchie militaire - une anomalie, selon des sénateurs démocrates.
Ce rapport constitue une évaluation par l?armée des conditions de détention et de déroulement des interrogatoires en Irak et en Afghanistan, pays où ont été dénoncés des abus sexuels et physiques sur des prisonniers irakiens et le décès d?une trentaine de détenus.
Le général Paul Mikolashek, l?inspecteur général de l?armée, qui a dirigé ce rapport et a témoigné à ce titre devant la Commission des forces armées du Sénat, a fait état d?une série de défaillances, notamment une politique ambiguë et un certain flou dans les responsabilités exactes des soldats. Mais l?armée conclut dans ce rapport: «Nous avons été dans l?incapacité d?identifier des défaillances du système ayant entraîné des abus.»
Des parlementaires démocrates ont accusé l?armée de ne pas avoir cherché, justement, à déceler d?éventuels dysfonctionnements du système. «Je ne crois pas que vous ayez fait ce que vous deviez faire. Mais peut-être vous a-t-on demandé de ne pas le faire», a déclaré le sénateur démocrate Jack Reed.
Le rapport énumère 94 cas d?abus ?confirmés ou possibles? sur des prisonniers, y compris des décès, des agressions sexuelles, des agressions physiques et des vols. L?armée a commandé ce rapport en février, soit plusieurs semaines après que la hiérarchie eut appris l?existence d?abus physiques et sexuels sur des prisonniers dans la prison irakienne d?Abou Ghraïb.
Mikolashek déclare n?avoir trouvé «aucune preuve» de l?existence de «prisonniers fantômes», c?est-à-dire cachés par les forces américaines et maintenus hors de portée du Comité international de la Croix rouge. Mais il dit toutefois ne pas remettre en cause les déclarations du général Antonio Taguba sur Abou Ghraïb, qui avait révélé et critiqué cette pratique, ou celles du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, qui affirme avoir donné l?ordre de détenir, en secret, un prisonnier irakien détenu pendant plus de sept mois sans que le CICR en ait été informé.
«Nous ne sommes pas revenus sur cette affaire en particulier», a déclaré Mikolashek. Reed a répondu à cela: «Général, je pense que la conclusion de votre rapport - à savoir qu?il n?y a pas de problèmes systémiques - est minée par le fait que vous n?ayez pas examiné de tels problèmes.» Dans son rapport, Mikolashek critique également l?armée pour ne pas avoir «clairement spécifié» les rôles respectifs du renseignement et de la police militaires.
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