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70 000 numéros prépayés risquent la déconnexion
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70 000 numéros prépayés risquent la déconnexion
Les réfractaires n?ont qu?à bien se tenir. Ils ont jusqu?à la fin du mois pour déclarer la carte Sim (subscriber identity module) de leur téléphone portable s?ils veulent éviter la déconnexion pure et simple. Jusqu?ici, environ 70 000 numéros manquent à l?appel. Après avoir repoussé la date butoir à maintes reprises pendant les treize derniers mois, l?Information and Communication Technologies Authority (Icta) aurait finalement décidé de sévir : le couperet devrait tomber le 31 août à minuit.
La grande majorité des abonnés aux services prépayés de Cellplus et Emtel se sont déjà conformés au désir du régulateur. L?Icta veut obtenir l?identité des détenteurs de cartes Sim afin de pouvoir mieux retracer les mauvais plaisantins ou ceux qui utilisent leur téléphone mobile pour des grossièretés ou des menaces.
Au départ, cet ordre avait été accueilli avec grogne. A tel point qu?il a tout simplement été ignoré pendant de longs mois. Toutefois, plus de 75 % des 600 000 utilisateurs de portable à Maurice sont graduellement rentrés dans les rangs. ?La plupart de nos clients se sont fait inscrire. Mais il est normal que certains attendent la dernière minute ou qu?il y ait des retardataires?, soutient Kresh Goomanee, directeur général de Cellplus.
Chez cet opérateur de mobile, les détenteurs de 300 000 numéros du service prépayé Complis se sont inscrits. Si les formulaires de 30 000 abonnés ont déjà été reçus et restent à être mis dans le système, 30 000 numéros jouent toujours aux abonnés absents. Du côté d?Emtel, il ne reste plus que 40 000 cartes Sim Kwépé à enregistrer. Toutefois, ce nombre comprend également les clients qui ont mal rempli leurs formulaires. A noter que les 70 000 numéros n?équivalent pas à autant d?abonnés, car une personne peut détenir plus d?une carte sim.
Manque de sévérité
?L?Icta devrait être plus ferme et dire aux réfractaires qu?ils risquent la déconnexion. Nous avertissons sans cesse nos clients, mais le régulateur doit également montrer sa sévérité,? explique un porte-parole d?Emtel. Pour beaucoup, les renvois successifs de la date butoir pour l?enregistrement des cartes Sim ont démontré le laxisme de l?Icta, mais aussi sa peur d?imposer des mesures impopulaires. La première échéance avait été fixée au 30 novembre 2004. Elle a ensuite été repoussée à fin mai 2005, puis fin août.
Même si l?autorité régulatrice se montre ferme et refuse de renvoyer la date du 31 août, les opérateurs insistent qu?il serait ?inapproprié et injuste? de déconnecter les numéros non enregistrés à minuit ce jour-là. Il faudrait toujours accorder un temps de grâce afin que les opérateurs reçoivent les formulaires qui sont à la poste ou n?ont pas encore été remis par les distributeurs.
Maurice est l?un des rares pays où la déclaration des cartes Sim est obligatoire. La propulsion de la téléphonie mobile à travers le monde est grandement due aux services prépayés. Ils ont toujours eu la réputation d?être simples (pas de facture, on paie à mesure qu?on utilise le service) et anonymes. A Maurice, le prépayé est également le moteur du mobile : il constitue 88 % des clients d?Emtel et 90 % de ceux de Cellplus. Il est maintenant plus embêtant de s?acheter une carte Sim, car il faut se munir d?une pièce d?identité et d?un justificatif de domicile afin de satisfaire l?Icta. Toutefois, cela ne devrait nullement empêcher le marché de se diriger lentement mais sûrement vers la saturation. Maurice, avec sa population de 1,2 million de personnes, compte déjà plus de 600 000 téléphones portables.
Le nombre de lignes fixes stagne à 340 000. Avec l?arrivée imminente de Mahanagar Telephone Mauritius Nigam, Maurice est bien partie pour être parmi les leaders africains du mobile au niveau du taux de pénétration.
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