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60 millions d?enfants produiraient 20 % de la richesse nationale

4 novembre 2007, 00:00

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60 millions d?enfants produiraient 20 % de la richesse nationale

Les autorités indiennes et les ONG locales multiplient les opérations de sauvetage d?enfants dans les ateliers textiles de New Delhi. Surtout après que l?hebdomadaire The Observer a révélé qu?une dizaine d?entre eux confectionnaient des chemises pour la ligne Gap Kid.

The Observer décrit le dur labeur imposé aux enfants. Des journées de travail de 15 heures, sans rémunération ou presque. Ceux arrivés il y a trois ans touchent 25 euros par mois. L?un d?eux fait le récit des violences dont ils sont victimes.

« Si l?un d?entre nous pleurait, ils lui tapaient dessus avec un tuyau de caoutchouc. Certains étaient punis avec des chiffons graisseux enfoncés dans la bouche. » Après la publication de l?article, le patron de l?atelier condamnait avec véhémence le raid policier qu?il venait de subir : « Leurs parents me les ont envoyés pour qu?ils apprennent un travail. Ils n?ont pas de manger, alors ils doivent travailler. »

D?après les ONG, 60 millions d?enfants travailleraient illégalement en Inde. Selon l?Onu, leur travail représenterait 20 % du PIB local. Les enfants sont recrutés par des intermédiaires qui sillonnent les villages pauvres des États de l?est du pays, pour convaincre les familles d?envoyer les leurs apprendre un métier « à la ville ». « Ils reçoivent entre 20 et 30 euros et la promesse que leur progéniture fera fortune. Une fois qu?ils sont partis, les parents n?ont plus de nouvelles », confie Ramesh Gupta, président d?une ONG.

La loi contre le travail des enfants, votée en 1986, est peu respectée. Dans la filière textile notamment, où les fournisseurs sous-traitent une partie de leur production à des ateliers qui échappent à tout contrôle.

Lorsque les ONG identifient des enfants dans des ateliers clandestins, les tentatives de secours échouent du fait de la complexité de la procédure administrative. « Le temps de prévenir le substitut du magistrat, la police et le service de protection des mineurs, et les enfants repérés ont disparu », regrette Bhuwan Ribhu, un avocat qui milite contre le travail des enfants, avant de conclure : « Les ateliers sont clandestins, pas invisibles. Le gouvernement doit simplifier les procédures de secours. »

@ 2 007 Le Monde- Julien BOISSOU- (Distribué par The New York Times Syndicate)

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